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RDC : le FPI fixe cinq critères pour financer les projets industriels des membres de la FEC

Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) veut rendre ses mécanismes de financement plus clairs et améliorer la prévisibilité du traitement des dossiers soumis par les entreprises. Son Directeur général, Hervé Claude Ntumba Batukonke, l’a fait savoir le lundi 10 août à Kinshasa, lors d’une rencontre avec près de 150 opérateurs économiques membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).
Organisée sous le thème « FEC-FPI : bâtir un partenariat stratégique au service de la République démocratique du Congo », la rencontre a permis au FPI de préciser les principaux critères pris en compte dans l’examen des demandes de financement industriel.
Selon Hervé Claude Ntumba Batukonke, l’accès au financement ne dépend pas uniquement de la pertinence d’une idée ou d’une opportunité d’affaires. Les entreprises doivent présenter des projets suffisamment structurés et démontrer leur capacité à les mener à terme. Ainsi, le FPI met un accent particulier sur cinq exigences : un projet bien documenté, l’existence d’un marché clairement identifié, des choix techniques cohérents, une gouvernance transparente et une capacité de remboursement démontrée.
« Un financement industriel ne repose pas uniquement sur une bonne idée. Il exige un projet documenté, un marché identifié, des choix techniques cohérents, une gouvernance claire et une capacité de remboursement démontrée », a déclaré le Directeur général du FPI.
Le FPI veut accompagner les entreprises en amont
Au-delà du financement proprement dit, le FPI entend renforcer son accompagnement des entreprises dans la préparation et la structuration de leurs projets. L’objectif est de favoriser l’émergence de dossiers suffisamment solides pour répondre aux exigences du financement industriel.
« De son côté, le FPI va continuer à améliorer la lisibilité de ses mécanismes, la qualité de son accompagnement et la prévisibilité du traitement des dossiers. Notre ambition n’est pas seulement de recevoir des demandes, mais d’aider à faire émerger davantage de projets solides et finançables. », a souligné Hervé Claude Ntumba Batukonke.
Cette approche devrait permettre à l’institution d’intervenir davantage en amont, aux côtés des porteurs de projets.
Le financement du FPI se veut ainsi complémentaire à celui des banques, des mécanismes de garantie et des investisseurs privés, afin de répondre aux besoins des entreprises à différentes étapes de leur développement.
Le partenariat envisagé repose également sur des engagements réciproques. Le FPI prévoit notamment d’améliorer son accessibilité, de renforcer la mobilisation de partenaires et de rechercher davantage de solutions de cofinancement.
Les entreprises sont appelées à présenter des projets viables, à renforcer leur gouvernance, à fournir des informations fiables et à respecter leurs obligations. Les investissements financés devront également contribuer à la transformation locale, à la création d’emplois et au développement des compétences.
La FEC devrait, pour sa part, jouer un rôle d’intermédiaire entre ses membres et le FPI. Elle aura notamment pour mission de contribuer à l’identification et à la maturation des projets industriels, de soutenir le dialogue autour des réformes, de faciliter les partenariats entre entreprises et de recenser les principaux obstacles à l’investissement.
Au cours de la rencontre, le Directeur général du FPI a également abordé la question de la Taxe de promotion de l’industrie (TPI), qui constitue l’une des principales ressources de l’institution.
Cette contribution participe au financement de projets industriels ainsi qu’au fonctionnement de plusieurs structures publiques intervenant dans le développement du secteur industriel.
Hervé Claude Ntumba Batukonke a appelé à considérer la TPI au-delà de ses aspects déclaratifs et fiscaux, en mettant davantage l’accent sur son impact économique.
« Nous souhaitons aujourd’hui parler de la TPI au-delà de la déclaration, du contrôle et de la pénalité, pour la replacer dans sa finalité : transformer une contribution en équipement, en capacité de production, en emploi et en valeur ajoutée. », a-t-il expliqué.
Le Directeur Général du FPI a néanmoins rappelé que le respect des obligations fiscales reste indispensable afin de garantir l’équité entre les entreprises assujetties.
Vers un cadre de dialogue permanent FPI-FEC
La rencontre organisée le 10 août marque une première étape dans la volonté du FPI et de la FEC d’instaurer un dialogue plus régulier. Les deux parties souhaitent notamment identifier les projets prioritaires, améliorer leur structuration et contribuer à lever les obstacles qui retardent leur financement.
Pour le Directeur général du FPI, l’efficacité de ce partenariat devra surtout être mesurée à travers ses résultats sur le terrain.
« Un partenariat stratégique ne se mesure pas au nombre de réunions organisées. Il se mesure aux projets qu’il permet de débloquer, aux investissements qu’il accélère, aux capacités de production qu’il crée et aux emplois durables qu’il génère. », a-t-il déclaré.
À travers ce rapprochement, le FPI et la FEC ambitionnent ainsi de faciliter l’accès des entreprises congolaises au financement et de stimuler des investissements capables de renforcer la production locale, de créer de la valeur ajoutée et de générer des emplois durables en République démocratique du Congo.
Olivier KAFORO


















