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USA : Trois mesures économiques phares de Donald Trump

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Le 45e Président des Etats-Unis d’Amérique vient d’être élu. Si la victoire de Donald Trump est une énorme surprise, l’application de programme en sera une autre. Zoom Eco s’intéresse à quelques trois mesures économiques phares que le milliardaire populiste a promis de prendre dès son accession au bureau ovale.

Donald Trump les a détaillés, lui – même, le 22 octobre à Gettysburg, en Pennsylvanie, lieu historique de la guerre de Sécession et d’un discours célèbre du président Abraham Lincoln en 1863. Pour ses 100 premiers jours, l’homme va certainement engager le changement censé définir le futur de l’Amérique.

Moins d’impôts

Trump vise une réduction d’impôts de 4 400 milliards de dollars sur dix ans, soit l’équivalent chaque année de 6 % du total des recettes fiscales. Tous les Américains bénéficieront d’une baisse d’impôts avec le nombre de tranches d’imposition ramené de sept à trois (12-25-33 %).

De plus, des réductions d’impôts seront offertes pour aider à l’éducation des enfants. Les plus fortunés sont privilégiés avec une diminution du taux d’imposition marginal pour la tanche la plus haute (de 39,6 % à 33 %) ainsi que par la suppression de l’impôt sur les successions qui ne touche aujourd’hui que celles supérieures à cinq millions de dollars. L’Amérique de Trump a des chances de devenir encore plus inégalitaire.

Coté entreprises, le nouveau Président veut ramener le taux d’imposition sur les bénéfices de 35 % à 15 % pour toutes les sociétés. Il a également promis de proposer aux entreprises qui conservent une partie de leurs bénéfices à l’étranger, notamment dans les paradis fiscaux, de les rapatrier au taux d’imposition réduit de 10 %. Le coût fiscal d’une telle baisse d’impôt serait de l’ordre de 1 500 milliards de dollars.

Plus de dépenses d’infrastructures

Donald Trump a annoncé un plan de développement des infrastructures de 1 000 milliards sur dix ans. Un crédit d’impôt sera offert aux entreprises privées qui lanceront des projets. Ceux-ci seraient financés avec du capital privé, à 85 % par de la dette. Il est certain que les Etats-Unis ont aujourd’hui besoin d’un effort en la matière qui pourrait démarrer dès 2017 et apportera un soutien à la croissance.

Le candidat a promis que sa politique budgétaire sera, au final, neutre grâce à 1 800 milliards de recettes supplémentaires issues du surcroît de croissance entraîné par les baisses d’impôts, 1 800 milliards de plus grâce aux autres mesures de relance de l’économie. Le tout est accompagné d’une baisse de 800 milliards des dépenses publiques, notamment par une diminution du nombre de fonctionnaires (mais incluant une hausse des dépenses militaires qui passeraient de 3 % du PIB à 6,5 %).

Si on retombe bien sur les 4 400 milliards de baisse d’impôts promise pour les ménages, le coût de la diminution de l’impôt sur les sociétés n’est pas pris en compte. De plus, selon les calculs de Florence Pisany, spécialiste de l’économie américaine à Candriam, il faudrait que l’économie américaine connaisse une croissance moyenne de 3,5 % au cours des 10 prochaines années pour obtenir ce résultat, ce qui paraît pour le moins incertain.
Les plans budgétaires de Trump conduisent plutôt au final à un accroissement du déficit budgétaire et de la dette des Etats-Unis. Une situation supportable si la croissance est au rendez-vous, qui prend le risque d’un dérapage de la dette sinon.

Moins de commerce international
Pour Trump, c’est l’une des causes des problèmes d’emplois aux Etats-Unis. Le candidat a annoncé vouloir condamner la Chine pour manipulation de son taux de change et vol de propriété intellectuelle, imposer des droits de douanes sur les produits chinois (jusqu’à 45 %) et mexicains (jusqu’à 35 %) afin de favoriser l’achat de produits locaux.

Il a également annoncé la fin des grands accords commerciaux : il veut renégocier l’Alena avec le Canada et le Mexique, sortir du Partenariat transpacifique avec les pays d’Asie. Nul doute que le TAFTA est également mort dans ce contexte.

Les Etats-Unis pourraient ainsi contribuer aux forces actuelles allant dans le sens d’une démondialisation. Mais les multinationales américaines devraient faire entendre leur voix.

Autres mesures
Par ailleurs, l’homme fort qui reprend la Maison Blanche a promis de retirer la participation des Etats-Unis à l’accord de Paris issu de la COP 21 et d’arrêter le plan climat de son prédécesseur qui visait en particulier à réduire l’activité énergétique liée au charbon. Il souhaite aussi expulser l’ensemble des immigrés illégaux, bâtir un mur à la frontière mexicaine et renforcer les contraintes liées à l’accueil de migrants légaux.

Trump entend aussi supprimer l’Obama Care, c’est-à-dire le programme obligatoire de couverture santé qui a bénéficié à 20 millions d’Américains ces dernières années. Il va le remplacer par des assurances privées subventionnées par l’Etat et promouvoir des comptes d’épargne santé individuels.

Pour rappel, le Président Donald Trump dispose d’une majorité totale à l’Assemblée et au Sénat, ce qui ne s’était pas produit aux Etats-Unis depuis 1928. Il dispose donc de toute la latitude politique nécessaire pour mettre en œuvre son programme. Rien ne peut l’arrêter.

(Avec AlterEco+)/Zoom Eco

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