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Finance

RDC : Recensement général de la population, un chantier à près de 30 millions USD

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Plus de quarante ans après le dernier recensement général de 1984, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) s’active pour organiser le deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2).

Réunie, le jeudi 13 novembre 2025 à l’hôtel du Gouvernement à Kinshasa, la Commission nationale du recensement (CNR), présidée par la Première Ministre Judith Suminwa, a évalué la phase pilote de la cartographie et défini les priorités pour la suite des opérations.
Selon le Ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, près de 30 millions de dollars américains devront être mobilisés d’ici 2026 pour permettre le déploiement complet des activités de cartographie sur l’ensemble du territoire national.

« Nous n’avons pas encore 100 % des fonds mais nous avançons avec les ressources disponibles, tout en travaillant à embarquer les partenaires techniques et financiers », a déclaré le Vice-Président de la CNR.

En effet, les travaux de la CNR ont porté sur l’analyse du rapport de la cartographie pilote menée entre avril et mai dans trois zones : la commune de Kasa-Vubu (Kinshasa), le territoire de Bulungu (Kwilu) et le secteur de Tshikapa (Kasaï). Cette phase a permis de tester les outils, de valider les méthodes et de préparer l’extension des opérations à l’échelle nationale.

« Nous avons fait l’état des lieux de la première phase, qui est désormais achevée. La phase préparatoire, incluant la cartographie pilote, a été exécutée. Nous nous préparons maintenant à étendre ces travaux sur toute l’étendue du territoire. », a précisé Guylain Nyembo.

La cartographie constitue une étape déterminante du processus : elle permet de découper le pays en zones de dénombrement, garantissant l’exhaustivité et l’exactitude des données, et limitant les omissions et les doublons lors du recensement.

Le budget global du recensement, déjà réévalué, reste un défi pour l’exécutif. Pour optimiser les dépenses, la CNR préconise la mutualisation des ressources avec plusieurs ministères disposant de dispositifs d’identification ou de collecte de données, notamment l’Éducation nationale, la Santé et l’Intérieur, ce dernier via l’Office national d’identification de la population (ONIP).

Cette approche interinstitutionnelle vise à réduire les coûts logistiques et à accélérer les délais, alors que l’ensemble du processus sera quasi entièrement numérisé, une première dans l’histoire du pays.

Pour la cheffe du Gouvernement, la réussite du RGPH2 est essentielle pour la planification des politiques publiques et la mise en œuvre des projets de développement.

« La plupart des politiques gouvernementales exigent des données fiables et actualisées, jusqu’au niveau des entités territoriales les plus reculées. Ces données sont indispensables pour une meilleure planification de nos actions. », soulignait Judith Suminwa lors du lancement de la cartographie pilote en avril 2025.

La réunion du jeudi 13 novembre 2025 a rassemblé plusieurs membres du Gouvernement directement impliqués dans le processus, dont les Vice-Premiers Ministres de l’Intérieur, de la Défense nationale et du Budget, ainsi que les Ministres d’État du Plan, des Affaires étrangères et de l’Éducation nationale. Y ont également participé la Direction de l’Institut national de la statistique (INS) et le Bureau central du recensement (BCR), deux structures clés de la mise en œuvre technique.

Alors que le pays ambitionne de rattraper le retard accumulé depuis quatre décennies, la réussite de ce recensement crucial pour la gouvernance économique, la gestion des ressources publiques et l’attractivité des investissements dépendra largement de la capacité du Gouvernement à mobiliser les financements nécessaires et à garantir une coordination institutionnelle efficace.

Mitterrand MASAMUNA

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