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RDC : Finances publiques, les indicateurs sont au rouge !

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Parti d’une projection de 9%, le taux de croissance économique poursuit sa tendance baissière pour s’établir réellement en deçà de la moitié des prévisions de l’année encours, soit 4,3%. Toutefois, le contexte économique et financier reste marqué par le déficit de plus en plus large des comptes publics, la diminution constante des réserves de change et la dépréciation ralentie du franc congolais. Ajouter à cela l’incertitude politique et l’impératif des élections, l’équation se complique davantage. Si l’Etat semble déjà être asphyxié, il y a lieu de lui éviter l’agonie !

L’économie rd congolaise n’a pas été suffisamment résiliente pour faire face aux chocs exogènes ayant entrainés la courbe descendante des recettes nationales et la dégradation persistante de l’environnement macroéconomique. La situation est très inquiétante.

Si la politique de diversification de l’économie nationale existait réellement et qu’elle avait produit les effets escomptés, le Premier Ministre Matata Ponyo n’aurait pu solliciter du Parlement le Collectif Budgétaire afin de rétablir les équilibres au regard des paramètres économiques plus réalistes et contextuels. Hélas, le budget 2016 promulgué à 8 milliards USD a été réduit de 2 milliards USD en mai dernier.

Visiblement, l’option de revoir le budget de l’Etat et réduire le train de vie des institutions afin de colmater les brèches et atténuer l’impact de la chute des matières premières sur les recettes publiques, n’a pas été concluante.

Taux de croissance en baisse
Lors de sa réunion du 15 août 2016, la Troïka stratégique avoue avoir pris acte du ralentissement de la croissance économique en RDC. Pour nuancer, elle note que la croissance en Afrique subsaharienne est estimée à 1,6% en moyenne pour cette année.

« Les réalisations de production au premier semestre, projetées sur l’année, établissent la croissance de l’activité de production à 4,3%. Cette estimation a été reçue sous réserve de l’amélioration des statistiques de production dans le secteur de télécommunications confronté à la fraude », rapporte la Troïka stratégique.

Qu’à cela ne tienne, s’interroge un observateur, le PM peut – t – il encore crier à qui veut l’entendre que la croissance de la RDC est non seulement robuste mais résiliente ?

Déficit des comptes publics
A fin juillet 2016, l’exécution du plan de trésorerie du secteur public, en ce compris l’amortissement de la dette, affichait un déficit de 51,96 milliards de francs congolais, selon le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale du Congo.

La diminution des recettes nationales serait également caractérisée par la chute vertigineuse de +/- 50 millions USD par mois à 5 millions USD des recettes des pétroliers producteurs, pourtant principale source de devises pour le Trésor public. D’où l’augmentation des prix des carburants, soutient un analyste.

« En cumul annuel, la situation financière est déficitaire de 257,18 milliards CDF, niveau largement supérieur au déficit cumulé attendu à fin juillet de 49,096 milliards CDF », fait remarquer le CPM dans son dernier communiqué.

Des observateurs constatent qu’il s’agit d’un cycle de déficits observés depuis le début de l’année et qui nécessite d’être rompu dans un contexte où les institutions de Bretton Woods refusent tout appui budgétaire au gouvernement Matata.

FC se déprécie, Réserves de change chutent

Avec un taux de dépréciation de 1,3% à l’indicatif et de 3,2% au parallèle, le mois de juillet a connu une stabilité relative du franc congolais avec une prédisposition à la dépréciation triste l’épisode de de juin dernier (respectivement 3% et 4,4%).

Quant aux réserves de change, elles aussi continuent à fondre comme neige au soleil depuis le début de l’année. « Elles se sont chiffrées à 1.031,85 millions de dollars américains fin juillet contre 1.091,48 millions de dollars, un mois plus tôt, à la suite des effets de la détérioration de la balance des paiements », rapporte le CPM.

La base monétaire s’est contractée de 43,9 milliards par rapport à fin décembre 2016, poursuit le CPM. Elle a donc tenu à la baisse des Avoirs Extérieurs Nets de 406,8 milliards CDF mais augmentée des Avoirs Intérieurs Nets de 362,88 milliards CDF dont un montant de 290,20 milliards CDF dégagés par le Crédit Net à l’Etat.

A tout, prendre, lit – on dans le communiqué officiel, « Pour maintenir le cap de la croissance, la Troïka stratégique a décidé de la relance de financement des travaux routiers, de construction des écoles et du secteur agricole ».

D’où proviendra le financement dès lors que la mobilisation des ressources internes est faible, le peu qui entre dans la marmite doit faire fonctionner l’Etat et financer les élections… et que les bailleurs de fonds internationaux semblent être sceptiques pour injecter des capitaux en RDC en cette période qu’ils qualifient d’incertitude politique ? La nécessité d’une solution de sortie de crise s’impose.

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A RE(LIRE) :
RDC : Vers l’asphyxie financière en 2016 ?

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