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Journée mondiale des zones humides 2026 : Quand l’eau façonne la culture et la mémoire des peuples

Célébrée chaque 2 février, la Journée mondiale des zones humides mettra à l’honneur en 2026 le thème « Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel ». Un choix qui souligne les liens anciens, profonds et durables entre ces écosystèmes, les sociétés humaines et leurs expressions culturelles.
En célébrant les zones humides comme patrimoine culturel, cette édition 2026 invite États parties, gestionnaires de sites, communautés et partenaires à réaffirmer leur engagement en faveur de la conservation de ces milieux vitaux pour les populations, pour la culture et pour les générations futures.
Depuis des millénaires, les zones humides constituent des espaces privilégiés de peuplement, de spiritualité, d’artisanat et de production alimentaire. Deltas fluviaux, plaines inondables, mangroves, tourbières ou lagunes côtières ont été façonnés par des générations de pratiques et de savoirs traditionnels, transmis et adaptés au fil du temps.
Bien au-delà de leur rôle écologique, ces milieux apparaissent aujourd’hui comme de véritables paysages culturels vivants, où s’entrelacent nature et culture.
Cette interaction étroite se reflète dans de nombreux biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Près de 100 biens du patrimoine mondial chevauchent totalement ou partiellement plus de 140 zones humides reconnues par la Convention de Ramsar, dont environ un tiers sont inscrites pour leurs valeurs culturelles.
Villes historiques, paysages archéologiques ou sites sacrés doivent souvent leur existence et leur vitalité à la proximité de zones humides fournissant eau, sols fertiles, voies de circulation et protection naturelle.
Des sites emblématiques illustrent cette relation intime. Le sanctuaire shinto d’Itsukushima, au Japon, s’inscrit dans un environnement de zones humides côtières reconnu par Ramsar, où les pratiques spirituelles et l’aménagement du paysage suivent le rythme des marées.
Venise et sa lagune incarnent quant à elles des siècles d’adaptation humaine à un milieu lagunaire fragile, qui a profondément marqué l’architecture, les modes de vie et l’identité culturelle. D’autres exemples, comme le paysage culturel de Budj Bim en Australie ou le delta du Saloum au Sénégal, témoignent de systèmes de gestion de l’eau et de savoirs locaux toujours vivants, au cœur de traditions durables.
Dans ces zones humides du patrimoine mondial, les savoirs traditionnels se manifestent à travers des techniques de pêche, des pratiques agricoles, des modes de gestion de l’eau ou des coutumes spirituelles, contribuant à la fois à l’identité culturelle des communautés et à la préservation des fonctions écologiques.
Reconnaître ces espaces comme un patrimoine vivant permet de rapprocher les approches culturelles et naturelles de la conservation et de souligner le rôle central des peuples autochtones et des communautés locales, véritables gardiens de ces sites.
À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2026, le Centre du patrimoine mondial s’associe au Secrétariat de la Convention de Ramsar pour appeler au renforcement des synergies entre patrimoine culturel et naturel.
Protéger les zones humides situées dans les biens du patrimoine mondial, c’est préserver à la fois des écosystèmes essentiels, des paysages culturels uniques et les relations durables entre l’être humain et la nature.
Olivier KAFORO






