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RDC : salaires des politiques, des écarts criants malgré la contrainte de réduction du train de vie

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En Rd Congo, le revenu salarial mensuel d’un député national est supérieur de 6 600% à celui du dernier fonctionnaire. Bien que sollicitant une augmentation de 2 000 USD, l’analyse d’AfricaNews indique qu’il reste inférieur de près de 50% au salaire d’un conseiller principal du chef de l’Etat et de 200% à celui d’un ministre de la République.  

Un débat défraie la chronique par ce temps de récession et de crise sanitaire due au coronavirus : les députés nationaux réclament 2 000 dollars de plus dans leur enveloppe mensuelle.

L’information succède à une autre, le recrutement de 294 agents supplémentaires à la Présidence de la République avec un personnel déjà pléthorique et où certains salaires ont été récemment alignés sur ceux des membres du Gouvernement, lui-même éléphantesque. La réclamation des élus du peuple suscite un tollé général.

Selon les informations obtenues de l’administration du Budget, le député gagne autour de 4.200 dollars -4 800 selon Léon Nembalemba- contre 8 000 dollars pour le conseiller principal, 17 500 dollars pour le ministre et 115 000 CDF, soit environ 60 dollars pour une nouvelle unité -N.U.- de la Fonction publique. 

Dire que les avantages liés aux fonctions du conseiller principal du chef de l’Etat, notamment les indemnités kilométriques font augmenter son enveloppe salariale à environ 12 000 dollars le mois régulièrement payés. Les écarts entre ces salaires restent inexpliqués !

Surtout que le revenu mensuel du député national est à 6 600% supérieur à celui du dernier fonctionnaire de l’Etat ! Celui du Conseiller principal du Président de la République l’est à 13 200% et du ministre à plus de 27 000%.

« C’est comme si chaque institution prêche pour sa propre chapelle. Ces écarts sont vraiment difficiles à expliquer tant il est vrai que le Parlement est l’autorité budgétaire. Rien n’explique que les membres de la 2ème Institution du pays, l’Assemblée nationale, soient logés à la mauvaise enseigne et que ceux de la Présidence et le gouvernement soient gâtés. La Présidence doit avoir acquis ces avantages pendant le temps où elle a géré seule les finances du pays tandis que le gouvernement, qui gère le pays au quotidien, n’a pas d’autre choix que de mieux se servir», analyse un député honoraire.

Il reste convaincu que les inégalités sont frappantes alors que 780 députés provinciaux disent accuser 8 mois d’arriérés de salaires et menacent d’assigner le gouvernement en justice.

A RE(LIRE) : un impact additionnel de 16,6 milliards de CDF constaté dans la paie du personnel présidentiel au premier trimestre 2020

« Il est injuste de constater ces inégalités salariales, donc sociales. Il est surtout injuste de parler de ces salaires inéquitables quand nos électeurs, parmi lesquels les fonctionnaires de l’Etat, surtout les tout derniers, doivent se contenter de moins de 100 dollars contre 800 ou 1000 dollars pour les professeurs d’université et environ 500 dollars de prime de risque pour les médecins. Pendant ce temps, un chef de travaux chercheur à l’université touche 110 dollars de prime mensuelle sans salaire», se lamente un député, faisant comprendre qu’un élu, censé contrôler un ministre, ne peut pas être mal loti en termes de traitement mensuel. 

Ce député Lamuka s’inquiète surtout que tous ces problèmes sensibles créent un gros malaise et se traitent aujourd’hui dans la rue.

Pas du tout de cet avis, l’élu du peuple Gratien de St-Nicolas Iracan, élu MS-G7 de Bunia en Ituri, affirme sur Twitter qu’il n’y a pas de tabou autour du salaire du député national. 

« Cotisations du parti 500 dollars et Sesopa 250 dollars, l’élu a 3.484,7 dollars. La Présidence a dépensé près de 20 millions de dollars au premier trimestre 2020 alors que l’Assemblée nationale a utilisé 9 millions», explique-t-il, ajoutant que « chaque un élu consacre au moins 100 dollars à l’assistance de la population, proposant comme solutions la production, la lutte contre la corruption et la hausse des salaires à la Fonction publique. »

Si les écarts élevés entre, d’une part, les députés nationaux et les conseillers du président de la République et, d’autre part, entre les élus du peuple et les ministres de la République viennent empoisonner les relations entre les institutions politiques.

Cela intervient au moment où le Gouvernement envisage de réduire le train de vie des politiques dans l’espoir de contenir les effets de la crise économique et de la crise sanitaire due à la Covid-19, les inégalités salariales persistantes entre le personnel politique et le citoyen lambda sont davantage criantes et suscitent le sentiment de révolte parmi la population.

AfricaNews/ZE

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