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Fiscalité numérique en RDC : Christian Kazumba soutient l’élargissement de l’assiette fiscale

La controverse autour de la fiscalité numérique en République démocratique du Congo remet au centre du débat une question essentielle : comment accroître les recettes publiques sans faire peser toujours plus de charges sur les entreprises et contribuables déjà identifiés par l’administration ?
Dans une interview accordée à Zoom-eco.net, Christian Kazumba, expert en développement du secteur privé en Afrique subsaharienne, estime que la RDC devrait surtout travailler à élargir progressivement son assiette fiscale, au lieu de concentrer l’effort sur le secteur formel.

Son analyse intervient après la contestation provoquée par l’arrêté du 20 juillet 2026 sur les droits, taxes et redevances applicables aux activités numériques.
La mesure, suspendue le 1er août 2026, prévoyait notamment des montants pouvant atteindre 100.000 USD pour certaines catégories de services numériques.
Pour Christian Kazumba, la volonté de l’État de mobiliser davantage de recettes est compréhensible. Le problème se situe davantage dans la méthode.
Face à des besoins budgétaires urgents, il est souvent plus facile de créer une nouvelle taxe ou d’augmenter un prélèvement déjà existant que d’identifier progressivement de nouveaux contribuables dans une économie encore largement informelle.
« Pour optimiser durablement les recettes, nos administrations devraient privilégier l’équité horizontale », soutient-il.
Cette notion renvoie à une idée simple : au lieu de demander toujours davantage aux mêmes entreprises, l’administration fiscale devrait chercher à faire entrer progressivement un plus grand nombre d’acteurs économiques dans le système.
Christian Kazumba cite à ce sujet deux expériences africaines. En Afrique du Sud, le projet de relever la TVA de 15 à 15,5 % en 2025 montrait, selon lui, la facilité qu’il peut y avoir à solliciter davantage une base fiscale déjà organisée. En Côte d’Ivoire, l’approche a été différente avec l’identification des producteurs de café-cacao et la prise en charge de leur couverture maladie, avant une intégration plus poussée dans les circuits formels.
Pour l’expert, ces exemples montrent que la fiscalité ne se résume pas au niveau des taxes. Elle repose aussi sur la capacité de l’État à identifier les opérateurs, à les accompagner et à construire une relation durable avec eux.
En RDC, le défi de l’élargissement de l’assiette
Cette question est particulièrement importante en RDC, où une grande partie des activités économiques reste en dehors du système fiscal formel.
Christian Kazumba estime que l’État dispose encore d’une importante marge de progression en matière de mobilisation des recettes, sans nécessairement augmenter la pression sur les entreprises déjà enregistrées. Cela passe notamment par une meilleure identification des opérateurs, des procédures de formalisation plus simples et des mécanismes capables d’encourager les petits acteurs à entrer volontairement dans le circuit officiel.
Dans le secteur numérique, l’équilibre est encore plus délicat. La RDC veut développer les startups, soutenir l’innovation et faire émerger de nouvelles entreprises technologiques.
Dans le même temps, l’État cherche à accroître ses recettes.
Une fiscalité trop lourde peut donc ralentir la croissance de jeunes entreprises qui ne disposent pas encore d’une grande capacité financière.
Pour Christian Kazumba, la priorité devrait être de construire une base fiscale plus large, capable d’intégrer progressivement de nouveaux contribuables.
« La véritable réforme fiscale se construit en remplaçant la coercition par un pacte de confiance inclusif », résume-t-il.

Pour la RDC, l’idée est donc de mobiliser davantage de recettes en augmentant le nombre de contribuables, plutôt qu’en faisant reposer l’essentiel de l’effort sur les acteurs économiques déjà formalisés.
Flory MUSISWA
























