Afrique
Afrique : avec un fret en hausse de 30 %, la RDC devient un marché décisif pour le port de Dar es Salaam

Plus de la moitié du fret en transit par le port de Dar es Salaam est désormais destinée à la République démocratique du Congo. Durant l’exercice 2025-2026, les volumes à destination du marché congolais ont augmenté d’environ 30 %, passant de 5,99 millions à 7,77 millions de tonnes. Ces chiffres, communiqués par la direction du port au quotidien The Citizen, confirment le poids croissant de la RDC dans l’activité de cette porte d’entrée maritime régionale.
La RDC représente ainsi près de 53 % des 14,61 millions de tonnes de marchandises en transit. Cette proportion concerne les cargaisons qui passent par le port pour rejoindre les marchés étrangers desservis, et non l’ensemble de son trafic.
L’évolution intéresse directement l’approvisionnement des entreprises congolaises, notamment dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Le port tanzanien améliore parallèlement sa position dans le classement international des ports à conteneurs. L’édition 2025 du Container Port Performance Index le situe au 255ᵉ rang mondial, avec un score proche de −7,8. Cet indicateur de la Banque mondiale et de S&P Global mesure le temps passé par les porte-conteneurs au port. Il renseigne sur l’efficacité portuaire, sans mesurer le délai complet de livraison jusqu’au client congolais.
La transformation est notamment visible au terminal 1, exploité par DP World depuis avril 2024 dans le cadre d’une concession de 30 ans. L’opérateur a annoncé un engagement d’investissement supérieur à 500 millions USD pour développer les infrastructures et moderniser les équipements.
Cette enveloppe correspond à un engagement, et non au montant déjà dépensé.
Le terminal a traité 44 001 équivalents vingt pieds en mai 2026, contre 13 779 en mai 2024. Sur cette période, les escales mensuelles de porte-conteneurs sont passées de sept à vingt. En juillet 2026, le trafic a atteint 46 582 EVP, un record à cette date. L’EVP permet de comparer les capacités : un conteneur de quarante pieds représente deux unités de vingt pieds.
Les améliorations concernent également les véhicules. DP World affirme avoir réduit de plus de 300 heures à moins de 28 heures le déchargement de certaines cargaisons comparables.
Le développement des opérations roulier, dites RoRo, permet aux véhicules d’embarquer et de débarquer par des rampes, avec des navires spécialisés dans le transport de voitures et de camions.
L’escale du M/V RAMHAN illustre cette évolution. Long de 240 mètres, le navire dispose d’une capacité maximale de 7 790 véhicules. Lors de son passage, il a déchargé une cargaison représentant 779 unités équivalent-voiture, principalement des véhicules lourds, en un peu plus de 27 heures.

La capacité du navire doit donc être distinguée du volume effectivement débarqué.
La RDC cherche aussi à mieux organiser les étapes qui suivent le passage au port. Le 12 mars 2026, elle a signé un contrat de concession pour développer un terminal logistique de 45 hectares à Kwala, à environ 60 kilomètres de Dar es Salaam. Inséré dans un complexe de 502 hectares, ce projet doit déplacer une partie des opérations de manutention et de dédouanement vers l’intérieur des terres, afin de faciliter l’acheminement du fret congolais.
Cette coopération se développe alors que la RDC diversifie ses itinéraires commerciaux. Le 26 août 2026, le pays a signé une concession de 30 ans pour la réhabilitation et l’exploitation de la ligne Dilolo-Sakania, intégrée au corridor de Lobito. Longue d’environ 1 004,5 kilomètres, cette liaison fait l’objet d’un investissement indicatif de 1,258 milliard USD.
La concurrence entre ces corridors pourrait renforcer la marge de choix des entreprises congolaises. Les sociétés minières, importateurs et logisticiens pourront davantage comparer les tarifs, les délais et la régularité des services à mesure que les infrastructures prévues entreront en fonctionnement.
Le bénéfice concret se mesurera toutefois sur l’ensemble du trajet. Un déchargement plus rapide à Dar es Salaam peut perdre son avantage si les marchandises restent immobilisées en douane ou aux frontières. La performance attendue est celle d’un acheminement fiable jusqu’à Lubumbashi, Kolwezi et aux autres marchés intérieurs, avec des coûts maîtrisés et des dates de livraison prévisibles.
Flory MUSISWA







