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RDC : le Conseil Economique et social alerte sur les six facteurs susceptibles d’impacter l’économie déjà fortement fragilisé !

La pandémie à Coronavirus a entraîné des conséquences qui n’ont pas tardé à se manifester, entre autres par un repli de la croissance économique ; une contraction des échanges commerciaux et des réserves de change ; une dépréciation considérable du taux de change ; une accélération de l’inflation avec comme corollaire une baisse du pouvoir d’achat ainsi qu’une augmentation du chômage. Le Conseil Economique et Social, de par sa mission, se doit cependant de tirer la sonnette d’alarme. C’est ainsi que le Conseil tire la sonnette d’alarme sur six facteurs qui se sont succédés et qui sont susceptibles d’impacter durablement l’économie de notre pays et partant, le social de nos populations déjà fortement fragilisé. Alertes données par Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, Président du Conseil Economique et social à l’ouverture des travaux de la session ordinaire du mois d’octobre 2020.
Ces six facteurs sont la crise institutionnelle, de la Pandémie, de la gouvernance, de l’agriculture, de la réforme fiscale et du climat.
1° De la crise institutionnelle
Les institutions de la République constituent le socle d’un pays. Les fragiliser c’est de faire courir un extrême danger à la République. Leur fonctionnement est régulé par la loi fondamentale et ne peut souffrir d’aucune faille. Il faut donc un maximum de confiance entre elles dans l’intérêt de toutes et de tous sans exception ni exclusion.
2° De la pandémie
Les conséquences de cette pandémie n’ont pas tardé à se manifester, entre autres par un repli de la croissance économique ; une contraction des échanges commerciaux et des réserves de change ; une dépréciation considérable du taux de change ; une accélération de l’inflation avec comme corollaire une baisse du pouvoir d’achat ainsi qu’une augmentation du chômage.
Certains secteurs tels que le tourisme, l’hôtellerie et le transport connaissent un effondrement du fait des fermetures de frontières et des restrictions des déplacements durant cette période cruciale. « Ces chocs ont plus durement touché les zones urbaines, où les répercussions initiales des mesures de confinement ont été plus fortement ressenties. Les pertes des revenus ont été plus élevées pour les travailleurs du secteur formel et informel, qui occupent des emplois qui ne peuvent s’exercer à distance : commerce de détail, distribution, transport » constate amèrement le Conseil Economique et social.
3° De la gouvernance
Le CES estime que le système du pays avec son corollaire des gouvernements de partis a démontré ses limites et sa dangerosité pour la paix sociale. La refondation de l’Etat s’impose afin de sauvegarder l’âme de la nation. « Sur ce plan, notre problème ne réside pas dans la démographie contrairement à certaines théories inoculées çà et là par certains économistes trop partiaux. Il réside plutôt au niveau de la gouvernance qui peine à offrir une qualité de vie meilleure à nos populations. Et pourtant nous disposons de tous les atouts pour y parvenir » indique le Conseil Economique.
4° De l’agriculture
Sur ce chapitre, beaucoup de recettes ont été testées pour relancer l’agriculture sans résultat probant. La commission de l’Agriculture du Conseil va se pencher à nouveau sur cette thématique avec des orientations précises afin d’élaborer un avis complémentaire qui devra tenir compte de notre environnement, notre culture, nos obstacles et notre sens du bien être
5°De la réforme fiscale
Ecrasées par une fiscalité et une parafiscalité inadaptées et contre productives, les entreprises ont vainement cherché un soutien direct auprès de l’Etat qui, essoufflé, n’a pas les ressources pouvant lui permettre d’agir énergiquement, regrette le Conseil. La réforme du Code fiscal, réclamée et attendue depuis des années, doit impérativement intervenir dans les plus brefs délais. Un impôt injuste et confiscatoire est générateur de corruption et de tricherie. La fiscalité telle que conçue actuellement ne profite ni à l’Etat, ni aux entreprises mais à quelques individus qui l’utilisent comme moyen de pression sur l’opérateur économique qui souvent n’a pas d’autre choix que de recourir à des pratiques répréhensibles. La lutte contre la corruption, passe aussi par le nettoyage des textes et réglementations inapplicables ou abusifs.
6° Du climat
En raison de la pandémie de Covid-19, d’importantes réunions internationales sur le climat prévues en 2020 ont dû être reportées, faisant craindre de nouveaux retards dans la lutte contre le changement climatique. En effet, cela fait des décennies que les émissions massives de gaz à effet de serre sont brandies comme une menace majeure à l’équilibre de nos sociétés.
Le Conseil Economique et Social ne cesse de rappeler que la dernière décennie a été celle de la présentation des rapports alarmants des scientifiques, des tribunes signées par d’éminents intellectuels, des manifestations de millions de personnes à travers le monde pour une prise de conscience du danger du dérèglement climatique suite au réchauffement de la planète avec des conséquences et dommages irréversibles sur les écosystèmes vitaux de populations de plus en plus vulnérables et particulièrement en RDC. D’après le président de cette institution, au cours des séances académiques au Conseil Economique et Social, plusieurs Experts ont démontré les risques liés au climat pour la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la sécurité des personnes et sur la croissance économique en cas de réchauffement planétaire de 1,5 °C. Les confinements massifs de populations imposés à travers le monde face à cette pandémie ont conjoncturellement fait baisser les émissions – jusqu’à 8% mondialement sur l’année selon certaines estimations.
En conclusion, Jean-Pierre Kiwakana invite le gouvernement de la RDC à comprendre et intégrer les changements survenus suite à la pandémie afin d’éviter d’être à contretemps et une fois de plus, spectateur impuissant des conséquences sur le pays de ces repositionnements géostratégiques auxquels nous assistons à travers le monde.
Nadine FULA
















