Connect with us

a la une

RDC : les effets probables de la guerre commerciale USA–Chine sur l’économie congolaise

Published

on

[Analyse] – L’économie congolaise est fortement dépendante du secteur extractif. Les recettes tirées des produits miniers sont cependant tributaires de la dynamique de l’offre et de la demande mondiale qui en détermine les prix. La chine étant le principal importateur des minerais congolais, tout choc affectant l’économie chinoise est susceptible d’impacter l’économie congolaise en détériorant sa balance des paiements. A ce propos, les experts de la Banque Centrale du Congo (BCC) ont livré une analyse assortie de recommandations :

Depuis l’avènement de la nouvelle administration américaine, des mesures commerciales fortes, visant principalement les exportations chinoises vers les Etats-Unis d’Amérique ont été mises en œuvre. En effet, le 22 mars 2018, le président américain avait déclenché son offensive commerciale, en signant un « mémorandum ciblant l’agression économique de la Chine », évoquant des mesures punitives contre des importations en provenance de la chine.

Ces mesures devraient consister en des taxes additionnelles sur des importations d’un montant de 60 milliards de dollars américains, avec la promesse de les relever à 100 milliards. Cette stratégie vise notamment à réduire le déficit commercial bilatéral chronique des USA vis-à-vis de la Chine.

Pour certains auteurs, l’objectif principal de ces mesures protectionnistes serait celui d’endiguer la montée en puissance de la Chine, considérée comme une menace pour le pouvoir hégémonique des Etats-Unis (Arnaud Zacharie, 2018). En réaction à la politique commerciale américaine, le gouvernement chinois a adopté une série de mesures de riposte.

Par voies de conséquences, les effets attendus sur l’économie mondiale sont non négligeables. De ce fait, l’économie congolaise étant fortement liée à la conjoncture internationale, devrait subir négativement les effets de cette guerre commerciale.

Impact sur les exportations et la croissance économique

La concentration des exportations congolaises vers la Chine (28,2 % en 2017) expose la RDC aux fluctuations économiques de ce pays partenaire. En effet, une étude de la Banque Mondiale publiée en 2015 démontre qu’un ralentissement de 3,0 points de pourcentage du PIB de la Chine coûterait 1,0 point de pourcentage de croissance à la RDC.

Le ralentissement de l’économie chinoise devrait se traduire par la baisse de sa demande des produits miniers. Ce qui entraînerait celle des exportations congolaises du cuivre et du cobalt.

Impact sur les finances publiques

Une éventuelle baisse des cours miniers, provoquée par la guerre commerciale, aurait comme conséquence de creuser le déficit du Trésor et d’accroître le risque de financement monétaire de ce dernier dans un contexte d’absence d’un marché des titres publics.

Impact sur la politique monétaire et de change

La même étude de la Banque Mondiale précitée révèle qu’un ralentissement de la croissance chinoise de 3,0 points de pourcentage coûterait à la RDC 320,0 millions de USD en réserves de change. Il s’en suivrait une réduction de la capacité de la Banque Centrale à intervenir efficacement sur le marché des changes dans le sens de la cession de devises.

Par conséquent, les actions de la politique monétaire seraient portées sur les émissions des titres Bon BCC, avec comme conséquences prévisibles l’accroissement de son encours et des charges financières y afférentes.

Quelle solution durable à préconiser ?

Cette situation nécessite la mise en place des mesures efficaces et cohérentes de diversification de l’économie congolaise pour réduire sa vulnérabilité structurelle aux chocs exogènes.

Aussi, l’amélioration de la gouvernance des ressources minières et l’instauration des règles budgétaires claires dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles s’avèrent-elles prioritaires.

*Texte tiré de l’Encadré 3
Rapport de Politique monétaire 1er semestre 2018

Edito

Advertisement
%d blogueurs aiment cette page :