Connect with us

a la une

RDC : l’impact réel du Partenariat stratégique « Etat-Industrie locale » sur la vie socio-économique

Published

on

Le Partenariat stratégique sur les chaînes de valeur qui lie le Gouvernement à l’industrie locale a un impact positif sur la vie socio-économique. Fondé sur le Décret n°13/049 du 06/10/2013, il a permis à plusieurs filières industrielles de bénéficier des avantages fiscaux et douaniers. Objectifs : booster l’industrie locale à déverser sur le marché des produits de qualité et à des prix accessibles mais aussi à créer la richesse et les emplois. C’est le cas de la cimenterie, de l’agroalimentaire et de la savonnerie.

Pour s’en rendre compte, Zoom Eco a entamer sa visite des usines installées à Kinshasa par PalmCo et Compagnie internationale de développement et d’investissement (CIDI). Ces deux sociétés ont bénéficié des avantages du Partenariat stratégique les quatre premières années.

Derrière cette mesure incitative et promotrice de l’économie nationale de l’Etat, ces opérateurs économiques vivent la réalité de la redynamisation et de la compétitive de leurs filières respectives mais aussi la qualité de produits offerts et l’accessibilité des prix sur le marché.

PalmCo, deux filières de production
C’est avant tout une raffinerie moderne d’huile de palme d’une capacité installée de 9 000 tonnes par mois. Ces investisseurs privés ont mis en place une infrastructure de qualité avec la technologie de pointe. Ainsi, cette usine produit de l’huile de palme raffinée prête à la consommation.

Palmco, c’est aussi une savonnerie. Elle produit une douzaine de marques de savons de ménage, de toilette et savons médicaux de qualité qui sont déversés sur le marchés à bas prix.

D’après les industriels, les allègements fiscaux accordés dans le cadre du partenariat stratégique ont fait tripler la production d’huile de palme en Rd Congo. S’il y a sept ans, la filière était presqu’à l’arrêt avec la production inférieure à 30 000 tonnes, elle produit actuellement près de 100 000 tonnes.

« Ceci a été possible parce que des industries comme PalmCo ont vu le jour et ont été permis d’être compétitive sur le marché. Nous bénéficions effectivement des exonérations mais elles nous permettent de répercuter les prix de vente abordables par rapport aux exportations. Il faut savoir que cette filière est agressive de part le monde. Il y a une libéralisation du marché où il n’existe aucune restriction d’huile de palme avec des droits de douanes relativement bas. Face à des pays d’Asie du sud-est même d’Afrique extrêmement compétitifs, notre secteur a besoin d’un soutien. Et il a été soutenu par le Gouvernement. Ce qui a permis aujourd’hui à l’industrie locale de continuer à produire », a déclaré Maher Houdrouge, gérant de PalmCo Sarl.

Les exonérations des droits de douanes et la suspension de la TVA ont constitué ce soutien de l’Etat congolais comme le font la plupart d’autres Etats en voie de développement pour donner un souffle à l’industrie locale qui était pratiquement à l’arrêt.

Grace à ces mesures, les industries ont réussi à faire un saut qualitatif des produits mis sur le marché à des prix démocratiques. A ce stade, le besoin de cet appui du Gouvernement se fait encore sentir. D’où, la nécessité pour l’Etat de poursuivre dans cet élan.

A Maher Houdrouge de préciser : « c’est un Partenariat stratégique par lequel l’Etat concède certains avantages pour soutenir son industrie locale, la redynamiser et la rendre compétitive. L’objectif étant d’offrir des emplois, créer la chaine des valeurs, offrir des produits de qualité à des prix accessibles. Que fera le secteur de l’huile de Palme en cas d’arrêt de ces avantages ? On se battra comme on l’a toujours fait pour notre secteur d’activités pour qu’il subsiste. Mais nous ne sommes pas très optimiste en cas d’un rétropédalage par rapport à cette politique incitative. »

PalmCo Sarl fait fonctionner une longue chaîne des valeurs qui part des petits-producteurs dans les plantations à des distributeurs des produits finis en passant par la production industrielle et les prestataires de services intervenant dans ses activités. C’est plus de 1 500 emplois directs et indirects qui font vivre des milliers de familles congolaises.

CIDI, savonnerie et agroalimentaire
Fabrication de savons en poudre et en liquide les plus consommés sur le marché local. Elle produit également des épices dont la tomate de marque « c’est bon » et développe la filière poissonnerie à partir de Goma avec des pêcheurs en coopératives. CIDI Sarl emploie directs 650 agents y compris les journaliers et les délégués commerciaux.

Même réalité constatée dans cette entreprise qui a investi dans un outil de production moderne dans l’objectif de transformer des matières premières, en bonne partie importées, en produits finis de qualité.

Raison pour laquelle l’Etat accorde à ce type d’industries des exonérations de droits de douanes pour leur facilité cette importation et suspend la TVA non seulement à l’importation mais aussi à la vente des produits sur le marché. Conséquence : les gammes de produits de CIDI Sarl sont vendus à bas prix à travers le pays.

« Sans Partenariat stratégique, nous serons bloqués dans notre travail. Les coûts de productions vont augmenter et cela va impacter les prix de nos produits vendus sur le marché. Nous seront inondés par les produits importés et bénéficiant du dumping. Donc, le soutien de l’Etat est salutaire. Il y alliez de préciser que les allégements fiscaux accordés ne concernent toute la fiscalité. Nous payons normalement toutes les taxes et autres impôts consécutivement à nos activités », a indiqué Mohamed Moussawi, directeur commercial de CIDI Sarl.

Au-delà de Partenariat, l’Etat devrait redoubler d’efforts pour renforcer la lutte contre les contrebandiers qui inondent le marché local des produits importés, lesquels sont vendus à des prix plus bas.

Autre difficulté à laquelle l’industrie congolaise est confrontée c’est le risque de volatilité de la monnaie nationale. Les usines qui vendent leurs produits en francs congolais sont obligées de convertir cette monnaie en devise pour pouvoir importer les matières premières. Et en cas de dévaluation, elles payent également le lourd tribut.

Mohamed Moussawi : « Nous sommes en train de satisfaire toute la clientèle au pays. Parce que les prix des poissons salés, des épices, des détergents en poudre ou en liquide sont très bas. Ils permettent à tout le monde de s’en approvisionner. Un sachet de détergent coût 150 CDF. Les clients sont content de la qualité de notre produit. »

L’Etat doit-il supprimer le Partenariat stratégique?
Pour des experts, le débat de fond reste entier sur le fondement légal de ces régimes, loin de toute considération politique, partisane et sensationnelle.

Car, il s’agit des choix responsables, des options à lever par le Gouvernement et les autres institutions, notamment le Parlement et la Présidence de la République pour éviter que la Rd Congo soit la risée des autres nations en ce qui concerne le respect des engagements pris.

« Dans ce contexte de l’après Covid-19 marqué par la récession économique et les conflits récurrents au sein de la coalition politique au pouvoir, le Gouvernement de la République n’a aucun intérêt à apeurer le monde des affaires qui se remet difficilement des affres de la pandémie. Bien plus, malgré l’objectif de mobilisation des recettes publiques, l’Etat congolais se doit davantage de rassurer les hommes d’affaires par des mesures notamment conjoncturelles pour l’atténuation des effets néfastes du COVID-19 sur l’économie nationale. La fermeture des activités économiques aura des conséquences économiques et sociales difficiles à gérer », a estimé Emile Matumona, expert en Fiscalité.

A RE(LIRE) : exonérations et allègements fiscaux, les régimes d’exception visant la croissance économique

Toutefois, rappelle opérateur économique, ce Partenariat stratégique sur les chaines de valeurs a couvert les insuffisances du Code des investissements en vigueur en Rd Congo qui nécessite d’être revu pour favoriser la construction des fondements structurels solides visant l’accélération de la croissance économique inclusive.

Une action qui appelle à une fiscalité de développement et de promotion économique pour la relance des unités industrielles nationales capables d’améliorer les conditions de vie des populations.

Zoom Eco

Sur le même sujet :

RDC : l’Etat promeut l’industrie locale par l’octroie d’allègements fiscaux depuis 2016 

Advertisement
1 Comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Advertisement
Advertisement DRC Mining 2026
Bendele
Rawsur

Edito

ZoomEco TV