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RDC : cap sur le moindre mal, un impératif existentiel !

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RDC : cap sur le moindre mal, un impératif existentiel ! 1

Faut-il rouvrir ou pas les bars , terrasses , restaurants… et autres espaces publics fermés en vue de lutter contre la propagation du coronavirus ? Ce sujet conviendrait parfaitement aux finalistes des humanités comme sujet de dissertation. Dans le réel rd congolais, il a tout d’un dilemme cornélien.

A en juger par l’écosystème kinois, autoriser la réouverture de ces espaces publics s’impose de plus en plus comme un impératif existentiel. Plus de deux mois après la prise des mesures de restriction, le pays qui était déjà presque sous respiration artificielle se dirige à grands pas vers une asphyxie certaine.

Sevré de filet social depuis des lustres, les Congolais n’ont pour l’essentiel que la débrouillardise comme planche de salut. Or, avec les décisions anti-covid-19 du 18 mars dernier, l’espace d’auto-prise en charge s’est réduit comme peau de chagrin. Avec lui, l’horizon de survie. Le pourtant nécessaire confinement devenant du coup plutôt…contre-productif. Voire suicidaire.

Nous voici dans le cas de figure que tout connaisseur des arcanes kinois craignait de voir survenir. A savoir que le médicament s’avère plus dangereux que le mal qu’il est censé guérir. Un paradoxe apparent qui s’explique justement par le fait que le Kinois et, par extension le Congolais lambda, vit de l’informel sans la moindre couverture sociale.

Impossible dans ces conditions de maintenir fermées toutes ces unités marchandes autour desquelles s’organise la battue quotidienne. Le contrecoup social du confinement de l’épicentre de tous les petits négoces, en l’occurrence la commune de Gombe, est là pour alerter sur les limites de la recette presqu’universellement appliquée.

Bien évidemment, face au risque de contamination à vaste échelle, il fallait parer au plus pressé. Surtout dans une ville comme Kinshasa où déjà le respect des règles barrières ne va pas forcément de soi. Dans nombre de quartiers populeux, la promiscuité est plus subie que voulue. Idem pour les transports en commun.

Mises bout à bout, ces contradictions forment l’exception rd congolaise. Une sacrée équation qui commandait une stratégie qui tînt compte de spécificités locales.

En empruntant au philosophe grec Aristote son « entre les deux maux, il faut choisir le moindre », peut-être qu’on aurait fait l’économie de l’effondrement de …l’économie. Et surtout de toutes ces activités informelles qui permettent aux Congolais de survivre.

Pas donc besoin d’un méga sondage ni d’un référendum pour identifier le “moindre mal ” et le prescrire sans atermoiement. Quitte à ce que l’intendance pro mesures barrières soit renforcée.  

José NAWEJ, éditorialiste FA

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