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RDC : Banque mondiale pourrait allouer 1 milliard USD sur deux ans pour l’éducation

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La Banque mondiale pourrait allouer un montant exceptionnel de 1 milliard de dollars américains, étalé sur deux ans, à la Rd Congo. Objectif : appuyer le Programme d’urgence du Gouvernement congolais axé sur la gratuité de l’éducation de base.

Cependant, tout est suspendu à la décision du Conseil d’administration qui pourrait intervenir au troisième trimestre de l’année 2020. Pour quelles raisons ? Ce financement arrivera – t – il au titre d’appui budgétaire ou projet d’investissement ? Sera-t-il un don ou un prêt à l’Etat congolais ? Et s’ils arrivaient à être accordés, ces fonds couvriront quels besoins exactement ?

Le directeur des opérations de la Banque mondiale en Rd Congo, Jean-Christophe Carret a répondu à toutes ces questions dans un entretien exclusif, depuis Washinton DC au siège de cette institutions de Bretton Woods, avec les journalistes Christian Lusakueno de la radio Top Congo FM et Eric Tshikuma du média économique Zoom Eco.

Probable décaissement en mars 2020

La banque mondiale devra avoir du temps nécessaire pour bien ficeler le projet d’urgence d’appui à l’éducation de base à la Rd Congo.

« Contrairement à ce qui se passe d’habitude où on met 12 mois pour préparer une opération, là, l’idée est qu’on aille beaucoup plus vite. L’opération sera présentée au Conseil d’administration quand on sera certain que les mesures de gouvernance dans le secteur de l’éducation, les questions de ressources humaines ont été correctement analysées de façon que lorsque le projet sera présenté, qu’il soit approuvé », a  indiqué Jean-Christophe Carret.

D’après lui, l’enjeu consiste à ne pas confondre « vitesse et précipitation » afin de présenter au Conseil d’administration de la Banque mondiale, en février prochain, une opération ambitieuse avec toutes les garanties de compréhension des mesures de sa portée pour le bien du peuple congolais.

Et donc, seul l’avis favorable des administrateurs pourrait autoriser le décaissement de ces fonds probablement vers mars 2020.

Projet d’investissement

La proposition d’intervention de la Banque mondiale dans ce projet de la Rd Congo s’inscrit dans le cadre d’un appui d’urgence au titre de projet d’investissements classiques IDA.

Jean-Christophe Carret a précisé qu’il ne s’agit pas, dans le cas d’espèce, d’appuis budgétaires qui nécessitent, en amont, un accord formel avec le Fonds monétaire international avant que le Conseil d’administration de la Banque mondiale n’examine le dossier de sollicitation.

« Je sais que dans le milliard à engager actuellement, il n’y a pas d’appuis budgétaires. C’est le milliard pour l’éducation de base. Dans le milliard qu’on va engager l’année prochaine, il est fortement possible (s’il y a un programme avec le FMI), qu’il ait une proportion d’aide budgétaire. La question est à discuter. Pour l’instant, on n’est pas encore à ces détails »,a – t – il insisté.

A RE(LIRE) : le projet « éducation » sera soumis au Conseil d’administration de la BM en février 2020

Don et prêt à la Rd Congo

A en croire les explications du directeur des opérations de la Banque mondiale en Rd Congo, la structuration du financement du milliard de dollars américains sera moitié « don » et « moitié prêt ». Si d’après les critères établis le don permet d’éviter l’accroissement de l’endettement du pays, le prêt est octroyé à des taux bonifiés.

« Quand un pays comme la Rd Congo présente les critères d’être un pays avec un taux de pauvreté très élevé. Mais, en raison d’une bonne gestion macroéconomique et d’un niveau d’endettement très peu élevé, les règles de calculs font qu’on arrive à une enveloppe partagée à parts égales entre les dons et les prêts à des taux hautement bonifiés », a souligné Jean-Christophe Carret.

Pour la Banque mondiale, il est question de voler au secours de 18 millions d’élèves qui suivent les cours à l’école primaire. Et de trois millions d’autres d’enfants qui n’allaient pas à l’école parce que leurs parents devraient payer. Cette opération devra ainsi permettre à ces millions d’enfants d’aller à l’école.

Trois types de charges à couvrir

Ce financement prévoit la couverture de trois principales rubriques de la prise en charge de la contrepartie de la gratuité de l’éducation de base en Rd Congo. Il s’agit respectivement : des salaires des enseignants, des frais de fonctionnement des écoles, et les frais de transport des enseignants.

« Nous sommes obligés de faire le maximum dans le cadre du partenariat que nous avons avec la RDC. Le financement d’urgence que nous sommes en train de préparer permettra d’appuyer cette politique pendant deux ans. Si l’opération est approuvée par le Conseil d’administration, cela devrait aider effectivement à accélérer la mise en œuvre de la politique du Gouvernement sur la gratuité de l’éducation de base »,a souligné Jean – Christophe Carret.

A tout prendre, les évaluations du Gouvernement prévoient 25 à 37 millions de dollars américains par mois pour financer la contrepartie de la gratuité de l’enseignement primaire. Sur l’année, cela exige un montant global de près de 500 millions de dollars américains. Ce qui correspond exactement à la hauteur du financement sollicité auprès de la Banque mondiale.

Le décaissement de cet argent au profit de la Rd Congo dans un délai raisonnable soulagerait la pression que ces dépenses contraignantes exercent sur le trésor public. Et ce, dans un contexte où le Gouvernement s’emploie à combler les déficits cumulés de 420 milliards de CDF à fin septembre 2019.

Eric TSHIKUMA, depuis Washington DC  

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