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RDC : Alesh conteste les propos d’Azarias Ruberwa et revient sur son passé politique

L’artiste musicien congolais Alain Chirwisa, alias Alesh, a réagi aux propos tenus récemment aux États-Unis par l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, concernant notamment la situation des populations swahiliphones en République Démocratique du Congo.
Dans une longue mise au point publiée sur les réseaux sociaux, l’artiste engagé remet en question la présentation d’Azarias Ruberwa comme un « acteur impartial » de la paix.
Alesh affirme que le parcours politique et militaire de l’ancien dirigeant du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma) doit, selon lui, être pris en compte dans l’appréciation de ses prises de position actuelles.
L’artiste revient notamment sur le rôle joué par Ruberwa au sein du RCD-Goma, mouvement rebelle soutenu par le Rwanda durant la deuxième guerre du Congo. Il rappelle qu’Azarias Ruberwa en a été Secrétaire Général entre 2000 et 2003.
Alesh évoque ensuite les événements de Kisangani de mai 2002, au cours desquels les forces du RCD-Goma avaient réprimé une mutinerie.
S’appuyant sur des rapports d’organisations internationales, il affirme que ces violences avaient fait de nombreuses victimes civiles et avaient été accompagnées d’exécutions sommaires, de viols et de pillages.
« Certains de mes amis avaient été éventrés à la baïonnette », affirme l’artiste, qui dit avoir été personnellement marqué par les violences commises à Kisangani.
Dans sa mise au point, Alesh cite également l’ancien chef rebelle Laurent Nkunda, alors officier du RCD-Goma. Il établit un lien historique entre le RCD-Goma, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et, par la suite, le M23, tout en précisant qu’Azarias Ruberwa « n’a pas créé le M23 ».
L’artiste estime néanmoins que l’ancien dirigeant du RCD-Goma doit s’expliquer publiquement sur l’héritage politique et militaire de cette période.
Alesh s’intéresse également aux déclarations récentes d’Azarias Ruberwa concernant les discriminations dont seraient victimes les populations s’exprimant en swahili en RDC.
Il rappelle que le swahili figure parmi les quatre langues nationales reconnues par la Constitution congolaise et estime que les éventuels actes individuels de discrimination ou de stigmatisation ne peuvent être assimilés à une politique officielle de l’État congolais.
« Une dérive combattue par l’Église, la société civile et la loi n’est pas une politique d’État », soutient-il.
Pour l’artiste, la question devient particulièrement sensible dans le contexte actuel de conflit dans l’Est de la RDC. Il considère que le récit d’une persécution systématique d’une communauté sur la base de son origine ethnique ou de sa langue est également mobilisé par l’AFC/M23 pour justifier son action armée.
Alesh revient par ailleurs sur la question de Minembwe. Il rappelle qu’Azarias Ruberwa, alors Ministre, avait participé en 2020 à une cérémonie liée à l’installation de la commune rurale de Minembwe, décision qui avait suscité une vive controverse en RDC. Ruberwa avait par la suite contesté avoir procédé à l’installation du bourgmestre.
L’artiste mentionne également les prises de position récentes de l’ancien vice-président en faveur de la protection des civils de Minembwe, estimant que la défense des populations civiles doit, selon lui, s’appliquer à toutes les victimes des violences dans l’Est du pays.
En conclusion, Alesh appelle à placer la vérité et la justice au centre de la recherche de la paix en RDC. Il cite notamment le rapport Mapping des Nations Unies, consacré aux violations graves des droits de l’homme commises en RDC entre 1993 et 2003.
« La paix en RDC passera par la vérité et la justice », affirme l’artiste, qui conclut sa publication en contestant la présentation d’Azarias Ruberwa comme un acteur de paix dépourvu d’agenda politique.
Cette sortie intervient alors que les débats sur les responsabilités historiques, les violences dans l’Est de la RDC et les récits concurrents autour des tensions communautaires restent particulièrement sensibles dans le contexte de la reprise du conflit impliquant le M23.
AGNES KAYEMBE







