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L’an 1 du Gouverneur Wameso : la BCC consolide la stabilité monétaire et ramène son taux directeur à 12,5 %

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki, a totalisé, ce mardi 04 août 2026, une année depuis sa prise de fonction à la tête de l’Institut d’émission de la République démocratique du Congo.
Nommé le 23 juillet 2025 comme quinzième Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso avait effectivement pris ses fonctions quelques jours plus tard, le 4 août 2025, à l’issue de la cérémonie de remise et reprise organisée au siège de l’institution à Kinshasa.
Cet anniversaire constitue une occasion de revenir sur les principales mesures prises au cours d’une première année marquée par la stabilisation du marché des changes, une forte décélération de l’inflation, l’assouplissement progressif de la politique monétaire et le lancement de plusieurs réformes institutionnelles.
À son arrivée à la tête de la BCC, André Wameso avait affiché comme priorités le renforcement de la confiance dans le franc congolais, la réduction de la dépendance aux devises étrangères, la digitalisation des paiements, la stabilité du système financier ainsi que la consolidation des réserves stratégiques du pays.
La stabilisation du marché des changes comme première urgence
André Wameso a pris les commandes de la Banque Centrale dans un environnement caractérisé par des tensions sur le marché des changes, une forte dollarisation de l’économie et des besoins importants de liquidités en devises.
Dès le 18 août 2025, la BCC a annoncé une vente ponctuelle de 50 millions de dollars américains aux banques commerciales. Cette opération visait à répondre aux tensions observées sur le marché et à améliorer l’approvisionnement du système bancaire en devises.
Parallèlement aux interventions directes sur le marché des changes, l’Institut d’émission a engagé une action plus structurelle sur la liquidité bancaire. La BCC a notamment procédé à l’actualisation progressive du taux de change appliqué à certaines réserves obligatoires constituées par les banques.
Cette opération a permis de réduire une partie des liquidités excédentaires en francs congolais détenues par le système bancaire. Elle a contribué à renforcer la demande de monnaie nationale et à soutenir l’appréciation du franc congolais observée entre septembre et octobre 2025.
Le Fonds monétaire international (FMI) a établi un lien entre l’appréciation du franc congolais, les mesures prudentielles appliquées aux réserves obligatoires des banques et la forte décélération de l’inflation enregistrée au dernier trimestre de 2025.
Une inflation fortement ralentie
La baisse de l’inflation constitue l’un des résultats les plus visibles de la première année du gouverneur André Wameso à la tête de la Banque Centrale du Congo.
Après avoir atteint 11,69 % à la fin de l’année 2024, l’inflation annuelle est tombée à environ 2,5 % en octobre 2025. Elle s’est ensuite maintenue à des niveaux largement inférieurs à l’objectif de moyen terme de 7 % fixé par la Banque Centrale.
À la fin du mois d’avril 2026, l’inflation en glissement annuel s’établissait encore à 2,5 %, selon le Fonds monétaire international. À la mi-juillet 2026, les données publiées par la BCC et l’Institut national de la statistique situaient l’inflation annuelle autour de 3 %.
Cette décélération a été soutenue par plusieurs facteurs, notamment l’appréciation du franc congolais, la réduction de l’excès de liquidité bancaire, le maintien d’une politique monétaire prudente et l’amélioration de la position extérieure du pays.
Le FMI a confirmé que l’inflation congolaise était restée à 2,5 % ou moins depuis octobre 2025, soit largement en dessous de la cible de 7 % de la Banque Centrale du Congo.
La Banque mondiale a également relevé que le ralentissement de l’inflation avait été favorisé par la combinaison d’une politique monétaire restrictive, d’un taux de change plus stable et d’une amélioration des recettes extérieures.
Le franc congolais raffermi
La première année du gouvernorat Wameso a également été marquée par une appréciation sensible de la monnaie nationale.
Alors que le dollar américain s’échangeait à environ 2.876 francs congolais sur le marché indicatif à la mi-juillet 2025, le taux de change est revenu autour de 2.200 à 2.300 francs congolais pour un dollar à la fin de l’année.
Le 17 décembre 2025, le cours indicatif publié par la Banque Centrale était de 2 253,49 francs congolais pour un dollar américain. En juillet 2026, le taux indicatif évoluait encore autour de 2 250 francs pour un dollar.
Cette évolution a contribué à réduire le coût en francs congolais de certains biens importés et à ralentir la progression générale des prix.
La BCC a néanmoins continué à surveiller le marché des changes. En décembre 2025 et en janvier 2026, elle a annoncé de nouvelles ventes de devises aux banques commerciales afin de contenir les tensions saisonnières et de répondre aux besoins de liquidités en monnaies étrangères.
Le taux directeur ramené de 25 % à 12,5 %
Une fois la stabilité du taux de change renforcée et l’inflation ramenée à un niveau faible, la Banque Centrale du Congo a engagé une réduction progressive de son taux directeur.
Le 7 octobre 2025, le Comité de politique monétaire ( CPM) a ramené ce taux de 25 % à 17,5 %. Il s’agissait de la première baisse majeure depuis son relèvement intervenu en 2023.
Le 8 janvier 2026, le taux directeur a été abaissé à 15 %, tandis que la facilité de prêt marginal était ramenée à 19 %.
Le mouvement s’est poursuivi le 9 avril 2026, avec une nouvelle réduction du taux directeur à 13,5 %.
Récemment, lors de la réunion du Comité de politique monétaire du 17 juillet 2026, la BCC a décidé de ramener le taux directeur à 12,5 % et la facilité de prêt marginal à 16,5 %. Cette décision clôt pratiquement la première année de gouvernorat d’André Wameso.
En 9 mois, le principal taux de la Banque Centrale est ainsi passé de 25 % à 12,5 %, soit une réduction de moitié.
Cette détente progressive vise à réduire le coût du refinancement bancaire et à créer des conditions plus favorables au financement de l’économie, tout en évitant un retour rapide de l’inflation.
Des réserves internationales renforcées
La consolidation des réserves de change figure également parmi les résultats enregistrés durant cette première année.
Les réserves internationales de la RDC s’établissaient à environ 7,7 milliards de dollars américains au début du mandat d’André Wameso. Elles ont progressé pour atteindre 8,8 milliards de dollars à la fin du mois de mars 2026.
Selon le FMI, cette progression a été soutenue par l’amélioration de la stabilité extérieure, la réduction du déficit du compte courant et une conjoncture relativement favorable pour les exportations minières.
Les réserves ont ensuite connu des fluctuations au cours du deuxième trimestre de 2026, tout en restant globalement supérieures à leur niveau de juillet 2025.
Dans le même temps, la Banque Centrale a commencé à diversifier la composition des réserves du pays. En février 2026, elle a conclu un accord avec DRC Gold Trading en vue d’acquérir de l’or issu de la production nationale et de constituer progressivement des réserves en or monétaire.
Cette orientation a été confirmée lors de la réunion du Comité de politique monétaire du 9 avril 2026, au cours de laquelle la BCC a annoncé le début de la constitution d’un stock d’or monétaire.
De nouveaux instruments de gestion de la liquidité
Sous le gouvernorat d’André Wameso, la BCC a également élargi ses instruments d’intervention sur le marché monétaire.
En avril 2026, le Comité de politique monétaire ( CPM) a décidé de créer un Bon BCC d’une maturité de six mois. En juillet, un nouvel instrument d’une durée de 252 jours a été introduit.
Ces titres permettent à la Banque Centrale de retirer temporairement les liquidités excédentaires du système bancaire et d’améliorer la transmission de ses décisions de politique monétaire.
Ils complètent les Bons BCC de sept, vingt-huit et quatre-vingt-quatre jours déjà utilisés par l’Institut d’émission. Les encours de ces différents instruments se chiffraient, à la mi-juillet 2026, à plusieurs centaines de milliards de francs congolais.
La stabilité bancaire renforcée
Outre la politique monétaire, la première année d’André Wameso a été marquée par l’adoption de nouveaux textes destinés à renforcer la stabilité du système financier.
L’Instruction numéro 62 a fixé les règles applicables à l’activité de transport physique de fonds et de valeurs en République démocratique du Congo. Elle vise notamment à améliorer la sécurité, la traçabilité et la professionnalisation de cette activité sensible.
L’Instruction numéro 63 a, pour sa part, instauré un cadre de fourniture de liquidité d’urgence aux banques solvables confrontées à des difficultés temporaires de trésorerie.
Ce mécanisme donne à la Banque Centrale un instrument supplémentaire pour prévenir les crises de liquidité et protéger la stabilité du système bancaire.
En décembre 2025, la BCC avait également procédé à une réduction ciblée de certains coefficients de réserve obligatoire afin de relâcher progressivement la contrainte de liquidité imposée aux banques, après la phase de resserrement observée au début du mandat.
La réforme du paiement en devises engagée
Le 9 avril 2026, la Banque Centrale du Congo a annoncé une série de mesures destinées à renforcer le contrôle et la traçabilité des opérations en monnaies étrangères.
À partir du 9 avril 2027, l’importation physique des billets de banque en devises étrangères doit relever principalement de la Banque Centrale. À la même échéance, les paiements en monnaies étrangères devront être davantage réalisés par voie scripturale, notamment par virement, carte bancaire, chèque ou instrument électronique.
Cette réforme vise à réduire la circulation incontrôlée des espèces en devises, à renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux et à encourager la formalisation des transactions.
Elle s’inscrit dans l’objectif affiché par André Wameso de renforcer progressivement l’usage du franc congolais et de réduire la dépendance de l’économie nationale au dollar américain.
La dollarisation reste toutefois importante. Une grande partie des dépôts bancaires et des transactions de grande valeur demeure libellée en devises étrangères. La réforme annoncée constitue donc une étape d’un processus appelé à s’étendre sur plusieurs années.
Un Plan stratégique pour transformer la BCC
La première année du gouverneur Wameso ne s’est pas limitée aux décisions de politique monétaire.
Après une retraite stratégique organisée à Kisangani en novembre 2025, la Banque Centrale a lancé, le 3 avril 2026, la mise en œuvre de son Plan stratégique 2026-2030.
Ce plan doit guider la transformation institutionnelle de la BCC autour de plusieurs axes : modernisation de la gouvernance, digitalisation des procédures, automatisation des contrôles, amélioration des systèmes de paiement et renforcement de la gestion des risques.
Dans son message institutionnel, André Wameso présente cette transformation comme un moyen de faire de la Banque Centrale un pilier de la souveraineté économique et monétaire du pays.
Le 2 juillet 2026, la BCC a également publié le spécimen officiel de la signature du gouverneur devant figurer sur les nouveaux billets de banque, tout en précisant que les anciennes coupures conservent leur cours légal.
Une première année de normalisation monétaire
Au terme de cette première année, le gouverneur André Wameso peut inscrire au bilan de son action plusieurs résultats mesurables : une inflation ramenée autour de 3 %, un franc congolais stabilisé autour de 2 250 francs pour un dollar, des réserves internationales renforcées et un taux directeur réduit de 25 % à 12,5 %.
À ces résultats s’ajoutent la création de nouveaux instruments monétaires, l’engagement de la diversification des réserves par l’or, le renforcement du dispositif de liquidité d’urgence des banques et le lancement du Plan stratégique 2026-2030.
Le Fonds monétaire international (FMI) a salué la forte baisse de l’inflation et l’amélioration de la stabilité extérieure, tout en recommandant à la Banque Centrale de maintenir une politique prudente face aux risques sécuritaires, budgétaires et internationaux.
L’action menée au cours de cette première année traduit ainsi une volonté de reprendre la maîtrise de la liquidité, de consolider la monnaie nationale et de moderniser les instruments de la Banque Centrale du Congo.
Les prochains mois devront permettre de poursuivre cette trajectoire, notamment en améliorant la transmission de la baisse des taux vers le crédit, en consolidant les réserves, en accompagnant la formalisation des paiements et en renforçant davantage la confiance du public dans le franc congolais.
Flory MUSISWA
























