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L’OCS a 25 ans. L’Afrique y est venue à deux

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À Bichkek, ce 1er septembre, le président chinois Xi Jinping a pris part à la 26e réunion du Conseil des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai, où il a prononcé une allocution intitulée « Œuvrons pour un développement de meilleure qualité de l’OCS », avant de rejoindre le format « OCS+ ». L’organisation fêtait ses 25 ans.

Créée à Shanghai en juin 2001, elle comptait 6 États fondateurs. Elle en réunit aujourd’hui 10 membres, 2 observateurs et 15 partenaires de dialogue : 27 États sur 3 continents, plus de 40 % de l’humanité.

Elle s’est dotée d’un secrétariat à Beijing, d’une structure antiterroriste à Tachkent, d’un consortium interbancaire, d’un conseil des chefs d’entreprise. Son objet : la confiance entre voisins, la coopération concrète, la sécurité régionale, ainsi que l’ambition affichée d’un ordre international plus représentatif.

Ces 10 membres ne partagent ni le même régime, ni tout à fait la même histoire. Et pourtant, l’organisation tient depuis 25 ans et continue de s’agrandir. Comment l’expliquer ?

Xi Jinping a donné sa réponse. L’OCS est née, a-t-il rappelé, des leçons de la guerre froide et de la menace bien réelle des « trois forces », terrorisme, séparatisme, extrémisme. C’est sur ces menaces que les membres se sont trouvés d’accord en premier, et c’est ce socle qui porte le reste.

À cela s’ajoute une règle de conduite que le président chinois a résumée en trois refus : non-alliance, non-confrontation, non-hostilité envers les tierces parties.

L’OCS ne prétend pas régler les différends qui traversent ses membres, elle refuse qu’ils paralysent l’ensemble. Ce faisant, elle met en cause un principe longtemps présenté comme incontournable : celui selon lequel il faudrait se ressembler pour coopérer.

Xi Jinping l’a dit autrement en appelant à « prendre pleinement en compte » les différences d’histoire, de culture, de système social et de stade de développement.

Les résultats sont mesurables. En 25 ans, le commerce de ces 10 pays a été multiplié par dix, quand le commerce mondial ne l’était que par quatre.

Plusieurs d’entre eux ont changé de catégorie de revenu, passant de faible revenu à revenu intermédiaire. Le Kirghizstan, hôte du sommet, a enregistré 11 % de croissance l’an dernier.

La Chine ne s’est pas contentée du bilan. Elle a mis des chiffres sur la table.

Quatre propositions, dans un ordre qui n’est pas anodin : le développement d’abord, la sécurité ensuite, puis les peuples, puis la gouvernance.

Sur le développement, Beijing annonce un centre international de coopération sur l’application de l’intelligence artificielle, un centre d’économie portuaire Chine-OCS à Tianjin et 100 projets de coopération technologique en trois ans.

Sur la sécurité, le soutien à la mise en service rapide des quatre centres de l’OCS, dont le centre universel contre les menaces sécuritaires et le centre antidrogue, tous deux dotés de leur règlement à Bichkek.

Sur les peuples, un centre de coopération sur l’éducation de base, et la poursuite des Instituts Confucius et des Ateliers Luban.

Sur la gouvernance, une phrase à retenir : l’égalité de tous les pays, « grands ou petits », et la porte ouverte à « plus de pays aux mêmes idéaux ».

Les dirigeants ont signé la Déclaration de Bichkek, amendé la Charte de l’organisation et adopté 28 documents. Le Pakistan prend la présidence.

Ce que vise l’OCS, faire circuler les marchandises avant d’avoir accordé les politiques, c’est exactement ce que vise l’Afrique avec sa zone de libre-échange continentale.

Et le continent n’est plus spectateur.

L’Égypte, partenaire de dialogue, était à Bichkek. Le Togo y était aussi pour la première fois, représenté par son président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Non pas comme partenaire, mais comme invité.

Les Ateliers Luban, ces centres de formation professionnelle que la Chine implante avec des établissements locaux, le président chinois Xi Jinping les a cités à Bichkek.

L’Afrique les connaît déjà : Djibouti, Afrique du Sud, Côte d’Ivoire, Ghana. Dix de plus promis au continent en 2024, dix promis aux pays de l’OCS en 2025.

Le monde ne se joue plus en un seul endroit. Et cette fois, l’Afrique n’y est pas venue seule.

Shanhui ZHANG
Présentatrice et commentatrice
CGTN Français

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