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RDC : Félix Tshisekedi appelle à encadrer la coopération entre la BCC et l’Autorité des marchés financiers

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Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé le Gouvernement à veiller à une répartition claire des compétences entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et la future Autorité des marchés financiers (AMF), afin de prévenir les chevauchements d’attributions et de préserver la stabilité financière dans le cadre du développement du marché boursier national.

Cette orientation a été formulée lors de la réunion du Conseil des Ministres du 9 octobre 2026, au cours de laquelle le Chef de l’État est revenu sur les enjeux liés à la mise en œuvre de la loi relative aux marchés boursiers, promulguée dans le cadre des réformes visant à diversifier les sources de financement de l’économie congolaise.

Pour le Chef de l’Etat congolais, le développement d’un marché financier moderne constitue un levier pour réduire la dépendance de l’économie au crédit bancaire et mobiliser davantage l’épargne nationale au profit de l’investissement productif.

« Notre ambition est de doter la République Démocratique du Congo d’un marché financier moderne, crédible, sécurisé et robuste, fondé sur la transparence, la confiance des investisseurs et le respect des standards internationaux », a rappelé le Président de la République, selon le compte-rendu de son intervention.

La mise en place d’un marché boursier implique une articulation précise des responsabilités entre les institutions chargées de la régulation financière.

Le Chef de l’État a notamment insisté sur la nécessité de préserver les prérogatives respectives des acteurs concernés en matière d’agrément, de supervision prudentielle des établissements de crédit et de régulation des activités boursières.

L’enjeu est d’encadrer leur coopération afin d’éviter les conflits de compétences susceptibles de fragiliser le fonctionnement du système financier.

À cet effet, Félix Tshisekedi a instruit le Gouvernement, sous la coordination de la Première Ministre, de veiller à ce que les questions techniques et opérationnelles soient correctement prises en charge dans les mesures d’application de la loi.
L’objectif est de concilier la sécurité juridique avec la souplesse nécessaire au développement du marché.

Le Président a également demandé d’envisager, si nécessaire, la préparation d’une convention-cadre de coopération entre la BCC et l’Autorité des marchés financiers. Ce dispositif devrait préciser les modalités d’échange d’informations, de coordination des contrôles et des sanctions, ainsi que les mécanismes de préservation de la stabilité financière.

Au-delà du cadre institutionnel, le Chef de l’État a insisté sur la disponibilité des principaux textes réglementaires et des mécanismes nécessaires avant l’opérationnalisation effective du marché boursier.

Cette étape est déterminante pour assurer la crédibilité du dispositif auprès des investisseurs et créer les conditions d’un fonctionnement transparent et sécurisé des activités de marché.

Félix Tshisekedi a, par ailleurs, salué l’anticipation du Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, qui a pris l’initiative de mettre en place un comité chargé de l’opérationnalisation du marché boursier.

La réforme s’inscrit dans une ambition plus large : élargir les possibilités de financement des entreprises et des projets d’investissement, dans une économie où le crédit bancaire demeure une source majeure de financement.

Le développement d’un marché des valeurs mobilières et d’une bourse de marchandises doit permettre de diversifier les instruments financiers disponibles et de mieux orienter l’épargne vers les activités productives.

La réussite de cette réforme dépendra toutefois de la mise en place d’un cadre réglementaire cohérent, de la coordination entre les institutions concernées et de la confiance des investisseurs.

Pour la RDC, l’enjeu est désormais de traduire le cadre légal en un dispositif opérationnel capable de soutenir durablement le financement de l’économie et la diversification de ses ressources financières.

Mitterrand MASAMUNA

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