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RDC : les quatre vérités de Kamerhe aux griefs lui reprochés par la justice

Le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, a rejeté en bloc toutes les accusations mises à sa charge par la justice. Celles-ci portent notamment sur le détournement des fonds publics en passant par le mécanisme d’attribution de marchés publics de gré à gré à des entreprises fictives dont Samibo (47 millions USD) et Trade Plus (10 millions USD).
En effet, le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a tenu, d’après une source judiciaire, à donner sa version de faits en quatre points, ci-après :
Primo. Tous les marchés publics qui existent entre la République et les tiers ont été hérités du Gouvernement Tshibala.
Secundo. Aucun contrat de passation d’un marché public de gré à gré ne porte sa signature.
Tertio. Il n’est pas de la responsabilité d’un directeur de cabinet du chef de l’Etat, de son état, de suivre l’affectation des fonds payés directement par la banque dans les comptes desdites entreprises.
Quarto. Il existe toute une équipe qui était chargée de la supervision des travaux dont font partie les ministres en fonction.
C’est dans ce cadre que Vital Kamerhe a évoqué, à titre illustratif, les noms de Thomas Lukaka (actuel ministre de l’ESU et ex. ministre des ITPR), Willy Ngopos, l’actuel ministre des ITPR et le gouverneur de la BCC qui, d’après lui, ne sont nullement inquiétés.
#RDC: S'agissant de l'affaire des médicaments, Kamerhe soutient que, c'est à tort que le parquet le rend responsable dans ce dossier, car dit-il, c'est l'actuel ministre de la santé Eteni Longondo qui avait fait expertiser les médicaments et qui les avait déclaré conformes.
— Stanis Bujakera Tshiamala (@StanysBujakera) April 11, 2020
A cette liste, s’ajoute le ministre de la Santé publique, Eteni Longondo, qui, rappelé Kamerhe, avait fait l’expertise des médicaments livrés par Trade Plus et déclaré, en Conseil des ministres, qu’ils étaient conformes avant de les réceptionner et les mettre à la disposition des services habilités.
Une fois de plus, a – t – il insisté, « c’est à tort que le parquet le rend responsable dans ce dossier. »
Cette ligne de défense de Vital Kamerhe a permis à ses avocats de soutenir que les faits lui reprochés se fondent sur des suppositions et ne sont nullement infractionnels tant qu’il y a absence totale d’indices sérieux de culpabilité.
Malgré la légitimité de la demande de mise en liberté provisoire de leur client, en considérant sa disponibilité à collaborer avec la justice jusqu’à la clôture de l’instruction de la présente affaire, le Tribunal de paix de Kinshasa Matete a ordonné la mise en détention préventive de Vital Kamerhe pour une durée de 15 jours à la prison centrale de Makala.
Puisqu’il subsiste contre Vital Kamerhe des indices sérieux de culpabilité tirés du fait qu’il a reconnu avoir été superviseur des travaux de 100 jours et qu’il a aussi piloté les opérations d’attribution des marchés de gré à gré ayant conduit au détournement des fonds publics, soutient le Tribunal, son maintien en détention garantirait une bonne poursuite de l’instruction du dossier.
Il est prévu, dès ce lundi, une série de confrontations avec plusieurs autres inculpés qui se trouvent également en détention préventive à la la prison centrale de Makala.
Emilie MBOYO
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