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Finance

RDC : Ce qu’il faut savoir de l’intervention de la Banque Centrale sur le marché de change

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Dans la majorité des pays exportateurs des matières premières comme la RDC, la Banque Centrale Nationale intervient pour contrôler son taux de change. Pourquoi? Simplement car sans ces interventions, le taux de change du Franc congolais s’envolerait, ce qui aurait pour effet d’augmenter l’inflation. Comment la BCC va intervenir et quels sont les effets de ces interventions sur les autres agrégats macro-économiques ? Cet éditorial tente de répondre à cette question.

En effet, comme une entreprise, la BCC a un bilan comptable qui a deux parties (actif et passif), toujours équilibré. Le passif de la BCC correspond à ses ressources : monnaie en circulation, compte des banques/réserves obligatoires (ces 2 éléments constituent la base monétaire), fonds propres et gain sur actifs et intérêts. Quant à l’actif, il correspond à ses emplois, i.e. ce qu’on fait avec cet argent : or, Réserves de change (ces 2 éléments constituent des actifs étrangers), dette souveraine et prêt aux banques commerciales (ces 2 éléments constituent les actifs domestiques).

Bref,  le passif est la source (d’où vient l’argent) et l’actif est l’emploi (ce qu’on fait avec cet argent). Une remarque est qu’il s’agit ici d’une représentation simplifiée du bilan, la notion de fonds propres n’est pas la même pour une banque commerciale et une banque centrale, le passif d’une banque centrale n’étant pas exigible.

Comment intervenir ?

A partir de cette présentation, la BCC peut gérer son taux de change en utilisant ses réserves de change. La BCC intervient généralement à travers des courtiers, pour conserver l’anonymat afin que son action soit plus efficace. Elle peut également recourir aux effets d’annonces, comme le cas présent. Son objectif est de mener à bien la politique monétaire : ralentir l’inflation, soutenir la monnaie nationale. Les cours des monnaies évoluent au gré des opérations de change issues des activités commerciales ou financières.

Lorsque le taux de change d’une monnaie représente une menace pour l’équilibre économique du pays, la banque centrale peut intervenir sur le marché des changes, pour vendre des devises contre sa propre monnaie (si le cours est jugé trop faible) ou, cas plus rare, vendre sa propre monnaie (par exemple si le cours élevé semble pénaliser les exportations).

Plus concrètement, la décision de la BC vient du fait que les cours des devises (dollar) s’élèvent (celui de franc congolais baisse) ; elle tente donc de mettre fin à ce mouvement en se portant vendeur de devise. En vendant de la monnaie domestique, augmente la demande en monnaie étrangère et diminue la demande en monnaie domestique. Résultat : la monnaie domestique doit se déprécier.

Quels en sont les conséquences ?

Nous sommes dans une situation de déficit qui fait que la demande FC soit inférieure à l’offre donc il y a une pression à la baisse sur le taux de change (tendance à la dépréciation). La BCC intervient pour soutenir la parité en vendant le dollar et en achetant du FC sur le marché des changes. Ses réserves de devises vont diminuer ce qui tendra à réduire la base monétaire. Pendant un certain temps, la BCC peut stériliser cette variation de la base en achetant des titres.

Dès lors, on reste en situation d’équilibre temporaire et le marché des changes reste en déséquilibre : le stock de titre de la BCC augmente tandis que les réserves de changes diminuent. Aussitôt que cette politique de stérilisation cesse, l’offre de monnaie diminue du fait de la contraction de la base monétaire, ce qui se traduit par un déséquilibre sur le marché de la monnaie. A revenu constant, le taux d’intérêt augmente, ce qui réduit la demande de monnaie.

Cet ajustement de la masse monétaire en circulation, et du taux d’intérêt, permet de rétablir l’équilibre sur le marché des changes de deux façons. D’une part, la hausse des taux d’intérêt conduit à augmenter la rentabilité des titres domestiques, ce qui tend à augmenter le solde des entrées nettes de capitaux. D’autre part, la hausse des taux réduit l’investissement privé, et donc le revenu, ce qui limite les importations et accroît par la même le solde de la balance commerciale.

Dès lors, l’amélioration du compte de capitaux et du solde de la balance commerciale permet de rétablir l’équilibre de la balance globale des paiements.

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A RE(LIRE) :

RDC : L’intervention de la BCC sur le marché de change ne sera pas efficace, dixit Albert Tcheta-Bampa

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