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Economie

RDC : Trafigura pousse ses pions dans la logistique et la transformation des minerais

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Trafigura cherche à renforcer son positionnement en République démocratique du Congo sur plusieurs maillons de la chaîne minière.

Reçu, le mardi 11 août 2026 par le Vice-Premier Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, son représentant-pays, Hervé François Otschudi Omanga, a échangé sur les investissements, l’énergie, la logistique, les capacités de stockage et la transformation locale.

Le poids financier du groupe donne une idée de sa capacité d’intervention. Sur les six premiers mois de son exercice 2026, à l’échelle Mondiale, Trafigura a réalisé 141,9 milliards USD de chiffre d’affaires, contre 119,1 milliards un an plus tôt. Son EBITDA sous-jacent a atteint 7,9 milliards USD, tandis que son bénéfice net s’est établi à 4,1 milliards USD.

En République Démocratique du Congo, le négociant est déjà présent dans la commercialisation et l’acheminement des minerais. Il travaille notamment avec l’Entreprise générale du cobalt et figure parmi les acheteurs de la production de cuivre de Kamoa-Kakula.

En février 2026, Trafigura a également utilisé son port sec de Kolwezi pour acheminer des anodes de cuivre vers le corridor de Lobito.

Le complexe de Kamoa-Kakula dispose désormais d’une fonderie capable de produire jusqu’à 500.000 tonnes d’anodes de cuivre par an une fois sa montée en puissance achevée.

C’est surtout dans la logistique régionale que Trafigura occupe une position structurante. Avec Mota-Engil et Vecturis, le groupe est actionnaire du Lobito Atlantic Railway, qui relie le port angolais de Lobito à la frontière congolaise sur 1.300 km, puis à Kolwezi sur environ 450 km via le réseau de la SNCC. Le trajet terrestre entre Kolwezi et Lobito est ramené à environ sept jours.

Le projet a obtenu 753 millions USD de financement pour moderniser les voies, la signalisation, les ateliers et le matériel roulant.

Les retombées attendues pour la RDC se situent d’abord dans la réduction des coûts et des délais logistiques.

La Banque mondiale estime que l’amélioration du corridor de Lobito peut renforcer la compétitivité commerciale, attirer des investissements dans la logistique, l’industrie et les services, tout en favorisant la création d’emplois et les échanges régionaux.

En 2025, le Lobito Atlantic Railway a déjà transporté plus de 200.000 tonnes de marchandises ; 30.000 tonnes supplémentaires ont été acheminées durant le seul mois de janvier 2026.

La transformation locale pourrait produire un second effet économique. En mai, Trafigura, EGC et EVelution Energy ont convenu d’étudier le développement de capacités de raffinage du cobalt en RDC, avec des programmes de formation technique et une possibilité de participation d’EGC dans certaines infrastructures. Une telle évolution permettrait de conserver davantage de valeur sur le territoire congolais, de soutenir des emplois industriels et d’élargir la base des fournisseurs locaux.

Les discussions avec le Gouvernement restent toutefois à concrétiser. Aucun montant correspondant à de nouveaux investissements en RDC n’a été annoncé mardi.

Cependant, le signal envoyé est néanmoins plus large : Kinshasa cherche désormais à faire de ses minerais un point d’entrée vers le rail, l’énergie, le stockage et la transformation industrielle, plutôt que de limiter la chaîne de valeur à l’exportation du produit minier brut.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV