Finance
RDC : le Trésor prévoit un déficit de trésorerie de 774 milliards de CDF en août 2026

Le Trésor public de la République Démocratique du Congo (RDC) devrait enregistrer un déficit de trésorerie de 774,0 milliards de francs congolais (CDF) au cours du mois d’août 2026, soit plus de 336 millions de dollars américains, selon les projections de la Banque Centrale du Congo (BCC).
D’après la note de conjoncture économique en bref, arrêtée au 14 août 2026, ce déficit résulterait d’un niveau de recettes estimé à 2.274,5 milliards de CDF, équivalant à environ 988,9 millions USD, pour des dépenses projetées à 3.048,6 milliards de CDF.
Face à ce besoin de financement, la même source indique que le Trésor devrait recourir au marché financier domestique.
La BCC souligne que ce gap de trésorerie projeté serait couvert par les produits d’emprunt mobilisés sur le marché intérieur.
À fin juillet 2026, les ressources mobilisées par les régies financières s’élevaient à 3.798,6 milliards de CDF, selon la situation des opérations financières de l’État publiée par la BCC.
Dans le détail, les impôts directs et indirects, collectés par la Direction générale des impôts (DGI), ont généré 2.499,3 milliards de CDF, contre une prévision de 2.480,4 milliards de CDF.
La Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) a, pour sa part, mobilisé 771,0 milliards de CDF, dépassant sa projection de 653,5 milliards de francs congolais (CDF).
En revanche, les recettes de la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations (DGRAD) se sont établies à 528,3 milliards de CDF, contre une programmation de 572,1 milliards de CDF.
Ces chiffres traduisent ainsi des performances contrastées entre les différentes régies financières, avec des dépassements enregistrés par la DGI et la DGDA, tandis que la DGRAD reste en dessous de son objectif.
Concernant les dépenses, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a exécuté 3.844,9 milliards de CDF à fin juillet 2026.
Les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’État constituent l’un des principaux postes de dépenses. Elles ont atteint 1 245,9 milliards de CDF, soit un taux d’exécution de 84,6 %.
Les frais financiers se sont, quant à eux, établis à 31,9 milliards de CDF.
L’évolution des dépenses publiques, combinée au niveau des recettes effectivement mobilisées, continue ainsi de peser sur la situation de trésorerie de l’État.
Les projections pour août mettent en évidence la nécessité pour le Trésor de maintenir un rythme soutenu de mobilisation des recettes tout en recourant aux instruments de financement disponibles sur le marché domestique.
Avec un déficit prévisionnel de 774 milliards de CDF, l’équilibre de la trésorerie publique dépendra donc, en partie, de la capacité du gouvernement à mobiliser les ressources attendues et à réussir ses opérations d’emprunt sur le marché financier intérieur.
Mitterrand MASAMUNA







