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Corridor de Lobito : la RDC veut transformer le rail minier en moteur d’industrialisation

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La République démocratique du Congo veut franchir un cap dans l’exploitation du potentiel du Corridor de Lobito.

À New York, en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu une vision élargie de cette infrastructure stratégique : faire du corridor non plus un simple axe d’évacuation des minerais, mais un véritable corridor économique et industriel.

Le Ministre s’est exprimé récemment au forum « Financing Africa’s Future », organisé par Invest Africa, consacré au financement des corridors stratégiques africains, avec un accent particulier sur le Corridor de Lobito. Il intervenait aux côtés de représentants de l’Africa Finance Corporation (AFC), de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) et de TechMet.

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse désormais la seule question logistique. Les infrastructures doivent servir de catalyseur à l’exploration minière, au développement de nouveaux projets, à la transformation locale des minerais, à l’investissement énergétique, à la fabrication et surtout à la création d’emplois.

« Pour la RDC, le chemin de fer est l’épine dorsale, mais l’industrialisation est l’objectif », a résumé Louis Watum Kabamba.

Du transport des minerais aux chaînes de valeur

Cette approche place le Corridor de Lobito au cœur de la stratégie congolaise de transformation économique.

La RDC entend notamment développer autour de cet axe des chaînes de valeur liées au cuivre et au cobalt, mais aussi aux équipements électriques, à l’ingénierie, à la maintenance et aux services industriels.

Le Gouvernement veut également accroître la participation des PME congolaises et des entreprises de sous-traitance aux opportunités générées par les investissements le long du corridor.

L’agriculture figure aussi parmi les secteurs appelés à bénéficier de cette dynamique. L’amélioration des infrastructures de transport doit, à terme, faciliter la circulation des biens, rapprocher les producteurs des marchés et favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques le long de l’axe.

Dilolo–Sakania, un maillon stratégique

Dans cette architecture, Louis Watum Kabamba a particulièrement insisté sur l’importance de la liaison ferroviaire Dilolo–Sakania, longue de plus de 1.000 kilomètres.

Cette infrastructure doit contribuer à renforcer la connexion entre les principaux bassins miniers du Lualaba et du Haut-Katanga et le réseau ferroviaire permettant l’accès au port de Lobito, en Angola.

Pour la RDC, le développement de cette liaison constitue donc un enjeu à la fois minier, logistique et industriel. Il s’agit de rapprocher les zones de production des infrastructures d’exportation tout en créant les conditions nécessaires à l’installation d’activités de transformation et de services.

Un modèle de financement à plusieurs acteurs

Au forum de New York, le Ministre des Mines a également plaidé pour une approche intégrée du financement des infrastructures. Celle-ci devrait associer les États, les institutions financières de développement, les investisseurs privés et les partenaires stratégiques.

L’objectif consiste à permettre à chaque catégorie d’acteurs de prendre en charge les risques qu’elle est la mieux placée à gérer, afin de rendre les projets plus bancables et de mobiliser davantage de capitaux privés.

Dans cette perspective, le Corridor de Lobito est présenté comme un modèle d’architecture économique intégrée, réunissant ressources minières, infrastructures, capitaux et marchés autour d’un même système d’investissement.

Un corridor au service de la transformation économique

Pour Kinshasa, la véritable valeur stratégique du Corridor de Lobito ne réside donc pas uniquement dans l’acheminement des minerais congolais vers les marchés internationaux.

L’ambition affichée est d’en faire un levier d’intégration régionale et d’industrialisation, capable de connecter les ressources minières à l’énergie, aux infrastructures, aux marchés et aux capitaux, tout en favorisant la création d’emplois et le développement des entreprises locales.
Cette orientation s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et mise en œuvre sous la coordination de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka.

Le message porté à New York par le Ministre des Mines est ainsi clair : pour la RDC, le Corridor de Lobito ne doit pas seulement permettre de sortir plus rapidement les minerais du pays. Il doit surtout contribuer à créer les conditions pour transformer davantage de richesses sur le territoire congolais.

Olivier KAFORO

ZoomEco TV