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RDC : projetée à 132 MW, la centrale des Portes de l’Enfer attire Stargate et BESIX

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Le projet hydroélectrique des Portes de l’Enfer, situé à Kongolo dans la province du Tanganyika, intéresse des investisseurs privés.

Stargate et le groupe belge BESIX ont présenté, le mardi 1er septembre 2026 à Kinshasa, leurs perspectives d’intervention au ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi.

La centrale est projetée à 132 mégawatts. Le ministère indique que les études de faisabilité sont déjà disponibles et qu’une demande en électricité a été identifiée, notamment dans le secteur industriel.

La présence de consommateurs industriels constitue un élément important dans la structuration d’un projet énergétique, ces entreprises offrant généralement une demande plus régulière et plus prévisible que la consommation domestique.

Pour l’instant, Stargate et BESIX ont exprimé leur intérêt pour le site. Le montant de l’investissement, le mécanisme de financement, le calendrier des travaux ainsi que les modalités de commercialisation de l’électricité n’ont pas encore été communiqués.

Ces éléments restent déterminants dans un secteur où plusieurs projets hydroélectriques congolais ont longtemps dépassé le stade des études sans atteindre celui de la production.

Le projet de Kongolo s’inscrit surtout dans le paradoxe énergétique congolais. La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique évalué autour de 100.000 MW, parmi les plus importants du continent. Mais cette abondance reste encore faiblement transformée en capacité disponible.

En 2024, seulement 21,5 % de la population avait accès à l’électricité. Près de quatre congolais sur cinq restaient donc en dehors du réseau électrique ou dépendaient de solutions alternatives.

Les spécialistes du secteur relient ce retard moins à l’absence de ressources qu’au déficit d’investissements dans les centrales, les lignes de transport, les réseaux de distribution et la maintenance des infrastructures existantes.

Cette situation explique la place accordée au secteur privé dans les nouvelles orientations énergétiques de la République Démocratique du Congo.

Dans le cadre de Mission 300, portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, le pays ambitionne de porter son taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030.

Le Compact énergétique national estime les besoins de financement à environ 37 milliards USD, dont 20 milliards devraient provenir des investisseurs privés.

L’écart reste considérable. La RDC dispose de ressources hydrauliques capables, en théorie, de soutenir une production électrique largement supérieure à son niveau actuel, mais le pays peine encore à alimenter régulièrement ses ménages, ses PME et plusieurs bassins industriels.

Les 132 MW projetés aux Portes de l’Enfer prennent ainsi une importance particulière pour le Tanganyika. Une capacité supplémentaire de cette taille pourrait renforcer l’offre destinée aux activités industrielles, minières et commerciales de la région, à condition que les infrastructures de transport et de distribution suivent l’augmentation de la production.

Les experts du secteur énergétique insistent généralement sur ce point : augmenter la puissance installée ne suffit pas lorsque le réseau ne permet pas d’acheminer correctement l’électricité jusqu’aux centres de consommation. Production, transport et distribution doivent progresser ensemble.

L’intérêt de Stargate et BESIX intervient donc dans un secteur où le potentiel congolais n’est plus à démontrer. La difficulté reste sa transformation en infrastructures opérationnelles.

Pour les Portes de l’Enfer, préconisent les experts, les prochaines étapes devront préciser le financement, les partenaires engagés et le calendrier susceptible de conduire les 132 MW annoncés jusqu’à la mise en service.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV