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Valeur ajoutée minière en RDC : la proposition de Thierry Mulumba sur la transformation locale déclarée recevable à l’Assemblée nationale

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La République démocratique du Congo veut capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par ses ressources minières.

Dans cette perspective, l’Assemblée nationale a déclaré recevable, le lundi 12 octobre 2026, la proposition de loi-cadre du député national Thierry Mulumba Mpandanjila sur la transformation locale et le développement des chaînes de valeur des substances minérales.

Le texte vise à renforcer l’industrialisation du secteur minier congolais en encadrant les activités situées en aval de l’extraction.

Articulée autour de dix principes fondateurs et de 143 articles, la proposition a été transmise à la commission mixte Économie-Finances et Environnement, chargée de son examen approfondi dans un délai de dix jours.

L’enjeu économique est de permettre à la RDC de tirer davantage de revenus de ses ressources minérales, notamment du cuivre, du cobalt et d’autres minerais stratégiques, en développant sur son territoire les activités de raffinage, de fabrication de produits intermédiaires et finis ainsi que de recyclage.

Cette initiative entend répondre à une faiblesse structurelle de l’économie congolaise : l’importance des exportations de minerais bruts ou faiblement transformés, alors qu’une partie substantielle de leur valeur commerciale est créée dans les étapes industrielles ultérieures.

« La RDC ne peut plus se contenter d’être un simple fournisseur des matières premières. Elle doit devenir un pôle industriel », a déclaré Thierry Mulumba Mpandanjila devant ses collègues députés.

Un cadre juridique pour attirer les investissements industriels

La principale innovation de la proposition réside dans l’organisation d’un cadre juridique propre à l’industrie post-extractive, avec des mécanismes destinés à sécuriser les investissements, à soutenir la production locale et à renforcer la participation des entreprises congolaises aux chaînes de valeur minières.

Parmi les dispositions proposées figurent un plan national d’approvisionnement en minerais pour les industries congolaises, un guichet unique destiné aux investisseurs et des avantages fiscaux, parafiscaux et douaniers conditionnés à des engagements de performance.

Une entreprise bénéficiant de ces facilités pourrait ainsi les perdre si elle ne respecte pas les objectifs économiques convenus avec l’État.

Le dispositif prévoit également des instruments financiers pour faciliter l’accès des entrepreneurs congolais au secteur industriel, ainsi que des obligations de transfert de technologies et de développement des compétences nationales.

La proposition prévoit par ailleurs une classification des minerais critiques et stratégiques, à établir dans les six mois suivant une éventuelle promulgation.

Toutefois, le développement de cette industrie nécessitera une disponibilité suffisante d’électricité, des infrastructures logistiques performantes et des capitaux importants.

Le texte prévoit ainsi des mécanismes d’accompagnement pour les secteurs susceptibles de soutenir les activités de transformation.

Transformer les minerais pour conserver davantage de richesses en RDC

Pour Thierry Mulumba, la transformation locale constitue un levier de diversification économique et de création de richesses. Elle permettrait au pays de développer ses capacités industrielles, de créer des emplois qualifiés, de renforcer la sous-traitance nationale et d’élargir ses recettes fiscales.

Selon les estimations présentées par l’élu national, l’extraction représente environ 15 % de la valeur des produits miniers, contre 85 % pour les activités de transformation.

Ces proportions, avancées pour illustrer l’importance de la transformation, peuvent toutefois varier considérablement selon les minerais et les filières industrielles.

L’objectif est donc de réduire progressivement la dépendance du pays à l’exportation des matières premières, tout en renforçant son intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Sur le plan juridique, le député a précisé que sa proposition vise à compléter le Code minier existant. Celui-ci organise principalement les activités en amont et prévoit déjà le recours à une législation particulière pour certaines opérations de transformation.

Dans le contexte du partenariat économique RDC–États-Unis, Thierry Mulumba considère également que cette législation contribuerait à sécuriser les investissements industriels.

« Cette loi ne va pas déranger. Au contraire, elle vient sécuriser. », a-t-il affirmé lors de son entretien avec la presse.

Fiscalité, formation et environnement : les préoccupations des députés

Lors de l’examen de la recevabilité, les députés nationaux ont soulevé plus de 21 préoccupations, notamment sur l’articulation du texte avec le Code minier, les obligations fiscales des entreprises, la formation de la main-d’œuvre et les exigences environnementales.

En réponse, Thierry Mulumba a précisé que les entreprises minières disposant déjà d’une autorisation de transformation ne devraient pas être soumises à une nouvelle procédure.

La proposition viserait principalement les opérateurs souhaitant investir dans la transformation sans exercer directement des activités d’extraction.

Concernant la participation de l’État, il a indiqué que les 5 % prévus par sa proposition ne seraient pas cumulés avec les 10 % déjà prévus par le Code minier pour les entreprises concernées.

Sur la formation professionnelle, le député a défendu la nécessité de rapprocher les compétences de la main-d’œuvre congolaise des besoins réels de l’industrie de transformation, notamment à travers des partenariats avec les entreprises du secteur.

Il a également assuré que les activités industrielles concernées resteraient soumises aux obligations environnementales, dont les études d’impact prévues par la législation en vigueur.

Enfin, si le texte est adopté et promulgué, le gouvernement devrait présenter un premier rapport sur sa mise en œuvre au Parlement après deux ans, puis rendre compte annuellement des progrès réalisés.

Déclarée recevable, mais pas encore adoptée, la proposition de loi Mpandanjila poursuit désormais son parcours législatif devant la commission mixte Économie-Finances et Environnement.

Son examen devra notamment permettre de préciser les conditions dans lesquelles la RDC pourrait développer une industrie minière à plus forte valeur ajoutée, attirer de nouveaux investissements et accroître les retombées économiques de l’exploitation de ses ressources naturelles.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV