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RDC : Chengtun Congo Resources menace de poursuivre Africa Intelligence après des accusations liées au secteur minier

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En République démocratique du Congo (RDC), la filiale congolaise du groupe chinois Chengtun Mining Group conteste les informations publiées par Africa Intelligence au sujet d’activités minières dans le Lualaba. Elle exige des excuses publiques, la publication intégrale de son droit de réponse et la communication des preuves étayant les accusations, sous peine de poursuites judiciaires.

Chengtun Congo Resources (CCR) engage ainsi un bras de fer avec Africa Intelligence.

L’entreprise minière, filiale du groupe chinois Chengtun Mining Group, rejette les accusations formulées dans un article du média d’investigation intitulé « Face au pillage de masse, Félix Tshisekedi dépêche une mission sur le site d’ERG à Metalkol ».

Lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 22 octobre 2026, son avocat-conseil, Me Guy Mafuta Kabongo, a dénoncé des allégations que la société juge infondées. CCR reproche notamment au média de ne pas l’avoir sollicitée avant la publication de l’article et conteste les informations mettant en cause ses activités ainsi que Wu Yicong, directeur général Afrique du groupe.

Au-delà de la controverse médiatique, cette affaire soulève des questions relatives à la traçabilité des flux commerciaux dans la filière minière congolaise, aux relations entre opérateurs économiques et aux exigences de transparence dans un secteur stratégique pour l’économie de la République démocratique du Congo.

Des accusations contestées sur les activités minières dans le Lualaba

Le premier point de désaccord réside dans la présence présumée de Wu Yicong en RDC au moment d’une mission attribuée au Conseil national de sécurité (CNS) sur le site de Metalkol, dans le Lualaba. A ce sujet, CCR affirme que son dirigeant ne se trouvait pas sur le territoire congolais à cette période.

L’entreprise demande à Africa Intelligence de produire les documents officiels sur lesquels repose cette information.

Sur le commerce des minerais, la société défend ses procédures de conformité. Elle affirme vérifier les documents présentés par les négociants et exiger les justificatifs attestant du paiement des taxes applicables. Ces déclarations visent à réfuter les accusations mettant en cause ses pratiques commerciales et la régularité de ses opérations.

CCR nie également toute relation commerciale ou financière avec la coopérative Hosanna, tout lien substantiel avec Luilu Ressources ainsi que tout financement lié à la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini.

L’entreprise conteste par ailleurs les allégations faisant état de coups de feu sur les sites concernés. Elle soutient que ses agents de sécurité ne sont pas armés et qu’elle ne fait pas appel à des militaires pour assurer la protection de ses installations.

À ce stade, ces éléments correspondent à la version présentée par CCR, qui réclame des preuves à l’appui des informations publiées.

Le dossier GICC au centre du différend

Les relations historiques entre les entreprises minières constituent un autre volet de la contestation. CCR réfute notamment les accusations selon lesquelles des dividendes auraient contribué au financement du clan Kabila. Pour étayer sa position, la société revient sur deux opérations capitalistiques. Elle indique que Chengtun a acquis Nzuri Copper Limited en mars 2020, avant de racheter, en avril 2021, les 10 % de participation détenus par GICC dans Kalongwe Mining.

Selon CCR, Kalongwe Mining n’a démarré sa production qu’en 2023. D’éventuels dividendes n’auraient donc pu être distribués qu’à partir de 2024, soit après la fin des relations commerciales entre Chengtun et GICC, selon la chronologie avancée par l’entreprise. Cet argument constitue un élément central de sa défense. Il vise à contester l’existence d’un lien financier entre les activités minières concernées et les bénéficiaires présumés des fonds évoqués dans les accusations.

La vérification indépendante des opérations financières et de la chronologie des relations entre les différentes sociétés demeure toutefois nécessaire pour établir les faits.

Un ultimatum de 48 heures avant d’éventuelles poursuites

Face aux accusations qu’elle juge préjudiciables, Chengtun Congo Resources formule trois exigences à l’égard d’Africa Intelligence.

L’entreprise demande au média de présenter des excuses publiques, de publier intégralement son droit de réponse dans un délai de 48 heures et de communiquer les éléments probants sur lesquels reposent les allégations contestées.

À défaut d’une réponse jugée satisfaisante, CCR affirme être prête à saisir les juridictions compétentes.

Cette confrontation intervient dans un contexte où la transparence des opérations, la traçabilité des minerais et la gouvernance des entreprises constituent des enjeux majeurs pour le secteur minier congolais.

Pour les opérateurs, les controverses portant sur les pratiques commerciales, les flux financiers ou les relations avec des acteurs publics peuvent également avoir des conséquences sur la réputation et les relations avec les partenaires économiques.

L’issue de ce différend dépendra notamment de la capacité des parties à étayer leurs affirmations et à répondre aux contestations formulées.

Les déclarations de CCR ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’inexactitude des informations publiées par Africa Intelligence.

De son côté, le média est directement mis au défi de justifier les éléments ayant fondé son enquête.

À ce stade, la controverse oppose donc deux enjeux : le droit d’un média à publier des informations d’intérêt public et celui d’une entreprise de contester des accusations qu’elle estime dommageables. Une éventuelle procédure judiciaire pourrait permettre d’examiner les éléments factuels et documentaires au cœur de ce dossier.

Olivier KAFORO

ZoomEco TV