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Journée de Mémoire de Bunagana à Uvira : Patrick Muyaya évoque un moment de vérité et de solidarité

La Journée de Mémoire de Bunagana à Uvira, organisée ce mardi 27 janvier 2026, a été marquée par un appel fort du Ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, à refuser l’oubli et la banalisation de la guerre qui continue de ravager l’Est de la République Démocratique du Congo.
Devant les membres du Gouvernement, les parlementaires, les acteurs de la société civile et de nombreux citoyens, le porte-parole du Gouvernement a salué le leadership de la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, qu’il a qualifié de constant et déterminé depuis la résurgence de la guerre à l’Est du pays.
« Madame la Première Ministre, votre présence ici illustre ce leadership que vous portez depuis le début de cette épreuve. Vous avez fait le choix clair de refuser la banalisation de la guerre et le silence autour de la souffrance de nos populations. », a déclaré Patrick Muyaya.
Le Ministre a insisté sur le caractère non symbolique de cette Journée de Mémoire, soulignant qu’elle constitue un acte de responsabilité nationale.
Selon lui, se souvenir est une obligation morale et politique, car ce qui se joue à Bunagana et dans d’autres territoires affectés concerne l’intégrité territoriale, la dignité et l’avenir de toute la République.
La cérémonie s’est articulée autour de trois temps forts, une exposition photographique retraçant les horreurs de la guerre, des panels thématiques sur la réponse gouvernementale et un moment de recueillement en hommage aux victimes.
L’exposition photographique, a expliqué Patrick Muyaya, vise à montrer sans détour la réalité du conflit, non pour choquer, mais pour empêcher toute tentative de négation ou de falsification des faits.
« Voir, c’est reconnaître. Et reconnaître, c’est refuser l’impunité », a-t-il martelé.
Au plan humanitaire, Patrick Muyaya a rappelé que « la guerre ne se mesure pas seulement en positions militaires, mais avant tout en vies humaines brisées, populations déplacées, femmes et enfants exposés aux violences, familles disloquées et communautés déracinées ».
« Nous dénonçons les violations répétées du droit international humanitaire, notamment le non-respect de la protection des civils, tout en soulignant la nécessité de préserver la dignité des personnes déplacées vivant dans des conditions précaires, souvent loin de leurs terres et de leurs moyens de subsistance », a-t-il indiqué.
Pour le Gouvernement de la RDC, il ne peut y avoir de paix durable sans justice, sans reconnaissance des victimes et sans lutte résolue contre l’impunité.
Sur le plan économique, le Ministre de la Communication et des Médias a dénoncé une guerre de prédation fondée sur le pillage systématique des ressources naturelles de la RDC, en particulier des minerais stratégiques, intégrés dans des circuits illicites soutenus par le Rwanda.
« Ce pillage n’est pas une conséquence collatérale du conflit, il en est l’un des moteurs », a-t-il affirmé, évoquant également la destruction de l’économie locale et la confiscation des libertés, illustrée notamment par le musellement de certaines entreprises de télécommunications.
Abordant les questions de paix et de sécurité, Patrick Muyaya a mis en avant les efforts du Gouvernement dans les processus de médiation, les mécanismes régionaux et internationaux, ainsi que le rôle de la MONUSCO, en vue de mettre fin aux hostilités et de restaurer une stabilité durable dans l’Est du pays. Il a conclu en soulignant que cette Journée de Mémoire constitue la première étape d’un processus appelé à s’inscrire dans la durée, favorisant le dialogue entre les institutions, la société civile, les victimes, les intellectuels et les citoyens engagés.
« La défense de la patrie ne mobilise pas seulement le Président de la République et le Gouvernement, elle engage toute la communauté nationale », a-t-il rappelé, s’inscrivant dans la logique de la campagne nationale de mobilisation citoyenne.
La Journée de Mémoire de Bunagana à Uvira s’impose ainsi comme un moment de vérité, de solidarité et de réaffirmation de l’engagement de l’État congolais à défendre sa souveraineté, honorer ses victimes et construire une paix fondée sur la justice et la dignité.
AGNES KAYEMBE







