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CIRGL : Louis Watum prêche le brisement du cycle de minerais de conflit

À Lusaka (Zambie), le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a appelé les États de la région des Grands Lacs à traduire leurs engagements en actions concrètes, afin de lutter contre les circuits illicites d’approvisionnement, d’attirer les investissements et de faire des ressources naturelles un moteur d’industrialisation.
La gouvernance minière régionale doit désormais se traduire par des résultats mesurables. C’est le message porté par le Ministre des Mines de la République démocratique du Congo (RDC), Louis Watum Kabamba, lors de la 10ᵉ Réunion des Ministres en charge des Mines de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue le lundi 12 octobre 2026 à Lusaka, en Zambie.

Également président du Comité des Ministres de la CIRGL, le Ministre Louis Watum a plaidé pour une mise en œuvre effective des engagements régionaux en matière de traçabilité, de certification et de contrôle des minerais. Ici, l’enjeu dépasse la seule conformité réglementaire : il s’agit de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, de renforcer la confiance des investisseurs et de mieux convertir les richesses minières en retombées économiques pour les pays producteurs.
Au cœur des échanges, la nécessité de rendre les mécanismes régionaux de contrôle des minerais plus crédibles et plus opérationnels.
Louis Watum Kabamba a notamment insisté sur la mise en place d’un système fiable de traçabilité, le renforcement des dispositifs de certification et l’amélioration du partage d’informations entre les États membres.
Ces instruments sont essentiels pour mieux identifier l’origine des minerais, réduire les possibilités de fraude et limiter leur circulation dans les circuits illicites. Leur efficacité dépend toutefois de la capacité des administrations nationales à coordonner leurs contrôles, à vérifier les informations disponibles et à appliquer effectivement les décisions prises au niveau régional.

Pour les économies de la région, l’enjeu est également commercial. Une chaîne d’approvisionnement transparente peut contribuer à renforcer la crédibilité des minerais issus de la région des Grands Lacs auprès des acheteurs et des investisseurs soumis à des exigences croissantes de conformité.
Toutefois, l’adoption de normes communes ne suffira pas à elle seule. La mise en œuvre exige des moyens techniques, des systèmes d’information interconnectés et des mécanismes de contrôle capables de fonctionner au-delà des frontières nationales.
Transformer localement pour capter davantage de valeur
Au-delà de la lutte contre les circuits illicites, le ministre congolais a placé la transformation locale au centre des priorités régionales. L’objectif consiste à dépasser un modèle économique essentiellement fondé sur l’extraction et l’exportation des matières premières, pour développer des activités industrielles génératrices de valeur ajoutée.
La transformation des ressources minières sur place peut favoriser l’émergence de nouvelles unités de production, stimuler les investissements, créer des emplois et élargir les opportunités offertes aux entreprises locales. Elle peut également contribuer à diversifier les économies de la région, à condition d’être soutenue par des infrastructures adaptées, une énergie fiable, des compétences techniques et un environnement des affaires prévisible.
Cette ambition suppose néanmoins une coopération économique plus étroite entre les États membres. Le développement de chaînes de valeur régionales pourrait permettre de mutualiser certaines capacités industrielles, de faciliter les échanges et de mieux répartir les bénéfices économiques liés aux ressources naturelles.
Pour la RDC, dont le secteur minier occupe une place stratégique dans l’économie, cette orientation pose une question centrale : comment faire en sorte que l’exploitation des ressources naturelles produise davantage de richesses sur le territoire national, au-delà des revenus tirés de leur extraction ?
Faire des ressources naturelles un facteur de stabilité
La question économique reste étroitement liée aux défis sécuritaires de la région des Grands Lacs.
Louis Watum Kabamba a rappelé que les ressources naturelles ne devraient pas alimenter les conflits et l’insécurité, mais constituer un levier de développement durable et de prospérité partagée.
La lutte contre les circuits illicites d’approvisionnement représente, dans cette perspective, un enjeu à la fois économique et politique. Des mécanismes de contrôle plus efficaces peuvent contribuer à limiter les flux commerciaux échappant aux circuits légaux et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources minières.
Cependant, la concrétisation de cette ambition dépendra de la coopération effective des États, de la capacité à appliquer les règles communes et de la volonté de s’attaquer aux pratiques qui entretiennent l’opacité des chaînes d’approvisionnement.
La réunion de Lusaka devra ainsi contribuer à rapprocher les engagements politiques des mécanismes opérationnels nécessaires à une gouvernance minière plus rigoureuse.
Cette démarche s’inscrit dans la vision défendue par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors du sommet de la CIRGL organisé à Kinshasa le 15 décembre 2025. Elle repose sur une ambition : renforcer la coopération régionale pour faire de la gestion responsable des ressources naturelles un facteur de développement et de stabilité.
Les travaux de Lusaka, poursuivis à huis clos après la cérémonie d’ouverture, ont porté notamment sur la traçabilité, la certification des minerais, la lutte contre les circuits illicites et la coordination entre les États membres.

Pour le secteur économique, l’enjeu sera désormais d’évaluer la portée concrète des conclusions de ces assises. Les avancées attendues devront se mesurer à travers l’amélioration des contrôles, la fiabilité des systèmes de certification, la réduction des flux illicites et, surtout, la capacité des pays de la région à attirer des investissements productifs et à développer des activités de transformation locale.
La réussite de cette stratégie ne dépendra donc pas uniquement de la multiplication des engagements régionaux, mais de leur traduction en résultats économiques tangibles.
Pour les pays des Grands Lacs, la véritable valeur des ressources minières réside autant dans leur exploitation que dans la capacité à créer des emplois, à développer l’industrie et à soutenir durablement la croissance.
Olivier KAFORO







