Santé
Salon de l’hôpital 2026 : le Dr Polydor Mbongani annonce les préparatifs de l’extension territoriale de la Couverture santé universelle

La République démocratique du Congo prépare une nouvelle étape dans le déploiement de la Couverture santé universelle.
Le Coordonnateur du Conseil National de la Couverture Santé Universelle (CN-CSU), le Dr Polydor Mbongani Kabila, a présenté, ce jeudi 30 juillet 2026, la stratégie retenue pour rapprocher progressivement les soins de qualité et la protection financière des populations. Il intervenait lors de la deuxième édition du Salon de l’Hôpital, au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, à Kinshasa, organisée autour du thème général : « Gagner deux ans en termes d’espérance de vie ».
Le panel était consacré au « Dividende démographique : perspectives de financement durable et de consolidation de la Couverture santé universelle ».
Le Dr Polydor Mbongani a d’abord rappelé que la Couverture santé universelle repose sur deux dimensions complémentaires : l’accès aux soins et la protection contre les dépenses médicales susceptibles de fragiliser les ménages.
« La Couverture santé universelle signifie avoir accès à des soins de qualité et équitables, sans subir de difficultés financières », a-t-il expliqué.
Pour rendre cette politique effective sur l’ensemble du territoire national, le CN-CSU mise sur une organisation décentralisée.
Dans chaque province, le Gouverneur préside le Comité provincial de la Couverture santé universelle. Au niveau des territoires, cette responsabilité revient aux administrateurs de territoire, avec l’appui des autorités sanitaires et des autres services publics concernés.
Cette architecture doit permettre d’installer progressivement les mécanismes de gouvernance, de financement et de contrôle de la qualité des soins dans les provinces et les territoires.
Priorité aux chefs-lieux des territoires
La première phase du déploiement doit concerner les chefs-lieux des territoires, principalement les hôpitaux généraux de référence.
L’objectif est d’y renforcer les équipements, les médicaments, les laboratoires, l’imagerie médicale ainsi que la disponibilité d’un personnel qualifié.
« Nous allons commencer par les chefs-lieux des territoires afin de rapprocher l’offre de soins et la protection financière des populations », a indiqué le Coordonnateur national du CN-CSU.
À partir de ces centres, le programme devrait ensuite s’étendre progressivement vers les zones de santé environnantes.
Le Gouvernement entend ainsi avancer selon une logique territoriale et équitable, en tenant compte des besoins réels des populations.
Cette démarche s’appuie notamment sur l’expérience du programme de la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né. Lancé à Kinshasa, ce premier paquet de soins a été étendu à plusieurs provinces grâce aux ressources publiques et à l’appui de la Banque mondiale.
Selon les données présentées au cours du panel, cette politique avait déjà atteint quatorze provinces.
Deux instruments pour consolider la CSU
Le déploiement de la Couverture santé universelle repose désormais sur deux principaux instruments.
Le premier est la Taxe de promotion de la santé, créée pour mobiliser des ressources durables destinées aux investissements sanitaires. Elle devra notamment contribuer à améliorer l’offre des soins.
Le second instrument est l’Assurance maladie obligatoire, instituée par un décret signé en décembre 2025. Elle doit permettre aux travailleurs du secteur formel, mais aussi aux personnes actives dans le secteur informel, de contribuer au financement de leur couverture médicale.
« Nous avons défini un paquet de soins et élaboré un plan de mise en œuvre dans les provinces ainsi qu’un plan de déploiement territorial », a précisé le Dr Polydor Mbongani.
Le CN-CSU travaille également avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Autorité de régulation afin de finaliser le Paquet des soins et services essentiels qui seront couverts, les normes applicables aux établissements conventionnés et les mécanismes de contrôle.
Mobiliser davantage de ressources
Pour Al Kitenge, Directeur général du CHU Renaissance, la réussite de cette politique nécessitera toutefois une ingénierie financière plus ambitieuse. Il estime que les recettes générées par la Taxe de promotion de la santé (TPS), évaluées entre 20 et 25 millions USD par mois, pourraient être utilisées pour mobiliser immédiatement des financements plus importants.
Selon lui, une titrisation de ces revenus permettrait de passer d’une logique de financement progressif à un mécanisme capable de soutenir simultanément des investissements sanitaires dans plusieurs provinces.
« Nous pouvons titriser ces recettes et disposer aujourd’hui de 1,5 milliard de dollars », a déclaré Al Kitenge, en prenant comme référence un niveau de recettes de 25 millions USD par mois sur une période de cinq ans.
Cette approche permettrait, selon le Directeur général de CHU Renaissance, d’accélérer l’équipement des structures sanitaires et d’atteindre rapidement une masse critique dans la mise en œuvre de la Couverture santé universelle.

Le déploiement territorial annoncé par le CN-CSU marque ainsi une nouvelle phase de cette politique publique. Il vise à rapprocher les soins des citoyens, à réduire les dépenses directement supportées par les ménages et à construire progressivement un système de santé accessible sur l’ensemble du territoire national.
Flory MUSISWA
























