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RDC : Pollution à Lubumbashi, le ministère des Mines rappelle à CDM ses obligations de réparation

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Après les accusations visant le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, dans la gestion du dossier de pollution impliquant Congo Dongfang International Mining (CDM), le ministère des Mines défend les mesures prises depuis novembre 2025.

Entre pénalité de 6,6 millions USD, indemnisations individuelles et enveloppe de 6 millions USD destinée aux réparations collectives, l’enjeu reste désormais celui de l’exécution intégrale des engagements envers les communautés affectées.

Le ministère des Mines monte au créneau pour clarifier la gestion du dossier de pollution environnementale impliquant Congo Dongfang International Mining (CDM) à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.

Face aux accusations formulées par certaines organisations non gouvernementales et relayées dans les médias, l’institution dirigée par Louis Watum Kabamba rappelle les mesures administratives, financières et sociales engagées depuis la survenance de l’incident en novembre 2025.

À l’origine de cette affaire, l’utilisation d’un bassin initialement destiné à la rétention d’eau pour le stockage de solutions acides. Une situation qui avait conduit le ministre des Mines à effectuer une descente sur le site et à ordonner la suspension des activités de l’entreprise pour une durée de trois mois.
Une Commission d’investigation avait également été mise en place afin d’établir les circonstances de l’incident, d’évaluer ses conséquences environnementales et sanitaires et de proposer des mesures correctives.

6,6 millions USD de pénalité et des indemnisations individuelles

Selon le ministère des Mines, les conclusions de cette commission ont débouché sur plusieurs mesures de réparation et de prise en charge des victimes.

Le bilan communiqué fait état de 350 ménages assistés dans les jours suivant l’incident, de 612 personnes ayant bénéficié d’une prise en charge médicale et de 423 personnes ayant reçu une indemnisation individuelle. À cela s’ajoutent les opérations de dépollution des zones et des puits identifiés comme contaminés.

Sur le plan financier, CDM a été astreinte au paiement d’une pénalité de 6,6 millions USD au profit du Trésor public. L’entreprise a également été contrainte de maintenir le paiement des rémunérations de son personnel pendant les trois mois de suspension, conformément aux instructions du ministre des Mines.

Ces mesures traduisent, selon le ministère, une approche combinant sanctions financières, réparation des préjudices et préservation des droits sociaux des travailleurs.

6 millions USD de réparations collectives encore attendus

Le principal défi concerne toutefois l’exécution des réparations collectives. Une enveloppe globale de 6 millions USD a été prévue pour les trois quartiers affectés : Kasapa, Kamatete et Kamisepe, soit 2 millions USD pour chaque communauté.

La concrétisation de cet engagement reste cependant conditionnée à la révision du cahier des charges de l’entreprise, afin d’y intégrer formellement le quartier Kamisepe, omis dans la version initiale.

Ce processus, qui implique les représentants des communautés locales, connaît des retards.

Le ministère évoque notamment les difficultés de trésorerie avancées par CDM, qui a récemment annoncé l’arrêt de ses opérations. Une situation qui soulève la question de la capacité effective de l’entreprise à honorer ses engagements financiers et sociaux, alors même que ses obligations de réparation demeurent entières.

Le ministère des Mines se veut catégorique : les difficultés financières d’un opérateur minier, pas plus que l’arrêt de ses activités, ne peuvent justifier l’abandon des engagements pris envers les populations affectées.

La responsabilité environnementale au-delà de l’exploitation minière

Au-delà de la polémique autour de la gestion du dossier, cette affaire remet au premier plan la question de la responsabilité environnementale et sociale des entreprises minières opérant en RDC.
Elle pose notamment le problème de la garantie effective des réparations lorsque les activités d’un opérateur sont suspendues ou interrompues.

Pour les communautés riveraines, l’enjeu ne se limite pas aux sanctions administratives ou aux indemnisations individuelles : il porte également sur la restauration durable de leur environnement et la réalisation des investissements collectifs promis.

Le ministère insiste par ailleurs sur le caractère institutionnel et collégial du traitement du dossier. Il rappelle que la Commission d’investigation a associé plusieurs parties prenantes, dont des représentants de la société civile, et que les décisions ont été prises sur la base de ses conclusions et recommandations.

En réaffirmant sa mobilisation pour la poursuite du processus de réparation, le ministère des Mines entend maintenir la pression sur CDM.

Le véritable test sera désormais celui de l’exécution : les 6 millions USD destinés aux réparations collectives devront être effectivement mobilisés, indépendamment du devenir opérationnel de l’entreprise.

Olivier KAFORO

ZoomEco TV