Economie
Monde : Cobalt Institute annonce un marché de cobalt déficitaire au début des années 2030 (rapport)

Compte tenu du fait que la demande mondiale de cobalt augmentera à un rythme plus rapide que celui de la croissance de l’offre durant les années à venir, Cobalt Institute y voit un marché qui d’un excédent en 2024 à un déficit au début des années 2030. Ceci est contenu dans le rapport de Cobalt Institute publié le mercredi 14 mai 2025.
Intitulé « Cobalt Market Report 2024 », le rapport renseigne que la demande mondiale du métal bleu argenté devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 7% d’ici la fin de la décennie en cours pour atteindre la barre de 400.000 tonnes au début de la prochaine décennie. Ce, grâce notamment à l’explosion prévue de la demande émanant du secteur des batteries électriques.
Entre-temps, l’offre mondiale de cobalt devrait augmenter à un taux annuel moyen de 5% d’ici 2030.
La République Démocratique du Congo (RDC), qui représentait 76% de l’offre primaire de cobalt en 2024, devrait voir sa part de marché diminuer à l’avenir, l’Indonésie augmentant sa production plus rapidement.
D’ici 2030, la RDC détiendrait une part de marché de 65%, tandis que la part de l’Indonésie passerait de 12% en 2024 à 22% en 2030.
A court terme, pensent les experts, l’avenir du marché du cobalt dépendra de la politique qui sera adoptée par la RDC, après l’interdiction d’exportation de quatre mois imposée à la fin du mois de février 2025 dans le but de faire remonter les prix du métal sur le marché international. La décision a été prise pour quatre mois, mais pourrait être discutée d’ici fin mai 2025. Entre-temps, la possibilité de mettre en place des quotas d’exportation ainsi que d’éventuelles concertations avec l’Indonésie ont été évoquées pour tenter de trouver une manière de gérer l’offre excédentaire et de mieux contrôler les prix.
Les prix du cobalt ont connu un changement radical début 2025, dans le sillage de l’interdiction d’exportation décidée par la RDC et des excédents plus faibles prévus durant les prochaines années ; ce qui signifie que les fondamentaux sont favorables à des prix plus élevés qu’en 2024.
Le passage à un marché déficitaire au début des années 2030 nécessitera également plus d’investissements à court terme pour répondre aux tendances de la demande mondiale à long terme.
Le rapport révèle par ailleurs que la demande mondiale de cobalt a enregistré une croissance de 14% en 2024 pour s’établir à 222.000 tonnes, grâce notamment à la croissance rapide du segment des batteries électriques représentant 76% de la demande absolue et 94% de la croissance annuelle de la demande.
Les véhicules électriques, dont les ventes ont connu une croissance robuste de 26% l’an passé, ont représenté 43% de la demande totale.
Le secteur de l’électronique portable (téléphones mobiles, tablettes, PC, etc.) a également affiché une croissance de 12% de la demande de cobalt par rapport à 2023.
L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle (IA) a aussi conduit à l’augmentation de la taille des batteries, en raison de ses exigences de puissances de calcul plus élevées.
La croissance de la demande enregistrée durant l’année écoulée a cependant dépassé celle de l’offre pour la troisième année consécutive.
A l’échelle mondiale, la production primaire de cobalt a atteint 254.000 tonnes en 2024, enregistrant ainsi une hausse de 22% comparativement à 2023.
La RDC a maintenu son rang de premier producteur dans un contexte marqué par la montée en puissance de la production des mines détenues par le groupe chinois CMOC.
L’Indonésie a occupé le rang de deuxième producteur, avec 30.000 tonnes mises sur le marché l’an passé (+82% en glissement annuel).
Le marché mondial du cobalt a ainsi affiché un excédent de 36.000 tonnes, soit 15% de la demande totale contre un excédent de 25.000 tonnes en 2023.
Olivier KAFORO






















