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Lubumbashi : Les impacts des activités minières sur la forêt de Miombo en discussions

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Un atelier sur la gouvernance des ressources forestières et la conservation dans le Grand Katanga face aux pressions minières et énergétiques se tient depuis le lundi 16 février 2026 à Lubumbashi.

Pour la plateforme Corap, organisatrice de ces assises, l’objectif est non seulement d’alerter sur les impacts des activités minières sur la forêt de Miombo mais surtout de prendre de mesures adéquates pour atténuer ce danger qui guette l’espace Grand Katanga et menace déjà le parc de Upemba.

Du 16 au 19 février 2026, acteurs de la société civile, entreprises minières, ceux de la conservation de la nature, autorités du secteur minier et environnemental passent en revue tout ce qui tend à déranger l’écosystème de la forêt de Miombo. Au final, des solutions devraient être trouvées et mises en place afin de préserver cette forêt, vitale au fleuve Congo et à l’environnement du Grand Katanga.

Forêt de Miombo

Miombo est une forêt claire couvrant le Sud-Est de la République Démocratique du Cong. Cruciale pour la biodiversité et le climat, malheureusement elle est cependant fortement dégradée par l’exploitation minière, le charbon de bois (makala) et l’agriculture.

Couvrant jadis plus de 80% du Sud-Est du Katanga, elle est désormais fragmentée. Cette forêt sèche est dominée par des arbres de type Brachystegia. Elle est essentielle pour le piégeage du carbone, la régulation du cycle de l’eau et la fertilité des sols.

Le Miombo du Katanga subit une déforestation importante, notamment autour de Lubumbashi, avec des milliers de km² perdus, augmentant les émissions de CO2 et menaçant la biodiversité (éléphants, antilopes, rongeurs). A la base de cette dégradation, l’expansion des activités minières, la production de charbon de bois due à la forte demande urbaine et la croissance démographique sont les principaux moteurs de sa destruction.

Impacts et pression des entreprises minières

Les activités minières au Katanga exercent de lourdes pressions environnementales, caractérisées par la pollution de l’eau (acide sulfurique), de l’air et des sols, la déforestation, et la dégradation des paysages. Ces impacts dévastateurs affectent la biodiversité et la santé des populations locales, exposées à des taux élevés de métaux lourds. Elles causent aussi de la pollution des eaux et sols en ce que le traitement des minerais génère des déchets toxiques et des drainages miniers acides qui contaminent les cours d’eau et rendent l’eau des puits impropre à la consommation. Conséquence :
contamination atmosphérique avec les rejets des usines qui polluent l’air et impactent la végétation environnante.

C’est ainsi qu’il est observé la dégradation des paysages, la déforestation et la menace sur la biodiversité entraînant des changements climatiques.

Impacts sur la santé et la société

Certaines études révèlent des taux anormalement élevés de métaux lourds (chrome, cadmium, cobalt, cuivre) dans l’organisme des habitants, causant des problèmes de santé et la dégradation de l’environnement affectant ainsi l’agriculture et l’élevage.

En somme, la prédominance des intérêts économiques à court terme entrave souvent une gestion durable et la protection des écosystèmes au Katanga.

Cohabitation entre droit minier, foncier, environnemental

Les participants ont également évoqué la cohabitation difficile entre le droit minier, foncier et environnemental dans le Katanga. Une cohabitation marquée par des conflits normatifs et une prédominance du droit minier sur les autres, malgré des textes se voulant complémentaires.

En effet, l’exploitation minière industrielle prime souvent sur le droit foncier coutumier, générant des déplacements et des pollutions environnementales.

Bien que le Code minier révisé impose des études d’impact environnemental, les activités minières industrielles dans le Grand Katanga entrent souvent en conflit avec l’agriculture et l’occupation des terres par les communautés locales. Les entreprises minières opèrent souvent sans respecter les normes environnementales, causant une pollution importante.

Quant au droit foncier, régi par des règles parfois coutumières, il reste fragilisé. Les ayants droit fonciers sont souvent expropriés sans relocalisation adéquate, la loi se concentrant davantage sur l’indemnisation que sur la relocalisation.
Il existe donc une dualité persistante entre la loi minière, le code foncier et le droit de l’environnement, créant des vides juridiques ou des contradictions.

L’activité minière entraîne la dégradation des paysages et la pollution de l’eau et des sols, affectant les communautés locales.

La nécessité d’une cartographie minière et d’une gestion intégrée est régulièrement soulignée pour équilibrer ces droits.
Une meilleure application du principe « pollueur-payeur » et le respect du droit à un environnement sain sont cruciaux pour une gestion durable dans cette région.

Acculées, les entreprises minières présentes à cet atelier ont brandi les taxes qu’elles payent en compensation à cette pression exercée par leurs activités. Le fond Forestier national, censé percevoir et gérer ces taxes, indexe les ONG à qui sont remises des subventions censées être affectées au reboisement pour préserver l’écosystème.

La première journée a permis à toutes les parties prenantes d’eventrer le boa dans tous les sens.

Ce mardi 17 février 2026, les travaux seront consacrés au renforcement de la gouvernance forestière et la conservation dans le Grand Katanga.

Nadine FULA

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