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RDC : 10% du territoire forestier pourraient disparaître d’ici 2030

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Les forêts de la RDC couvrent environ 145 millions d’hectares sur une superficie totale de 235 millions d’hectares, soit 62 pour cent du territoire national. C’est la deuxième plus vaste forêt tropicale du monde, qui représente en superficie, 2/3 de l’ensemble du massif forestier du Bassin du Congo, qui, en zone tropicale, se situe au second rang mondial après celui de l’Amazonie.  Cependant, ce territoire forestier est fortement menacé par la déforestation et la dégradation.

Selon la carte forestière synthèse édictée par le SPIAF(1994), actuellement DIAF, la RDC compte 1.280.042,46 km² de formations forestières. Celles-ci  couvrent environ 54,59% de la superficie totale du territoire national évaluée à 2.345.000 km². Les forêts denses humides représentent environ 60% de l’ensemble des forêts (MECNT 2004). En marge de la Journée Internationale des Forêts, Zoom Eco revient sur cette étude qualitative sur les causes de la déforestation menée par les experts du Ministère de l’Environnement en 2012.

13 millions ha seront touchés d’ici 2030

La RDC compte 145 millions d’hectares (ha) de forêts répartis entre 4 grands écosystèmes à savoir : la forêt dense humide, les forêts de montagne, la forêt claire (de type Miombo) et la mosaïque savane-forêt.  Cet ensemble des forêts séquestre actuellement un stock de carbone qui peut être estimé à 40 Gigatonnes (Gt), soit l’équivalent de 140 Gt d’émissions potentielles de CO2e.

Le taux de déforestation historique a oscillé entre 0,2% et 0,3% en RDC sur les 20 dernières années, ce qui est relativement faible par rapport à la moyenne mondiale (0,6%) sur la même période.

Dans un scénario développé par les experts sur la base d’hypothèses volontaristes de développement socio-économique et démographique du pays, il ressort que la déforestation atteindrait 12 à 13 millions ha d’ici 2030, et la dégradation 21 à 22 millions ha. Les émissions associées seraient alors de 390 à 400 Millions de tonnes (Mt) de CO2e en 2030, ce qui représente une croissance annuelle des émissions entre 3 et 4% sur la période 2010 à 2030.

Trois facteurs de déforestation et dégradation

Cette étude prospective révèle que la pression démographique devra augmenter la demande en terres agricoles et en bois de chauffe pour approvisionner les populations rurales et urbaines ; et la croissance des secteurs économiques aura un impact (direct ou indirect) sur la forêt comme par exemple l’agriculture, les secteurs miniers ou des hydrocarbures où les recherches/explorations en forêt sont déjà importantes.

Message d’une campagne menée par Greenpeace. Ph. Tiers

Le taux de déforestation passerait donc de la fourchette de 0,2 à 0,3% par an, constatée sur les 20 dernières années, à celle de 0,3 à 0,4% sur les 20 prochaines. Les 3 causes majeures de déforestation identifiées sont le développement de l’agriculture commerciale (~40%) et  vivrière (~20%) et la collecte de bois de chauffe (~20%).

Quant à elle, la dégradation touchera entre 21 et 23 millions d’ha, les causes majeures étant la collecte de bois de chauffe (~55%), l’exploitation forestière industrielle et artisanale légale (~15%) et  l’exploitation forestière illégale (environ 12-14%).

Les émissions nettes annuelles liées à cette déforestation et dégradation passeraient ainsi d’environ 190 Mt CO2e en 2007 à 390 à 410 Mt de CO2e en 2030.

A tout prendre, la pérennisation du massif forestier congolais et par conséquent de sa fonction de stockage et de fixation de carbone pourraient être partiellement remise en cause du fait de la pression démographique et du développement économique qui l’accompagne, si ce dernier n’était pas conduit de manière durable.

Il y a lieu de rappeler que ce patrimoine forestier joue également un rôle vital dans le contrôle du changement climatique car il stocke plus de 8% du carbone mondial, ce qui en fait le quatrième plus grand réservoir de carbone forestier du monde.

Faute d’agir vite, l’étude affirme qu’environ 10% du territoire forestier de la RDC (représentant  13 millions ha sur les 145 millions ha) risqueraient de disparaître d’ici 2030, et 15 à 20% d’ici 2050.

TKM

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