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RDC : le Gouvernement veut mettre fin au phénomène des agents publics « non payés »

Le Gouvernement congolais entend donner un début de réponse à la problématique des agents publics non payés à travers le budget 2027.
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a annoncé cette orientation à l’issue de son entretien avec son collègue du Budget, Adolphe Muzito, consacré aux arbitrages budgétaires.
La question de la rémunération des agents de l’État figurait parmi les principaux sujets abordés lors de cette séance de travail tenue mardi 8 septembre 2026 au Centre financier de Kinshasa, dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2027.
Jean-Pierre Lihau a plaidé pour une meilleure prise en charge salariale des fonctionnaires qui exercent effectivement leurs fonctions, conformément à une instruction du Président de la République, Félix Tshisekedi.
« Nous voulons matérialiser aussi une instruction du Chef de l’État qui voudrait que chaque fonctionnaire qui preste réellement soit pris en charge du point de vue salaire, du point de vue rémunération », a-t-il déclaré.
Pour le Ministre de la Fonction publique, l’objectif est de réduire progressivement le nombre d’agents qui exercent au sein de l’administration publique sans bénéficier d’une rémunération régulière.
Cette problématique constitue l’un des défis persistants de la gestion des Ressources humaines de l’État en République démocratique du Congo. Elle est notamment liée à la maîtrise des effectifs, à l’identification des agents effectivement en service et à l’intégration progressive de certains personnels dans la chaîne de paie.
Le Gouvernement veut désormais inscrire cette problématique dans les arbitrages du budget 2027.
« Donc, qu’il n’y ait plus de fonctionnaires non payés, comme on dit dans notre pays. Et cet effort-là va se traduire à travers le budget 2027 avec un début. », a rassuré Jean-Pierre Lihau.
Cette orientation suppose notamment de poursuivre les opérations de contrôle et de rationalisation des effectifs de l’administration publique afin de s’assurer que les crédits consacrés aux rémunérations bénéficient aux agents effectivement en fonction.
Au-delà de la seule question salariale, les discussions entre les ministères du Budget et de la Fonction publique ont porté sur plusieurs réformes destinées à améliorer le fonctionnement de l’administration.
Le rajeunissement du personnel de l’État figure parmi les priorités évoquées.
Le Gouvernement envisage également la construction de bâtiments administratifs dans les différentes provinces, afin d’améliorer les conditions de travail des agents publics.
Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de modernisation de l’administration et d’amélioration de la qualité des services publics.
Pour Jean-Pierre Lihau, le redressement de l’administration doit également se faire dans un souci d’équité.
« J’ai plaidé pour que le redressement souhaité par le Président de la République soit un redressement qui se fasse dans la justice, en ce qui concerne l’administration publique », a-t-il expliqué.
La concrétisation de ces engagements dépendra toutefois des arbitrages définitifs opérés dans le cadre du budget 2027 et de la capacité de l’État à dégager les ressources nécessaires au financement de la masse salariale.
Le ministère du Budget poursuit actuellement les consultations avec les différents secteurs gouvernementaux afin de déterminer les crédits à inscrire dans le prochain projet de loi de finances.
Après ces arbitrages, le texte devra être soumis au Conseil des ministres avant son dépôt à l’Assemblée nationale, annoncé pour le 15 septembre 2026.
Pour le Gouvernement, le budget 2027 devra ainsi marquer un premier pas vers une administration publique où les agents effectivement en service bénéficient d’une prise en charge salariale, tout en poursuivant la maîtrise des effectifs et la modernisation de l’appareil administratif.
Mitterrand MASAMUNA

