Economie
Lualaba : 33 nouvelles zones artisanales identifiées, Louis Watum accélère l’assainissement du secteur minier

De la remise en service des équipements du Centre de négoce de Musompo à l’ouverture de nouvelles perspectives pour plus de 25.000 exploitants artisanaux à Mulondo, le Ministre des Mines multiplie les initiatives pour renforcer la gouvernance minière dans le Lualaba. Sa mission, effectuée du 25 octobre au 3 novembre 2026, a également remis au centre des discussions la participation des congolais dans le capital des entreprises minières.
La gouvernance minière, la formalisation de l’exploitation artisanale et la participation nationale aux investissements miniers ont constitué les principaux axes de la mission effectuée par le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, dans la province du Lualaba.
Pendant dix jours, du 25 octobre au 3 novembre 2026, le Ministre a multiplié les visites de terrain et les consultations avec les opérateurs industriels et les coopératives minières.
Plusieurs dossiers stratégiques ont ainsi enregistré des avancées, avec une ambition affichée : renforcer le contrôle de l’État sur la chaîne minière et améliorer les retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles.
Musompo : réactivation des outils de contrôle et de certification
Au Centre de négoce de Musompo, l’une des priorités a porté sur la remise en service des installations techniques du Centre d’évaluation, d’expertise et de certification (CEEC).
Le Ministre a notamment inspecté les ponts-bascules et le laboratoire, restés longtemps inactifs. Après plusieurs années d’interruption, ces équipements amorcent leur redémarrage. Un premier camion a déjà été soumis à la pesée, tandis que les opérations d’échantillonnage et d’analyse des minerais ont été engagées.
L’objectif est de rétablir un dispositif opérationnel de contrôle et de certification afin d’améliorer la traçabilité des minerais issus de l’exploitation artisanale. Cette relance doit également contribuer à une meilleure valorisation des substances commercialisées, y compris leurs sous-produits, et à davantage de transparence dans les transactions.
Au-delà de la réhabilitation des équipements, l’enjeu est économique : sécuriser la chaîne de commercialisation et permettre à l’État de mieux contrôler les flux de minerais.
Participation nationale : les opérateurs industriels rappelés à leurs obligations
Les échanges avec les entreprises minières industrielles ont également permis au ministre de rappeler les exigences du Code minier révisé de 2018, particulièrement en matière de participation des congolais au capital des sociétés minières.
Louis Watum Kabamba a insisté sur la nécessité d’une application effective des dispositions légales, tout en abordant les questions liées à l’encadrement de l’exploitation artisanale, à la responsabilité des opérateurs et au respect des normes environnementales.
Pour les autorités congolaises, il s’agit de dépasser une approche de l’investissement minier limitée à l’exploitation des ressources. La priorité est désormais de renforcer la participation des nationaux et de faire en sorte que les richesses minières génèrent davantage de valeur ajoutée et de retombées économiques au niveau local.
L’enjeu consiste ainsi à concilier attractivité du secteur, sécurité juridique et respect des obligations réglementaires.
33 nouvelles ZEA : vers une exploitation artisanale mieux encadrée
Autre annonce importante de cette mission : la mise à disposition de 33 nouvelles Zones d’exploitation artisanale (ZEA) dans la province du Lualaba.
Avec ces nouvelles zones, le nombre total de ZEA dans la province passe à 114. Le processus d’affectation aux coopératives minières est déjà engagé. Sur les 33 espaces identifiés, quatre disposent déjà de coopératives retenues à l’issue d’un examen reposant sur des critères scientifiques, géologiques et techniques.
Cette extension du périmètre réservé à l’exploitation artisanale constitue un levier supplémentaire de formalisation du secteur. Elle doit notamment permettre de mieux organiser les activités des exploitants, de réduire les conflits d’occupation des sites et de promouvoir des pratiques conformes à la réglementation minière.
La mise à disposition de ces espaces répond également à une problématique économique et sociale majeure dans une province où l’exploitation artisanale représente une source importante de revenus pour de nombreuses communautés.
Mulondo : une issue en vue pour plus de 25 000 exploitants artisanaux
Le dossier de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha, constitue l’un des résultats les plus sensibles de cette mission. Après plus d’une année d’interruption des activités minières, les exploitants artisanaux réunis au sein de la coopérative COMIKAN entrevoient une possibilité de reprise.
À l’issue des discussions menées sur le terrain, la société PAJECLEM a accepté de mettre deux carrés miniers à leur disposition.
Cette décision ouvre la perspective d’une cohabitation mieux organisée entre exploitation artisanale et activité industrielle. Elle pourrait permettre à plus de 25.000 exploitants de retrouver progressivement une source de revenus, après une longue période d’incertitude.
Le dossier reste marqué par le drame du 15 novembre 2025, qui avait coûté la vie à plusieurs exploitants artisanaux sur ce site.
La recherche d’une solution durable revêt donc un enjeu qui dépasse la seule reprise des activités : prévenir de nouveaux accidents, réduire les tensions entre opérateurs et garantir un encadrement approprié de l’exploitation.
La mise à disposition des deux carrés miniers représente ainsi une avancée vers un modèle de coexistence entre acteurs industriels et artisanaux, dans lequel les droits et les obligations de chaque partie doivent être clairement définis.
Gouvernance minière : l’enjeu de transformer les ressources en retombées économiques
À travers les dossiers de Musompo, des nouvelles ZEA et de Mulondo, la mission de Louis Watum Kabamba a couvert plusieurs maillons essentiels de l’activité minière dans le Lualaba : contrôle et certification des minerais, commercialisation, participation nationale, formalisation de l’exploitation artisanale et prévention des conflits entre exploitants.
Ces initiatives traduisent une volonté de renforcer la gouvernance d’un secteur stratégique pour l’économie congolaise. Mais leur portée dépendra désormais de leur mise en œuvre effective : fonctionnement durable des équipements de Musompo, attribution transparente des nouvelles zones artisanales et concrétisation de la reprise des activités à Mulondo.
Pour la RDC, le défi reste de faire évoluer son modèle minier afin que l’exploitation des ressources naturelles profite davantage à l’économie nationale et aux populations locales.
Cette démarche s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Olivier KAFORO







