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RDC : Vers la création d’un Tribunal pénal économique et financier

Une avancée institutionnelle majeure est orchestrée par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) afin de restaurer la confiance des uns et des autres dans la gestion publique.
Sous les auspices du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, le Gouvernement congolais a adopté le projet de loi portant création du Tribunal pénal économique et financier, ainsi que du Parquet national financier.
Coordonnée par la Première Ministre Judith Suminwa, cette initiative ambitionne de donner à l’État congolais des outils judiciaires spécialisés pour endiguer les crimes économiques et financiers.
Le Ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, n’a pas caché son enthousiasme : « Cette réforme audacieuse constitue une révolution substantielle et une avancée significative dans la lutte contre la délinquance économique et financière ».
Pour lui, ce dispositif permettra de renforcer la transparence, d’accroître la redevabilité des gestionnaires publics et de redonner confiance aux citoyens dans la justice.
La création de ce tribunal spécialisé intervient dans un contexte où les abus de biens publics, les surfacturations, les détournements de fonds et les conflits d’intérêts minent depuis des décennies la gouvernance économique congolaise.
Si la volonté politique semble désormais au rendez-vous, sa concrétisation dépendra de la capacité des institutions à surmonter les chevauchements de compétences, souvent sources de lenteurs, d’impunité et d’inefficacité, renseignent les experts.
Dans un pays où la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances (IGF), l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) et plusieurs juridictions ordinaires se disputent parfois des champs d’intervention similaires, la mise en place d’un Tribunal pénal économique exige une redéfinition claire des rôles.
L’efficacité de ce nouveau modèle repose sur une coordination rigoureuse entre les organes de contrôle, une indépendance effective de la justice, ainsi qu’une capacité technique renforcée en matière d’investigation financière.
À travers ce projet de loi, la RDC semble vouloir s’inspirer des modèles mixtes appliqués dans certaines économies émergentes, comme le Parquet national financier en France ou les tribunaux anti-corruption en Afrique du Sud et au Sénégal. Mais pour dépasser le stade symbolique, il faudra garantir l’opérationnalisation réelle de ces structures, leur doter de ressources humaines compétentes, et surtout, les protéger des interférences politiques.
Flory Musiswa







