Afrique
Monde : Le Nigeria veut s’imposer comme alternative à l’offre pétrolière du Moyen-Orient

Face aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, le Nigeria entend renforcer son rôle dans l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz.
Premier producteur africain d’or noir, le pays se positionne comme une alternative crédible pour contribuer à la diversification des sources d’hydrocarbures sur les marchés internationaux.
Au cours d’une récente sortie médiatique, le Ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, a appelé les producteurs du Golfe à considérer le Nigeria comme un partenaire stratégique et à investir davantage dans son secteur énergétique.
Pour Abuja, l’enjeu est double : attirer des capitaux pour développer les ressources encore sous-exploitées du pays et accroître sa capacité de production afin de renforcer son poids sur le marché mondial.
« Les pays qui pourraient nous considérer comme des concurrents peuvent également devenir des partenaires en investissant au Nigeria pour diversifier leurs parts de marché », a indiqué le chef de la diplomatie nigériane.
Les autorités nigérianes misent notamment sur l’exploration de nouveaux gisements, la modernisation des infrastructures pétrolières et le développement de projets gaziers pour soutenir cette ambition.
Selon les données publiées en février 2026 par la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), le secteur pétrolier nigérian a généré 55,5 billions de nairas de recettes brutes en 2025, soit environ 37 milliards de dollars, contre 50,88 billions de nairas en 2024 (près de 34 milliards USD). Ces performances reposent sur une production moyenne de 1,45 million de barils par jour et un prix moyen du baril de 72,08 dollars.
Cette stratégie intervient dans un contexte marqué par les tensions autour du détroit d’Ormuz, corridor maritime par lequel transite près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde, selon l’Energy Information Administration (EIA). Les perturbations dans cette zone renforcent l’intérêt pour de nouvelles sources d’approvisionnement.
Dans cette optique, Abuja multiplie les initiatives pour attirer des partenaires internationaux.
Le Nigeria a ainsi signé en janvier un accord de partenariat économique global avec les Émirats Arabes Unis afin de dynamiser les investissements bilatéraux.
Parallèlement, des investisseurs liés au Qatar ont annoncé plusieurs projets dans le secteur gazier.
Avec une production moyenne estimée à 1,64 million de barils par jour sur les onze premiers mois de 2025, le Nigeria affiche désormais une ambition claire : doubler sa production pétrolière d’ici 2030 et consolider sa position d’acteur majeur du marché énergétique mondial.
Olivier KAFORO
























