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RDC : Sonahydroc, un syndicat saisit le chef de l’Etat de cas de « malversations financières » 

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Le syndicat « Tous au Travail » vient de saisir le chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi des cas de malversations financières au sein de la Sonahydroc. Dans un courrier officiel daté du 21 mai 2020, il dénonce la mauvaise gestion ambiante du directeur général Hubert Miyimi Muwawa en évoquant des actes qui mettent en mal les intérêts vitaux des travailleurs, de cette entreprise du portefeuille et du Trésor public.

« Les agents de la Sonahydroc traversent une situation sociale calamiteuse suite à un contexte de malversations financières savamment crée et entretenu par l’actuel comité de gestion. En républicain, après des efforts répétés sans succès, j’ai finalement pris la responsabilité de porter ces faits infractionnels à la connaissance du procureur à l’effet de faire éclater la vérité judiciaire en toute indépendance », a écrit au président de la République, Médard Simbi Ngemba, président national du syndicat Tous au Travail.

En effet, c’est une série de faits constitutifs d’infractions mis à charge de Hubert Miyimi et Louis Gérard Vununu Di Makwala, respectivement directeur général et directeur général adjoint de la Sonahydroc, qui a également été dénoncé auprès du procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa-Matete. 

Dans le lot de protocoles d’accord liant la Sonahydroc à ses partenaires, le Syndicat Tous au Travail a épinglé notamment des cas de détournement des deniers publics (cas avec la société FRACGEO) et de faux commis en écritures (cas avec la société LOG SARL et Ministère des Hydrocarbures).

En ce qui concerne la mégestion administrative, il a été reproché à Hubert Miyimi plusieurs écarts entre les textes régissant la Sonahydroc et les actes par lui posés dans le sens de l’élévation de grades de ses proches. Ce qui a entrainé des tensions salariales et de pressions sur la trésorerie. 

« Outre une permanente augmentation sans utilité de la masse salariale, tous les cas cités poseront le même problème lors des paiements des décomptes finals. Somme toute, cette pratique couvre-t-elle une vaste opération de rétro-commissions en faveur du directeur général et au détriment de la trésorerie de la Sonahydroc? », s’interroge le Syndicat.

Autres faits reprochés au directeur général Miyimi, c’est le non versement des 40% retenus sur les rémunérations mensuelles des employés et la non-déclaration ni reversement de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) collectée au fisc.

A cela s’ajoute le détournement des cotisations syndicales que le patron de Sonahydroc refuserait de payer en bafouant les droits légaux et conventionnels.

Bien plus, le Syndicat Tous au Travail soupçonne le détournement d’un montant de 1,034 million de dollars américains qui avait été déboursé par la société pour la construction de deux stations services à Gemena et à Kananga.

« 439 490,52 USD remis au constructeur Cortec pour la station service de Gemena et 594 163,38 USD remis au constructeur OTC pour la station service de Kananga. Bien que ces deux montants soient au-delà des montants requis pour la construction d’une station standard, lesdites stations restent inachevées à ce jour », a déploré Mérard Simbi.

A tout prendre, ce Syndicat vient de mettre en lumière une mégestion caractérisée de cette entreprise publique dirigée Hubert Miyimi, laquelle gestion viole, sur le plan administratif, les textes légaux et réglementaires avec conséquences sur la masse salariale et la trésorerie de la société et menace ainsi les intérêts de la République dans les accords signés avec les partenaires de Sonahydroc.

Au président du Syndicat Tous au Travail de souligner, à l’attention du chef de l’Etat, ce qui suit : « il se trouve que Hubert Miyimi, directeur général de la Sonahydroc, use et abuse de son influence afin d’étoffer toute action allant dans le sens de permettre aux agents de recouvrer leurs droits. Le précité va jusqu’à affirmer sans ambages qu’il bénéficie de la protection de la Très Haute hiérarchie. Monsieur le président de la République, votre mandat est scellé par une promesse forte : l’instauration de l’Etat de droit. La soumission de tout citoyen à la loi, directeur général fût-il, est une option non-négligeable dans un Etats de droit. »

D’après Médard Simbi, plus de cinq cent familles soutiennent cette action judiciaire amorcée et elles espèrent profondément du chef de l’Etat la garantie d’une justice débarrassée de toute influence politique.

Emilie MBOYO

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