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RDC : Transco perd 730 CDF sur chaque ticket vendu à Kinshasa !

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730 francs congolais par passager constitue le manque à gagner que la société des Transports au Congo (Transco) enregistre à chaque course. En réalité, ce montant constitue la subvention d’équilibre que la société attend depuis des années du gouvernement congolais. Objectif : compenser le niveau du prix social de 500 CDF et celui de la subvention d’exploitation en carburant qui n’atteignent pas le plancher du prix économique de la course évaluée à 1 600 CDF à fin décembre 2017.

Le tarif maintenu à 500 CDF, depuis 2013, pour toutes lignes confondues du réseau urbain n’est pas le fait d’un hasard. Il est dû au fait que l’Etat congolais  a assigné à Transco une mission essentiellement sociale et non commerciale. La matérialisation de cette vocation implique la prise en charge de la facture additionnelle par l’Etat afin de garantir la performance et la pérennité de ce service public.

Prix économique, 1 600 CDF la course

La couverture du prix économique de la course évalué à 1 600 CDF par ticket est normalement supportée par deux intervenants.

Premièrement, le passager. Il contribue à hauteur de 500 CDF (prix social). Si cette participation de la population bénéficiaire est effective et salutaire pour la survie de ce service public, Transco déplore que cette contribution soit fortement affectée par le nombre élevé de passagers non-payants constitués essentiellement des policiers, des militaires et les personnes vivant avec handicap.

Deuxièmement, l’Etat congolais. Celui-ci subventionne l’exploitation de Transco en carburant. Elle est évaluée à 370 CDF par ticket. D’après le Rapport annuel 2017 de cette société, ce montant est disponible depuis le lancement des activités.

De même, l’Etat congolais devrait – il, assurer la prise en charge de la subvention d’équilibre (besoin de financement) destinée à couvrir le paiement des pièces de rechange et l’amortissement des bus chiffrée à 730 CDF par ticket vendu.

Subvention d’équilibre estimée à 21 millions USD

Sur l’année 2017, un total de 49 176 364 tickets vendus sur le réseau interurbain à Kinshasa a rapporté un chiffre d’affaires de 24 588 182 200 CDF. S’il faut considérer les 730 CDF par ticket, devant constituer la subvention d’équilibre, nous constatons, à titre d’exemple selon nos simulations, que l’Etat devrait financer Transco à hauteur de 35 898 746 012 CDF (soit 21,889 millions USD au taux de change de 1 630 CDF le Dollar US).

« La libération de cette subvention par le Gouvernement non encore effective devait compenser le niveau du prix social et combler le déficit qui est à la base des difficultés d’ordre financier auxquelles l’Etablissement est confronté ce jour », lit – on dans le Rapport annuel 2017 de Transco.

Il y a lieu de noter que la stabilité et la pérennité de Transco passent par l’octroi, sur une base régulière, d’une subvention d’équilibre qui soit en phase avec le niveau du prix de la course à réajuster ou à maintenir.

Dès lors, l’Etat congolais qui a mis en place ce mécanisme de compensation du tarif social afin d’assurer la redistribution des ressources publiques en faveur de la population devrait s’assumer jusqu’au bout.

Acquisition en vue de 2 000 bus

Le vice-premier ministre, ministre des Transports et voies de communication, José Makila Sumanda, a annoncé, dans un média périphérique, l’acquisition d’ici la fin de l’année de 2 000 nouveaux bus en faveur de Transco.

Malgré la conjoncture économique du pays, a-t-il indiqué d’après l’ACP, le gouvernement fera de son mieux pour que cette société soit en mesure d’acquérir ce nouveau lot de bus afin de satisfaire au besoin quotidien de déplacement de la population.

A défaut d’assumer ses responsabilités, de manière complète, le gouvernement congolais accompagne Transco droit vers sa disparition. Il suffit d’observer l’état physique des bus, au-delà des détails mécaniques et électroniques, pour s’en faire une idée. La vétusté est visible. Plus les années avances, plus les pannes vont se multiplier et coûter plus cher à la société.

José Makila reconnait, par ailleurs, le fait que l’entreprise traverse présentement des difficultés techniques et financières qui affectent sa l’exploitation maximum de son charroi automobile.

Emilie MBOYO| Zoom Eco

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