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RDC : Freddy Shembo et Marc Ekila mettent en branle l’intégration de la formation professionnelle aux grands projets

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L’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) et le ministère de la Formation professionnelle renforcent leur coopération pour intégrer le développement des compétences nationales dans les grands projets d’investissement en République démocratique du Congo (RDC).

Dans cette optique, le Directeur général de l’APCSC, Freddy Yodi Shembo, a reçu, le mardi 27 octobre 2026 à Kinshasa, le Ministre de la Formation professionnelle, Marc Ekila Likombo, accompagné d’une délégation de son ministère.

Cette rencontre s’inscrit dans l’application du protocole d’accord signé le 5 mai 2026 entre les deux institutions, avec pour objectif de rapprocher les investissements structurants des besoins du marché national de l’emploi.

Au cours des échanges, Marc Ekila a présenté deux documents techniques élaborés à la demande de l’APCSC.

Le premier identifie les besoins en compétences professionnelles dans les 145 territoires de la RDC. Le second définit les orientations relatives à l’intégration de la formation professionnelle dans les grands projets structurants.

Ces deux instruments établissent une articulation entre la politique nationale de formation professionnelle et les investissements publics encadrés par l’APCSC.

L’intérêt économique de cette coopération apparaît particulièrement dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de l’industrie, où les investissements mobilisent des qualifications techniques parfois difficiles à trouver localement.

La construction d’une centrale électrique, par exemple, exige des compétences en électrotechnique, en maintenance industrielle et en gestion des installations.

Sans préparation suffisante de la main-d’œuvre nationale, une partie des emplois spécialisés échappe aux travailleurs congolais.

Cette difficulté rejoint certaines observations institutionnelles. En mars 2026, les autorités congolaises et leurs partenaires de la Banque mondiale identifiaient notamment l’insuffisance de personnel qualifié parmi les contraintes affectant l’exécution des projets de développement.

Dans cette perspective, les orientations du ministère de la Formation professionnelle trouvent un point d’application dans les conventions suivies par l’APCSC.

L’Agence dispose notamment d’un cadre de coordination permettant de rapprocher les besoins des investisseurs des programmes de formation proposés par le ministère.

Sur le plan économique, la question centrale concerne la capacité des grands investissements à produire des compétences et des emplois durables, et non uniquement des infrastructures.

L’analyse des politiques de développement des compétences met ainsi en évidence trois exigences : l’identification préalable des métiers recherchés, l’adaptation des formations aux besoins des entreprises et l’existence de mécanismes d’insertion professionnelle.

Le protocole signé en mai 2026 prévoit notamment le développement des infrastructures de formation, la mobilisation de financements et la promotion des partenariats public-privé.

Toutefois, la présentation des deux documents ne constitue pas encore une réalisation opérationnelle.

À ce stade, les informations communiquées ne précisent ni les investissements concernés en priorité, ni les financements affectés aux formations, ni le nombre de bénéficiaires visés.

Cette absence d’indicateurs limite encore l’appréciation de la portée économique du partenariat.

Pour l’APCSC et le ministère de la Formation professionnelle, le véritable changement réside désormais dans le passage d’une identification administrative des besoins à leur prise en charge effective dans les projets d’investissement.

Une telle approche place la qualification de la main-d’œuvre congolaise au cœur de la politique d’investissement, avec une exigence essentielle : établir un lien vérifiable entre les ressources financières mobilisées, les compétences développées et les emplois effectivement créés.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV