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RDC–USA : Ian McCary fixe trois priorités autour de la paix, de la sécurité et des investissements

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Les États-Unis entendent articuler leur action en République démocratique du Congo autour de trois priorités : la protection de leurs intérêts, la promotion de la paix et le renforcement des relations économiques entre les deux pays.

Entré en fonction le 20 janvier 2026 comme chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Kinshasa, Ian McCary inscrit cette feuille de route dans un contexte où Washington cherche à renforcer sa présence économique en RDC, particulièrement dans les minerais critiques, l’énergie et les infrastructures.

« J’écoute, j’apprends, et puis on agit ensemble. C’est ça, le partenariat », explique le diplomate, qui s’appuie sur plus de trente années d’expérience dans la diplomatie américaine.

La question sécuritaire occupe une place centrale dans cet agenda. Dans l’Est de la RDC, marqué par plusieurs années de conflits armés, Washington soutient les efforts diplomatiques destinés à favoriser une issue politique et le rétablissement durable de la stabilité.

Cette approche comporte aussi une dimension économique. Les investisseurs restent particulièrement sensibles aux risques sécuritaires, à la qualité des infrastructures et aux conditions d’exercice des activités économiques.

Le renforcement des relations commerciales constitue ainsi l’autre axe important du mandat de Ian McCary.

En juillet 2026, au cours d’échanges avec l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), le diplomate avait identifié quatre secteurs susceptibles d’attirer davantage de capitaux américains : les minerais critiques, l’énergie, les infrastructures ainsi que les technologies de l’information et de la communication.

Le secteur minier occupe une place particulière dans cette orientation.

Les États-Unis cherchent à diversifier leurs approvisionnements en cuivre, cobalt et autres minerais stratégiques utilisés notamment dans les industries électriques, numériques et énergétiques.

La RDC dispose, à cet égard, d’une position importante dans les chaînes mondiales d’approvisionnement.

Les dernières données commerciales illustrent déjà une progression des flux vers le marché américain.

D’après les chiffres du département américain du Commerce rapportés le 3 septembre 2026 par Reuters, les États-Unis ont importé 225.094 tonnes de cuivre raffiné et d’alliages en juillet, soit leur niveau mensuel le plus élevé depuis le début des statistiques disponibles en 1990.

La RDC a fourni près du quart de ces volumes et s’est positionnée comme deuxième fournisseur des États-Unis, derrière le Chili qui en représentait 46 %.

En 2025, les États-Unis avaient importé environ 1,63 million de tonnes de cuivre raffiné, dont 187 000 tonnes en provenance de la RDC.

Durant les sept premiers mois de 2026, leurs importations ont atteint 1,12 million de tonnes, en progression de 4,2 % sur un an.

Reuters relève cependant que la forte hausse enregistrée en juillet a aussi été alimentée par l’anticipation d’une éventuelle évolution de la politique douanière américaine sur le cuivre.

Cette situation invite à distinguer l’effet conjoncturel des achats américains de la tendance plus structurelle à la diversification des fournisseurs.

Pour les experts du secteur minier, la progression du cuivre congolais sur le marché américain confirme néanmoins l’intérêt croissant de Washington pour les ressources de la RDC.

Le partenariat stratégique conclu en décembre 2025 entre les deux pays autour des minerais critiques constitue l’un des principaux instruments de ce rapprochement.

Plusieurs opérations impliquant des intérêts américains ont depuis été engagées ou annoncées dans le cuivre, le cobalt et leur commercialisation.

La Gécamines cherche également à élargir les débouchés du cuivre congolais en utilisant son droit de prélèvement sur une partie des productions issues de certaines entreprises dans lesquelles l’État détient des participations.

Le corridor de Lobito complète cette stratégie. Cette infrastructure doit améliorer la liaison entre les zones minières de la RDC et de la Zambie et le port angolais de Lobito, ouvrant une voie supplémentaire vers les marchés atlantiques.

Pour les experts spécialisés dans les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, l’augmentation des volumes exportés ne constitue cependant qu’une partie de l’équation.

L’attraction de nouveaux investissements exige également des capacités énergétiques suffisantes, des infrastructures de transport, une meilleure prévisibilité du climat des affaires et des mécanismes capables de réduire les risques supportés par les investisseurs.

L’agenda présenté par Ian McCary intervient ainsi dans une période où les minerais critiques prennent une place croissante dans les relations entre Kinshasa et Washington.

La progression récente du cuivre congolais sur le marché américain en fournit déjà une première illustration commerciale.

Pour les experts, la portée économique de cette nouvelle phase se mesurera davantage dans les investissements effectivement mobilisés dans les mines, l’énergie, les infrastructures et la transformation locale des ressources congolaises.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV