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RDC : et si on communiquait sur les morts ?

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OPINION – Autant le rappeler tout de go. Du fait du caractère sacré de toute vie humaine, la mort n’est pas un sujet banal. Depuis les temps immémoriaux, on ne parle de la mort qu’avec le respect dû à ceux qui ne sont plus de ce monde. Qui plus est en Afrique pour reprendre le poète sénégalais Birago Diop, « les morts ne sont pas morts ».

Mais, comment entretenir ce nécessaire halo de retenue autour de ces êtres chers arrachés à l’affection de leurs proches lorsque des disparitions toisent les impératifs de l’ordre public ? Ça a été le cas hier à l’annonce du décès, pour le moins, inopiné, du juge Raphaël Yanyi.

Sous le choc de cette très mauvaise nouvelle, des dizaines de jeunes du quartier de résidence du désormais célèbre juge président du tribunal en charge de l’affaire 100 jours ont manifesté bruyamment.

En arrière fond de cette manifestation, ces morts -hélas en série – dans la première sphère de la République qui sont interprétées de mille et une manières. Dans l’opinion, là où le Covid-19 n’est plus seul(e) en cause. S’invite… « l’empoisonnement. » 

D’abord quelques vérités d’évidence sous toutes les latitudes. A savoir que la mort est naturelle. Toute naissance présuppose forcément une mort prochaine. On meurt toujours de quelque chose.

Mais, lorsqu’il y a une telle coïncidence dans la survenance de disparitions dans les milieux dirigeants, il semble légitime de s’interroger. Et puis de convoquer l’expertise du médecin légiste. Et enfin de communiquer.

Question de rassurer l’opinion en tordant le cou à « Radio trottoir » qui, à l’heure et à l’ère des NTIC, dispose d’un allié de taille : les réseaux sociaux. En rassurant l’opinion, l’on sécurise le pays. Tout le monde y gagne.

Pour le coup, le silence qui sied au respect que l’on a pour le mort devient, malheureusement, contre- productif. Il laisse une brèche dans laquelle s’engouffre tout ce que Kinshasa compte de spécialistes de tout.

En l’occurrence, tous ceux qui se croient investis de la médecine légiste sont pour le moment à la manœuvre, aidés en cela par tous les transformateurs des fables en vérités établies.

Un cocktail prêt à exploser aussi tôt que sur base de toutes les rumeurs ainsi « sacralisées », les jurés populaires rendent leur verdict après une instruction uniquement à charge. Le « coupable » ainsi désigné n’a pas la moindre chance de s’en sortir. Le sorcier idéal du village est tout trouvé.

Il ne reste plus que la vendetta populaire dont on sait comment elle commence mais dont personne ne saurait préjuger de son issue. En la matière, même la boule de cristal s’avère inopérante. D’autant que la morosité ambiante est le meilleur carburant pour mettre le feu à la maison commune.

Vivement une entorse salutaire à nos us et coutumes sur la mort !  

José NAWEJ, éditorialiste Forum des As

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