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RDC : Mabunda sollicite à Ilunkamba une hausse de 2 000 USD d’émoluments pour chaque député national

La présidente de l’Assemblée nationale demande une augmentation de 2 000 dollars américains sur les émoluments de chaque député national et 50% de plus dans les frais de fonctionnements de la chambre basse du Parlement.
Information contenue dans une correspondance du premier ministre s’adressant à son ministre du Budget. Une augmentation qu’elle justifie par la crise économique que subissent tous les secteurs de vie du pays suite à la pandémie de Coronavirus.
Cette demande survient alors que le trésor public est au rouge et qu’une diminution de train de vie du gouvernement s’impose pendant cette période de crise.
En effet, la correspondance du 5 juin dont une copie circule sur tous les réseaux sociaux étonne plus d’un congolais alors que le Gouvernement peine dans le paiement de fonctionnaires dans les charges supplémentaires dont il doit faire face dans le souci d’atténuer les chocs économiques suite à la pandémie de covid-19.
1 million USD de plus chaque mois, est-ce raisonnable ?
Une question que se pose l’opinion publique depuis la fuite de cette lettre.
« Avec 500 députés qui touchent près de 8.000 USD le mois, émoluments et invisibles compris, vouloir un supplément de 2.000 USD, soit 1 million USD à sortir du trésor public en cette période de crise n’est tout simplement pas raisonnable », estime un analyste.
Déjà, à la Présidence de la République, il y a eu la prise en compte de 294 agents supplémentaires à partir de janvier 2020, pour un montant de 1 364 770 442 de CDF et la correction du barème pour l’ensemble du personnel du cabinet pour un montant de 4 181 620 871 de CDF.
Les deux actions ramènent à un impact additionnel de 5 546 391 313 de CDF par mois, soit 16 639 173 939 de CDF au premier trimestre 2020.
Des statistiques qui étaient fournies le samedi 6 juin 2020 par le vice-ministre du Budget, Félix Momat, en réponse aux questions de députés nationaux membres de la commission économique, financière et contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale.
En une année, les dépenses de la présidence de la République ont presque doublé, passant de 59 829 014 626 FC (35,527 millions USD) en 2019 à 114 095 712 572 FC (67,752 millions USD) en 2020, au regard des données fournies par la Direction de la Préparation et du Suivi du Budget.
République des inconscients et des irresponsables.
Après le triplement des salaires du cabinet de la présidence, les députés veulent augmenter leurs émoluments en pleine récession économique et réajustement budgétaire vers le bas. Aucune préoccupation pour le social du peuple. pic.twitter.com/nleJ9CqRhF— Jean-Jacques Wondo Omanyundu (@JJPWondo) June 12, 2020
Par ailleurs, très récemment, le Fonds monétaire international (FMI) a évalué à 1,1% du PIB 2020, soit 531 millions USD, le gap de financement budgétaire créé par le choc du coronavirus en Rd Congo.
A RE(LIRE) : FMI évalue à 1,1% du PIB le gap de financement budgétaire lié au choc du coronavirus
Pour évaluer ce niveau de gap de financement, le FMI a pris en compte trois facteurs, notamment les pertes des recettes publiques avec la mobilisation qui est fortement impactée. Elle connaît une baisse vertigineuse ; la Douane ayant connu une baisse de 40% de sa mobilisation des recettes depuis le début de cette année.
Deuxième facteur, La baisse des ressources des émissions des Bons du trésor. Ici, tout part de l’hypothèse qui tend à se confirmer selon laquelle des perturbations causées par la COVID-19 vont faire baisser la quantité de la demande de bons du Trésor. Ce manque à gagner est estimé à 57 milliards de CDF, soit 0,1% du PIB.
Troisième facteur, l’augmentation des dépenses publiques. La riposte sanitaire au coronavirus et l’atténuation de ses effets pervers sur la vie socio-économique entraînent des fortes pressions sur les dépenses de l’Etat.
Avec toute cette pression sur les dépenses publiques et les difficultés financières que connait la Rd Congo, y ajouter encore une augmentation d’émoluments des députés nationaux et des frais de fonctionnement de la chambre basse du Parlement, il y a risque de creuser le fossé qui est déjà assez grand.
D’aucuns souhaitent que le vice-premier ministre, ministre du Budget et le ministre des Finances examinent, en tourte objectivité, ce dossier leur transmis par le premier ministre Ilunkamba en vue de conseiller ce denier à y opposer un refus catégorique.
Emilie MBOYO
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