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RDC: « Congo n’est pas à Vendre » outille la société civile sur la gestion des finances publiques

La plateforme de la société civile « Le Congo n’est pas à Vendre » (CNPAV) a initié, ce lundi 7 septembre 2020 à Kinshasa, un atelier de formation sur la gestion des finances publiques au profit de ses membres engagés dans sa campagne de plaidoyer en faveur de la restauration de la Cour des comptes.
Ce séminaire qui se poursuivra jusqu’à vendredi 11 septembre est une opportunité de renforcement des capacités pour chaque activiste dans ce segment d’action hyper technique. Ce groupe de travail mène un combat pour la bonne gouvernance et milite contre la corruption. Le constat qu’il fait de la situation de la Cour des comptes est amer.
La synergie « Le Congo n’est pas à Vendre » s’indigne du fait que la loi organique N°18/024 du 13 novembre 2018 portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour des Comptes, élaborée en vertu des articles 179 et 180 de la constitution en vigueur n’est pas appliquée jusqu’à ce jour.
« La plateforme citoyenne observe, avec regret, qu’aucun Règlement intérieur n’a été élaboré et le Conseil Supérieur de la Cour des Comptes n’est pas mis en place. Or, le Règlement Intérieur est indispensable car il doit fixer le cadre organique de la Cour des Comptes, ceci conformément à l’article 12, alinéa 3 point 1 de la loi organique en vigueur », soutient le CNPAV.
La semaine sera laborieuse au vu des objectifs de cet atelier. Les activistes membres de « Congo n’est pas à Vendre » devront renforcer leurs connaissances sur la loi relative aux finances publiques, sur la loi concernant la passation des marchés publics, sur la loi organique sur la Cour des comptes.
Tout comme ils sont intéressés à renforcer leurs connaissances sur les différents contrôles et leurs importances. Qu’il s’agisse de contrôles citoyen, juridictionnel, administratif, parlementaire et la reddition des comptes. Aussi, l’atelier de formation mettra l’accent sur le renforcement des capacités des participants sur la communication et le plaidoyer.

Le responsable de l’organisation de cet atelier, M. Florimond Muteba, estime que la Cour des comptes est un instrument constitutionnel qui a été institué par toutes les constitutions depuis les années 60 et qui a un rôle très important à jouer notamment dans le contrôle des finances publiques et par ricochet dans la lutte contre la corruption.
D’où, l’importance de renforcer les capacités des acteurs qui vont mener cette campagne de plaidoyer en faveur de la Cour des comptes sur la loi des finances publiques et tous les autres aspects liés à la gestion des finances publiques.
Pour Florimond Muteba, « tous ceux qui doivent être dans la campagne pour lutter contre la corruption doivent être mis au parfum des modalités d’élaboration du budget et il est important qu’ils comprennent aussi la gestion des dépenses et recettes publiques.»
Les organisateurs ont eu recours à des rares experts en la matière. L’un des principaux orateurs, Jean-Pierre Samolia, assistant technique chargé des réformes au Comité d’orientation des finances publiques (COREF), explique que depuis sa promulgation en 2011, la loi des finances est toujours partiellement mise en œuvre.
La grande innovation dans cette loi qui se trouve être l’idée de Budget-Programme n’est pas appliquée. Selon l’inspecteur des finances Samolia, il était prévu que la réforme de la loi des finances entre en vigueur au 1er janvier 2019.
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Mais qu’au regard de la complexité observée dans l’exécution du Budget-programme, le législateur était amené à voter une prorogation de cinq ans.
D’après lui, la réforme de la loi des finances comprend beaucoup d’innovations dont la déconcentration de l’ordonnancement qui consiste à responsabiliser chaque ministre sectoriel. Ce dernier va engager, liquider et ordonnancer les dépenses. De ce fait, le ministre des Finances n’est plus le seul à signer les titres de paiement. Il assurera alors le rôle de contrôle de la trésorerie.
Autant de matières spécifiques qui aiguiseront la vigilance des activistes engagés dans la compagne « Le Congo n’est pas à Vendre.»
Le leader du mouvement citoyen Filimbi, Floribert Anzulini, participant à cette formation, se félicite de l’initiative.
« Il est important de renforcer nos capacités étant donné que nous agissons de manière récurrente sur des questions de bonne gouvernance, sur la lutte contre la corruption, il est donc important que nous développions des expertises et des compétences nécessaires pour améliorer notre engagement dans ce segment », a-t-il affirmé.
A RE(LIRE) : l’ODEP plaide pour la mise en œuvre effective de la Cour des comptes
Le CNPAV oriente son plaidoyer envers toutes les parties prenantes de la société. Mais la plateforme entend débloquer le problème d’abord au niveau du Président de la République. En date du 27 juillet dernier, il a recommandé au président de la République de donner un coup de pouce au processus de restauration de cet instrument constitutionnel du contrôle de Finances publiques en Rd Congo.
Cet atelier de formation réunit des associations venant de différents domaines d’intervention y compris des structures étatiques spécialisées dans la passation du marché dont GREM et IFORDI. Les principales structures de contrôle des Finances publiques (ODEP et REJED) sont associées à cette session de formation. Les mouvements citoyens ne sont pas en reste.
Les délégués de la Lutte pour le changement (Lucha) et Filimbi ont intégré la synergie pour garantir le succès de la campagne de plaidoyer en faveur de la Cour des comptes.
Patrick BOMBOKA

