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RDC : Franc congolais, la dépréciation moyenne annuelle face au dollar US a été de 17% depuis le 30 juin 1998

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RDC : Franc congolais, la dépréciation moyenne annuelle face au dollar US a été de 17% depuis le 30 juin 1998 1

30 juin 1998 – 30 juin 2020. Le Franc congolais vient de totaliser 22 ans de court légal en Rd Congo depuis la démonétisation du Zaïre-monnaie. Cette période a été marqué, d’après le professeur Jean-Louis Kayembe, par une succession de quatre phases de stabilité en 14 ans et trois phases d’instabilité en huit de sa valeur externe.

« La monnaie nationale a enregistré globalement un taux de dépréciation moyen annuel de 17,3 % par rapport à la devise américaine contre un taux moyen de 50,6 % au cours des 22 années antérieures à la dernière réforme monétaire (soit de 1976 à 1998) », a indiqué le professeur Jean-Louis Kayembe.

Toutefois, soutient – il, la neutralisation des années de prévalence des chocs externes sur l’économie (taux de dépréciation moyen annuel de 41,3 %), les années marquées par la stabilité affichent un taux de dépréciation annuel moyen de 3,6 %.

A lui de préciser : « ce résultat n’est pas si mauvais lorsqu’on le compare à ceux des autres économies similaires de la région. »

En effet, Jean-Louis Kayembe considère uniquement, dans son analyse évolutive de la valeur externe du Franc congolais, son taux de  dépréciation par rapport à la devise américaine. Et ce, au cours d’une période qui s’étale sur 22 ans et subdivisée en sept sous-périodes suivantes :

De 1999 à 2001 (1ère période d’instabilité)

Le taux de dépréciation moyen annuel du Franc congolais a été de 73,9 % au cours de ces trois années à cause du financement monétaire par la Banque centrale des déficits publics pour faire face aux charges financières liées à l’effort de guerre.

« Il importe cependant de relever que la dépréciation de 84 % enregistrée en 2001 fut décidée par les autorités publiques dans le cadre d’un programme économique et financier structuré, dont l’une des mesures phares était la réforme du régime de change (abandon des taux de change administrés et adoption du flottement monétaire) », a-t-il rappelé.

Cette décision visait notamment à aligner le taux de change officiel à celui du marché et d’éliminer la prime de change entre les marchés de change officiel et parallèle), phénomène qui alimentait une spéculation excessive.

De 2002 à 2007  (1ère  période de stabilité relative)

Le taux de dépréciation moyen annuel de la monnaie nationale avait baissé à 7,2 % au cours de cette sous période, avec un taux de dépréciation annuel particulièrement bas de 0,7 % en 2007 ainsi qu’une année d’appréciation monétaire (phénomène extrêmement rare dans l’histoire monétaire de la RDC).

D’après Jean-Louis Kayembe, le facteur explicatif a été la mise en œuvre des politiques monétaire et budgétaire orthodoxes, dans le cadre des programmes économiques et financiers conclus avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Malheureusement, rappelle-t-il, hormis le Programme intérimaire renforcé (PIR) qui a été mené à terme, les autres programmes n’ont pas été achevés.

De 2008 à 2009  (2ème  période d’instabilité)

Au cours de cette sous période, le Franc congolais s’est déprécié au taux moyen annuel de 25,3 % par rapport à la devise américaine.

Cela, à cause du choc négatif induit par la crise financière internationale qui a  entrainé la baisse de la croissance économique, la baisse des recettes publiques et le déséquilibre de la balance des paiements. Il s’en est suivi des déficits de l’Etat, financés par des avances de la Banque centrale, lesquelles ont gonflé la demande globale et provoqué des bulles sur les marchés des changes.

De 2010 à 2015  (2ème période de stabilité /remarquable)

La monnaie nationale a affiché une stabilité remarquable au cours de cette période avec un taux de dépréciation moyen annuel de  0,4 %.

Jean-Louis Kayembe explique cette situation par la mise en œuvre des politiques macroéconomiques prudentes (notamment une politique monétaire proactive) et coordonnées, en dépit de l’absence de programme économique avec le FMI, couplée à une conjoncture internationale favorable, marquée notamment par la bonne tenue des cours mondiaux des principaux produits miniers exportés par la RDC.

« La forte croissance de la production et des exportations minières s’est traduite par une manne financière qui eut des effets positifs sur la valeur du franc », a – t – il insisté.

De 2016 à 2017  (3ème période d’instabilité)

Le taux de dépréciation moyen annuel de la monnaie nationale est remonté à  23,6 % au cours de cette sous-période. Cela a tenu du fait du choc baissier majeur des prix des produits de base, lequel a entrainé le ralentissement de l’activité économique, l’apparition des déficits budgétaires et de la balance des paiements (déficits jumeaux).

De 2018 à 2019  (3ème période de stabilité relative)

Le taux de dépréciation moyen annuel du Franc congolais a de nouveau baissé, pour s’établir à 2,4 %. Facteur explicatif, d’après Jean Louis Kayembe, la bonne conjoncture internationale et politiques macroéconomiques prudentes dans le contexte d’une reprise de l’activité économique.

En 2020  (4ème  période d’instabilité)

Le taux de dépréciation du Franc congolais, au terme des six premiers mois de l’année en cours, est remonté à 12,15 %. Jean-Louis Kayembe évoque la crise économique liée à la pandémie de la Covid-19 qui a entrainé le financement monétaire des déficits de l’Etat sur la période de janvier à avril 2020.

A RE(LIRE) : le franc congolais s’est apprécié de 2,3% face au dollar à fin mai 2020 (raisons)

Au demeurant, Jean-Louis Kayembe fait observer que la plupart d’épisodes d’instabilité du franc congolais ont été provoqués par des déficits budgétaires importants, lesquels ont alimenté l’expansion monétaire et des pressions sur la demande des devises.

« Pour éviter une volatilité excessive du franc congolais et promouvoir sa stabilité dans la durée, convient-il de mettre en œuvre des politiques budgétaire et monétaire coordonnées, de renforcer la discipline budgétaire, de mettre définitivement fin au financement monétaire direct des déficits de trésorerie de l’Etat et d’accélérer les réformes visant le développement des marchés des titres, en particulier, l’approfondissement du marché de la dette publique », a – t – il préconisé.

Eric TSHIKUMA

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