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RDC : trente ans déjà, ce vendredi 24 avril 2020 !

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Trente ans jour pour jour depuis le mémorable « comprenez mon émotion». Ça ne rajeunit pas ceux qui, ce jeudi 24 avril 1990, étaient en capacité de savoir ce qui se passait. Pour les générations post 1990 – des trentenaires déjà !

Cette date est un marqueur historique. Eux qui n’ont, pas dans leur ADN, le référentiel Mobutu et en entendent parler. Dans les deux cas, le pays totalise trois décennies depuis la fin du monolithisme mobutien.

Le Zaïre, redevenu Congo, a incontestablement pris quelques rides. Pour ne pas dire, le pays a quelque peu vieilli. Normal. 30 ans équivalent à plus d’un quart du siècle. A-t-il pour autant grandi? Là est la vraie question. Tant il est vrai que l’on peut vieillir sans grandir.

Trois décennies plus tard, on en a fini avec le régime – infernal – de transitions. On en est au troisième cycle électoral dans le cadre de la Troisième République.

Le pays a même connu sa toute première alternance à sa tête. Un ancien Président de la République fume le même air frais – de la N’Sele – que son successeur ! Voilà à grands traits pour les avancées. Avec tout le risque de caricature que charrie forcément ce raccourci.

Le verre est-il pour autant, à moitié plein? Pas sûr que le Congolais lambda souscrive à cette perception un tantinet optimiste. Car, vu du « petit peuple», rien n’a changé depuis. La rue n’ayant pas les mêmes yeux que les acteurs politiques et leurs dépendants associés à la soupe.

Ceux-ci bénéficiant de l’ascenseur ou de l’escalator social. Ceux-là (la rue) manquant jusqu’ à l’escalier, sont restés cloués au bas de l’immeuble.

En clair, l’ordinaire du Zaïrois type fait du sur place. Le dividende démocratique attendu depuis 2006 a tourné au mirage. «Plus on change, plus c’est la même chose», écrivait le romancier français Alphonse Karr. «Toza ko rond-point», est la traduction très kinoise de ce changement sans changement que vit l’écrasante majorité des Congolais.

On en arrive même à prendre le fait électoral pour argent comptant démocratique, comme assurance-vie ou encore comme indice de bien-être ! Rien de tout cela. Les élections ne sauraient devenir une fin. Elles ne sont qu’un moyen. La fin étant la requalification des conditions de vie des populations.

L’éclaircie qu’a semblé constituer la passation civilisée de pouvoir le 24 janvier 2019 est déjà menacée par la grisaille qui tient lieu de perspective pour la masse depuis … 30 ans.

Excès de pessimisme ? Auto-flagellation ? Nenni. Pas l’once d’un Congo baching dans lequel investissent même certains cols blancs… Congolais de service. Plutôt le miroir de ces trente dernières années qui sont loin d’être l’antithèse du bilan du Régime Mobutu.

Alors, une seule bonne résolution en ce jour d’anniversaire : démentons l’inénarrable « ya Mungul» en démontant sa boutade selon laquelle le véhicule est le même depuis des lustres, c’est juste le chauffeur qui change.

Allez, «Comprenez ma nostalgie».

José NAWEJ, éditorialiste Forum des As

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