Economie
Forum économique UK–DRC : l’État mise sur un arsenal institutionnel pour inverser une baisse de 21,2 % des échanges commerciaux

La République démocratique du Congo (RDC) engage une offensive économique à Londres, au Royaume-Uni, avec une délégation gouvernementale élargie, dans le cadre du Forum économique UK–DRC, organisé du 2 au 4 novembre 2026.
L’objectif est d’attirer davantage d’investissements britanniques et de renforcer les relations commerciales entre les deux économies, dont les échanges demeurent limités malgré les opportunités existantes.
Selon les informations officielles, trois Ministres sont mobilisés pour cette rencontre : Julien Paluku, chargé du Commerce extérieur, Patrick Muyaya, de la Communication et Médias, et Jean-Lucien Bussa, de l’Aménagement du territoire, également attendus à Londres.
La délégation comprend aussi Hervé-Claude Ntumba, Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie (FPI).
Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, son Ministre provincial Jésus-Noël Sheke, ainsi que les responsables de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP).

Cette représentation institutionnelle vise à présenter aux partenaires britanniques des possibilités d’investissement dans les secteurs productifs congolais.
Les discussions porteront notamment sur les minerais critiques, les chaînes de valeur industrielles, le financement de l’industrialisation, les infrastructures et les énergies renouvelables.
Selon les organisateurs, 90 entreprises et investisseurs britanniques ont manifesté leur intérêt pour ce rendez-vous, au terme duquel une Déclaration de Londres est annoncée.
Cette mobilisation intervient néanmoins dans un contexte commercial peu reluisant pour Kinshasa.
D’après les statistiques britanniques publiées en juillet 2026, les échanges bilatéraux de biens et services entre les deux pays ont atteint 145 millions de livres sterling sur les douze mois achevés en mars 2026, en baisse de 21,2 %.
Sur ce montant, les exportations britanniques vers la RDC représentent 105 millions de livres, contre seulement 40 millions d’importations en provenance du Congo.
Le Royaume-Uni enregistre ainsi un excédent commercial de 65 millions de livres, révélateur d’une relation économique encore déséquilibrée.
Ce déséquilibre persiste alors que la RDC bénéficie du régime commercial préférentiel britannique, permettant à 99,8 % des catégories de produits éligibles d’accéder au marché britannique sans droits de douane.
Pour les spécialistes du commerce international, la réduction de cet écart suppose de renforcer la transformation locale, les capacités de production, les infrastructures logistiques et la conformité des produits aux normes britanniques.
Dans cette perspective, estiment-ils, le Forum de Londres constitue une occasion de convertir les avantages commerciaux existants en contrats d’exportation et en investissements industriels, plutôt qu’en simples engagements institutionnels.
Flory MUSISWA







