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Afrique : La République du Congo mobilise 670 millions USD sur les marchés internationaux

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Après près de deux décennies d’absence, la République du Congo signe son retour sur les marchés financiers internationaux.

A cet effet, Brazzaville a levé 670 millions de dollars à travers une émission d’euro-obligations arrivant à échéance en novembre 2032, avec un coupon estimé à 9,875 %. Le remboursement est prévu en cinq tranches égales entre 2028 et 2032.

Pour Christian Yoka, Ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public de la République du Congo, «cette opération illustre le nouvel élan congolais : celui d’un pays qui conjugue discipline budgétaire, gouvernance exemplaire et ambition ».

Et d’affirmer : « le succès de cette émission démontre la confiance des investisseurs internationaux et confirme la crédibilité de notre politique économique ».

Avec un endettement public supérieur à 80 % du PIB selon les dernières estimations du FMI, le Congo reste dans une situation budgétaire fragile. La dépendance persistante aux recettes pétrolières, qui représentent environ 60 % des revenus publics, continue d’exposer l’économie aux chocs extérieurs.

Les agences de notation Fitch Ratings et Standard & Poor’s maintiennent la note souveraine du pays à « CCC+ », reflétant une capacité de remboursement limitée et des risques de financement élevés.

Cette émission traduit la volonté du Gouvernement congolais de diversifier ses sources de financement et de réaffirmer sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux.

Le retour de Brazzaville intervient dans un contexte marqué par la stabilisation des cours du pétrole et l’achèvement, en mars 2025, de la sixième revue du programme du FMI dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC).

Ce programme, accompagné d’un décaissement d’environ 43 millions de dollars, vise à renforcer la gouvernance publique, la transparence budgétaire et la soutenabilité de la dette.

Ces engagements ont contribué à rassurer les marchés, même si la prime de risque reste élevée. À près de 10 %, le coût de financement demeure supérieur à celui observé pour la majorité des émetteurs africains notés « B », ce qui traduit la prudence des investisseurs face au profil du pays.

L’émission, si elle se confirme dans ses modalités, représente le premier recours de Brazzaville au marché international de la dette depuis près de 20 ans.
À ce titre, elle envoie un signal fort : celui d’un État qui veut sortir du financement quasi exclusif par les bailleurs multilatéraux et tester sa capacité à séduire des investisseurs privés.

Mais cette ouverture a un coût. Un coupon de 9,875 % implique une charge d’intérêt annuelle d’environ 66 millions de dollars, soit près de 10 % du budget d’investissement public de 2024.

Le succès de cette opération dépendra donc de la bonne gestion des fonds levés et de la capacité du pays à honorer ses engagements dans un contexte de croissance encore modérée (autour de 3,5 % en 2025 selon le FMI).

Les autorités congolaises espèrent que cette opération servira de référence pour de futures émissions et contribuera à améliorer la perception du risque souverain du pays.

Mitterrand MASAMUNA

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