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RDC : Près de 500 acteurs attendus la première Conférence nationale sur les infrastructures

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Le Ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza Lunda, a annoncé, lors de la dernière réunion du Conseil des Ministres, l’organisation de la toute première Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics, de la République Démocratique du Congo, prévue à Kinshasa du 28 au 30 janvier 2026.

Placée sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les Infrastructures et Travaux Publics en République Démocratique du Congo », cette rencontre rassemblera près de 500 acteurs nationaux et internationaux : représentants de l’État, experts techniques, opérateurs privés, partenaires financiers, institutions académiques et organisations de la société civile.

L’initiative intervient dans un contexte où les infrastructures congolaises demeurent à la fois un levier central de développement et l’un des principaux points de fragilité du pays.

Malgré un potentiel économique considérable et une position géographique stratégique au cœur de l’Afrique, la RDC continue de souffrir d’un déficit structurel en infrastructures de base.

Le réseau routier national, estimé à plus de 150.000 kilomètres, reste largement dégradé, avec moins de 10 % de routes asphaltées. Plusieurs provinces demeurent difficilement accessibles, notamment en saison des pluies, ce qui complique la circulation des biens, des personnes et des services publics.

Les infrastructures ferroviaires, héritées en grande partie de l’époque coloniale, nécessitent une modernisation profonde, tandis que les ports, aéroports et ouvrages d’art souffrent d’un sous-investissement chronique.

À ces contraintes s’ajoutent des défis de gouvernance, de normalisation technique, de financement durable et de coordination institutionnelle, qui ont longtemps freiné la mise en œuvre de projets structurants à grande échelle.

Selon le Ministre John Banza Lunda, la Conférence nationale vise d’abord à positionner le ministère des Infrastructures et Travaux publics comme l’architecte stratégique du secteur, en assurant un rôle renforcé de pilotage, de régulation et de reconstruction durable.

Les assises auront également pour objectif de promouvoir l’innovation technologique, l’utilisation de matériaux adaptés aux réalités locales, l’intégration des normes environnementales et climatiques, ainsi que l’attractivité des investissements, notamment à travers les partenariats public-privé (PPP) et les mécanismes de financement vert.

La question du capital humain sera également au centre des discussions, avec un accent particulier sur la formation des ingénieurs, techniciens et cadres du secteur, condition essentielle pour garantir la qualité et la durabilité des ouvrages.

Au-delà des échanges, la Conférence nationale ambitionne de produire des résultats concrets. Trois principaux livrables sont annoncés : une Feuille de route opérationnelle 2026-2030, une Déclaration de Kinshasa engageant les parties prenantes, ainsi qu’un mécanisme de suivi multi-acteurs, basé sur des indicateurs clés de performance (IKP).

Le Ministre a précisé que cette dynamique s’inscrit pleinement dans la vision présidentielle de modernisation infrastructurelle et entend renforcer la coordination interministérielle, notamment avec les ministères du Plan, du Budget, des Finances, de l’Environnement, des Transports et de l’Aménagement du territoire.

Dans la continuité de cette Conférence, le Gouvernement prévoit, dès le début du mois de février 2026, l’organisation d’un atelier de démarrage des travaux de la Commission nationale sectorielle chargée de l’élaboration des normes de construction des infrastructures en RDC.

Une étape jugée cruciale pour harmoniser les pratiques, améliorer la qualité des ouvrages et réduire les coûts liés aux défaillances techniques.

Si les attentes sont élevées, de nombreux observateurs soulignent que le succès de cette initiative dépendra de sa capacité à dépasser le cadre déclaratif pour se traduire en actions concrètes, mesurables et durables sur le terrain.

Dans un pays-continent comme la RDC, la modernisation des infrastructures reste un chantier de long terme, mais elle constitue aussi l’un des socles indispensables à la croissance économique, à l’intégration territoriale et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

La Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics apparaît ainsi comme une opportunité de refondation d’un secteur clé, à condition que les engagements annoncés trouvent une traduction effective dans les années à venir.

Mitterrand MASAMUNA

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