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Afrique : le gap d’investissements en infrastructures chiffré à près de 170 milliards USD

Le continent africain a besoin de près de 170 milliards de dollars par an pour investir pour ses infrastructures que ce soit dans le secteur de transport, énergie ou industrie. Chiffres avancés par les experts de la Banque africaine de Développement.
Malheureusement, il se pose un sérieux problème de financements, la Banque Africaine de Développement reste son seul espoir. C’est dans ce cadre que la BAD a fait du secteur des infrastructures, l’une de ses priorités.
Le continent africain manque encore de ressources suffisantes pour financer ses projets dans le secteur d’infrastructures, dont certains datent même de l’époque coloniale.
Ainsi, depuis sa création en 1964, la BAD a financé de nombreux projets majeurs d’infrastructures : Ils vont du projet de transport urbain d’Abidjan à l’élargissement du port de Walvis Bay en Namibie, en passant par le projet d’adduction d’eau potable et de construction d’infrastructures sanitaires dans les villes du Kenya, indique les experts de la BAD relayé par l’Agence Ecofin.
Selon la même source, 4 707 projets ont été financés par la BAD depuis 1967, soit trois ans après sa création. Parmi ces projets, plus de 3 473 ont déjà été achevés et il en reste 1 234.
En valeur nominale, les projets dits « multisectoriels » concentrent le plus d’investissements avec plus de 26,2 milliards $, suivis par les transports 24,9 milliards $ et l’énergie 19,7 milliards USD.
En termes de répartition, c’est l’Afrique de l’Ouest qui bat le record avec 1 246 ; suivi de l’Afrique de l’Est avec 893, l’Afrique australe avec 818, l’Afrique du Nord 562 et l’Afrique centrale 404.
En 2018, les infrastructures comptaient pour 49,7% des prêts approuvés par la Banque. Et au mois de mai de la même année, le Président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina a annoncé que la Banque prévoyait de mobiliser 170 milliards de dollars au cours des prochaines années pour combler le déficit en infrastructures du continent.
Quatre grands projets financés par la BAD
De tous les projets financés par la Banque Africaine de Développement, quatre peuvent être cités comme étant les grands projets emblématiques.
Il s’agit de la construction du Jorf Lasfar Phosphate Hub au Maroc ; le corridor Mombasa-Nairobi-Addis Abeba ; Le projet de gaz naturel liquéfié au Mozambique et le pont Kinshasa-Brazzaville.
1. La construction du Jorf Lasfar Phosphate Hub au Maroc
Au Maroc, la Banque africaine de développement a financé les travaux de construction de la plateforme Jorf Lasfar Phosphate Hub (JPH) de l’Office chérifien des phosphates (OCP).
Cette structure capable d’accueillir à terme plusieurs complexes chimiques afin d’accroître la capacité de transformation locale du phosphate en produits dérivés.
Au total, 450 millions de dollars étaient investis par la Banque dans ce projet d’amélioration de la production de phosphate, dont le Maroc est aujourd’hui le premier exportateur africain et le deuxième producteur mondial.
Le premier prêt d’un montant de 250 millions de dollars en 2012 a financé la construction de la plateforme sur près de 1 800 hectares pour accueillir dix usines intégrées d’engrais.
Fin 2016, le programme a généré environ 20 980 emplois directs alors que les dividendes nets d’impôts perçus par le gouvernement marocain ont atteint 1,7 milliard de dirhams (175,6 millions USD). Le second prêt de 200 millions de dollars, accordé fin 2018, a permis d’étendre la plateforme industrielle.
2. Le corridor Mombasa-Nairobi-Addis Abeba
Ce Corridor relie les villes de Nairobi et Mombasa au Kenya, à la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Il fait partie de cinq priorités stratégiques, « High 5 » de la Banque africaine de développement.
Ce corridor est composé d’un tronçon de 504 kilomètres reliant les villes kényanes de Merille et Turbi, en passant par Marsabit, et d’un autre tronçon de 391 kilomètres traversant l’Éthiopie et reliant Ageremariam, Yabelo et Mega.
64 % du coût total du projet a déjà été décaissé soit 670 millions de dollars de financement.
Comme avantages de ce projet, un important impact commercial et social en Afrique de l’Est ; une réduction des coûts de transport et d’expédition des marchandises et l’extension des marchés au-delà des frontières nationales des deux pays ; le commerce entre les deux pays devrait quintupler grâce à cette infrastructure, passant de 35 à 175 millions de dollars ;
3. Le projet de gaz naturel liquéfié au Mozambique
Avec un investissement estimé à 23 milliards de dollars, le projet de liquéfaction de gaz naturel (LNG) au Mozambique sera la plus importante réalisation de l’industrie pétrogazière en Afrique subsaharienne, tant dans le pétrole que dans le gaz.
Débuté en 2020, il s’agit du deuxième projet gazier le plus important au monde, après Arctic LNG-2 en Russie. Il est également le plus grand investissement direct étranger en Afrique à ce jour avec un montant de 400 millions de dollars débloqué par la BAD.
Le projet prévoit la construction de l’usine d’une capacité de production de 12,9 millions de tonnes de GNL par an ; les installations d’extraction en mer, de gazoduc, de traitement et de liquéfaction du gaz ; un terminal d’exportation de GNL ; une infrastructure primaire de fourniture de gaz domestique et d’autres installations connexes.
4. Le pont Kinshasa-Brazzaville
Ce pont relie les deux capitales les plus rapprochées du monde à savoir Brazzaville, au Congo et Kinshasa en République démocratique du Congo. Prévu pour le mois d’août 2020, c’est l’un des projets d’intégration les plus importants en Afrique centrale sur environ 1 575 mètres.
Le projet prévoir une voie de chemin de fer unique, une route à deux voies, des trottoirs et un poste-frontière à chaque extrémité, et sera connectée aux infrastructures routières existantes sur chacune des rives du fleuve Congo.
Comme avantage, elle facilitera le développement de zones économiques spéciales de part et d’autre du nouveau pont, et stimulera les échanges humains et économiques.
Elle devrait également permettre de réduire les risques et coûts liés aux seuls moyens de transport disponibles actuellement pour passer d’une capitale à l’autre, à savoir le bateau et l’avion.
Grâce au projet, le trafic actuel entre les deux capitales congolaises, estimé à 750 000 personnes et à 340 000 tonnes de fret par an, devrait passer à plus de trois millions de personnes et à deux millions de tonnes de fret d’ici à 2025.
Nadine FULA

