Connect with us

Afrique

UEMOA : après 14 ans de déficit commercial, l’Union retrouve un excédent de 6.318 milliards de FCFA

Published

on

Pendant quatorze ans, le commerce extérieur de l’UEMOA est resté dans le rouge. En 2025, cette longue séquence s’est interrompue avec un excédent commercial de 6.318,2 milliards de FCFA, contre un déficit de 171 milliards de FCFA en 2024, selon les données de la BCEAO.

Depuis 2011, l’Union n’avait plus enregistré davantage de recettes d’exportation que de dépenses d’importation. Ce déficit durable traduisait une faiblesse structurelle : des économies capables d’exporter des matières premières, mais encore fortement dépendantes des biens, équipements et services achetés à l’extérieur.

En 2025, la situation s’est nettement retournée. Les exportations ont atteint 33.177,7 milliards de FCFA, en progression de 38,6 %, tandis que les importations ont augmenté plus lentement pour s’établir à 26.859,5 milliards de FCFA.

Quatorze années de déficit refermées par les matières premières

L’amélioration repose principalement sur la montée en puissance de quelques produits stratégiques. Les exportations d’or ont rapporté 12.050,8 milliards de FCFA, celles de cacao 7.031,2 milliards et celles de pétrole 4.406,3 milliards.

Les hydrocarbures ont notamment changé la configuration des échanges régionaux, avec la progression de la production au Niger, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, ainsi que le démarrage des exportations de gaz naturel liquéfié sénégalais.

Après plus d’une décennie de déficit, cette évolution offre une respiration aux comptes extérieurs de l’Union. Elle améliore les entrées de devises et réduit une partie des besoins de financement vis-à-vis de l’extérieur.

Le déficit du compte courant a ainsi reculé à 2 % du PIB en 2025, contre 5,7 % un an plus tôt. Le solde global de la balance des paiements est, pour sa part, ressorti excédentaire de 7 027,6 milliards de FCFA.

Le vieux déséquilibre n’a pas totalement disparu

Le retour à l’excédent ne signifie cependant pas que l’abcès des quatorze dernières années est totalement résorbé.

La balance des services reste déficitaire de 7.512,8 milliards de FCFA. Transport, fret, assurances et autres prestations achetées à l’étranger continuent donc de peser lourdement sur les comptes extérieurs.

Autre fragilité : l’excédent reste étroitement lié aux performances de l’or, du cacao, du pétrole et du gaz. Une baisse des cours ou un recul de la production pourrait rapidement réduire cette marge.

Le véritable changement structurel viendra donc moins d’une année exceptionnelle que de la capacité de l’UEMOA à transformer davantage ses matières premières localement, développer son industrie et réduire sa dépendance aux services importés.

L’excédent de 2025 referme ainsi une longue parenthèse déficitaire. Reste à savoir s’il inaugure un nouveau cycle ou s’il ne constitue qu’une amélioration ponctuelle portée par les matières premières, commente un chroniqueur basé au Sénégal.

Flory MUSISWA

ZoomEco TV